Martine Aubry en Chine : c’est pour janvier

Ajouté au 26/12/2012 par SHI Lei

Le petit monde des consultants spécialisés dans les relations franco-chinoises commençait à s’interroger : que faisait donc Martine Aubry ? Laurent Fabius ne lui avait-il pas confié une mission sur la Chine ?

Que faisait-elle ? Elle les ignorait :

« J’ai reçu quantité d’appels et de lettres de gens tous aussi spécialisés les uns que les autres. Mais je suis là pour mener un travail de fond. »

La maire de Lille ira passer cinq jours à Pékin fin janvier, précédant de quelques semaines François Hollande lui-même. Elle a repéré cinq domaines dans lesquels les entreprises françaises, si elles s’y prenaient un peu mieux, pourraient rapidement conquérir de nouvelles parts de marché. Parmi ceux-ci : le développement durable.
Ils se sont sentis trahis par Sarkozy

« Toutes les grandes villes chinoises adoptent des plans de développement durable. Elles sont en train de chercher des offres capables de répondre à leurs problèmes de propreté, de chauffage urbain, de gestion des déchets… Les spécialistes français de ces secteurs pourraient s’unir pour présenter, ensemble, des offres globales. »

Elle rêve aussi d’apurer les relations entre les deux pays, qui doivent fêter cinquante ans de relations diplomatiques début 2014.

Martine Aubry pense que les Chinois se sont sentis trahis par Nicolas Sarkozy non pas parce qu’il a rencontré le dalaï lama, mais parce qu’il leur a tenu un double discours. Elle voudrait recréer un lien affectif.

« Peut-être y a-t-il quelque chose de symbolique à trouver autour de la culture ? », s’interrogeait-elle ces derniers jours.

Le vin français sur les tables chinoises

Ajouté au 26/12/2012 par SHI Lei

Les Chinois connaissent de mieux en mieux les produits français au fil des ans, et savent désormais que le pays a plus à offrir que du vin rouge, des escargots et du foie gras, explique Cécile Bassot, directrice générale de Sopexa.

« Quand je suis arrivée en 1997, les consommateurs chinois ne voulaient entendre parler que du vin rouge », observe-t-elle. « Mais à présent, ils connaissent les vins blancs et rosés et les différences entre les régions viticoles. »

Mme Bassot s’est rendue en Chine plus de 20 fois et depuis 2009, elle dirige Sopexa, une société de promotion des aliments, du vin et du mode de vie français.

Récemment, elle a assisté à une dégustation officielle de l’Union des Grands Crus de Bordeaux à Pékin pour organiser un cours de formation destiné aux enseignants d’œnologie chinois. L’objectif est d’informer les locaux sur le vin français et cette initiative fait partie d’environ 2000 activités promotionnelles organisées chaque année par Sopexa.

Mme Bassot pense que la Chine figure parmi les pays qui sont en mesure d’assimiler rapidement les idées et les produits étrangers.

« Les clients chinois ont le désir de découvrir de nouvelles choses. Ils ont le don de comprendre les produits étrangers, en particulier les vins français. »

L’entrepreneuse âgée de 46 ans est convaincue que la Chine et la France se ressemblent en ce sens qu’ils ont une riche tradition culinaire, et cela forme la base de la compréhension mutuelle.

Selon les douanes françaises, le pays a été le plus gros exportateur européen de produits agroalimentaires en Chine en 2011, avec 3,1 milliards de dollars de vin, de liqueurs, de viandes, de produits laitiers et d’épices notamment. La Chine est le sixième plus important importateur de vin français en volume.

Mme Bassot, cependant, insiste sur le fait qu’il est encore possible de voir une croissance des produits français sur le marché chinois.

« Les Chinois ont une conscience aiguë de la qualité des aliments et de l’hygiène. Les Français ont des contrôles stricts pour assurer la sûreté des aliments. Les parents français et chinois sont très prudents dans leur choix des aliments pour leurs enfants », note-t-elle.

« Les produits français se sont établis en Chine avec une image de bonne qualité, de diversité et de sécurité. Par ailleurs, plus de Chinois vont passer des vacances en France et leur compréhension de la culture française est de plus en plus profonde. »

Les chefs français en Chine ont beaucoup aidé à promouvoir la culture du pays, et d’autres produits français se portent bien, comme les produits pour enfants, le chocolat et les confitures.

« Bien que la France soit connue pour ses produits de luxe, nous avons aussi des produits abordables, tels que jambon, le fromage, les saucisses et les aliments du quotidien », souligne-t-elle.

Alors que les vins français représentent 47 à 48 % du marché chinois du vin importé, il fait face à la concurrence accrue des vins du Nouveau Monde (vins produits en dehors des traditionnels domaines viticoles). Mais Mme Bassot est confiante dans l’avenir.

« Les vins français ont leurs propres points forts, à savoir leur diversité en termes de cépages et leurs origines de production différentes. Le vin français peut satisfaire les besoins de divers clients en Chine, à la fois dans l’entrée de gamme et du haut de gamme, pour les restaurants, les cadeaux, et lors des cérémonies de mariage », observe Mme Bassot.

« Nous espérons que nous pourrons devenir une référence dans l’industrie. Nous avons l’intention de coopérer avec les institutions locales dans le futur et de promouvoir une meilleure compréhension mutuelle entre les cultures », indique-t-elle.

Visiter le Centre Pompidou à Shanghai

Ajouté au 18/12/2012 par SHI Lei

Jusqu’au 15 mars 2013, le musée d’art contemporain de Shanghai propose une exposition des chefs-d’œuvre de la collection du Centre Pompidou de Paris.

Les Chinois de France intentent un procès contre Le Point pour insulte à leur image

Ajouté au 18/12/2012 par SHI Lei

SOS Racisme, une association antiraciste de France, a déclaré le 10 décembre son intention d’intenter un procès formel contre Le Point, le célèbre hebdomadaire français, tout en invoquant le dénigrement des Chinois en France.

L’Association des jeunes Chinois de France (AJCF) a publié une annonce sur Internet le même jour, déclarant qu’un article publié par Le Point en août avait insulté l’image des Chinois en France et que ce racisme évident avait exercé une influence sociale pernicieuse. L’AJCF a mandaté SOS Racisme pour un intenter un procès à l’encontre de Franz-Olivier Giesbert, le directeur de publication du quotidien.

Le 23 août, Le Point avait publié dans sa rubrique société un article intitulé « L’intrigante réussite des Chinois en France ». Cet article de trois pages « révélait » « l’intrigante » réussite des Chinois en France. Des journalistes y ont relevé une grande quantité de termes tels que « prostituée », « mafia », « jeux ».

L’article décrivait le « mode d’emploi du succès » des Chinois en France de la sorte : « Je suis clandestin… Trois ans plus tard, j’ai payé ma dette de passage…Au bout de dix ans, j’obtiens une carte de séjour… Au bout de quinze ans, je suis devenu un gros entrepreneur. »

L’article formulait également les 5 commandements de l’entrepreneur chinois : tu travailleras 80 heures par semaine, tu dormiras dans ta boutique ou ton restaurant, tu ne rémunèreras pas tes employés car ce sont les membres de ta famille, tu ne cotiseras pas et donc tu ne toucheras pas d’aides sociales, tu ne paieras pas d’impôts. Et l’article se clôturait finalement avec ces mots : « En fin de compte, tu gagneras 10 000 euros par mois, tu auras une limousine et tu seras assuré d’avoir une retraite en or. »

La mise en accusation du hebdomadaire Le Point par les Chinois de France a attiré l’attention de la société française. D’autres médias français, dont Le Monde, Le Figaro et Métro, ont tous rapporté cette nouvelle. Le Monde soulignait que c’était la première fois que SOS Racisme agissait avec le soutien d’une association asiatique, et que l’article publié par Le Point avait scandalisé la communauté chinoise en France. Interviewé le 11 décembre, le porte-parole de l’AJCF M. Wang Rui a montré que « l’article est insultant, dégradant et nuit à la réputation de tout un groupe ethnique. »

Face à ces critiques, Franz-Olivier Giesbert a déploré : « On est peu désolé que cette histoire ait été prise au premier degré, alors que c’était de l’humour, une forme d’humour qui n’est pas passée », avant d’ajouter qu’« il est de moins en moins possible de faire de l’humour dans les médias ».

SOS Racisme estime que la réponse irrespectueuse de Franz-Olivier Giesbert n’est qu’un prétexte et qu’on ne peut attaquer la communauté chinoise de manière raciste sous prétexte de faire de l’humour. Wang Rui a expliqué aux journalistes que l’humour et l’ironie n’étaient jamais l’assertion principale du hebdomadaire Le Point. Le porte-parole de l’AJCF est déçu que Giesbert n’ait exprimé aucun regret dans sa réponse. Les Chinois de France ne peuvent en aucun cas accepter cette réponse nullement sincère.

« Nous avons déjà soumis le procès aux professionnels. La récompense n’est pas importante pour nous. Ce qui importe, c’est que Le Point formule des excuses et que les autres médias français réalisent que la liberté d’expression doit se faire en conformité avec la loi. », a déclaré Wang Rui. Selon un article du quotidien Le Monde, le Tribunal de grande instance de Paris a décidé d’ouvrir l’audience pour juger cette action le 24 janvier.

Hermès : augmentation de 40% du volume des ventes en Chine en 2012

Ajouté au 18/12/2012 par SHI Lei

D’après ses prévisions de ventes pour l’année 2012 annoncées récemment, le groupe Hermès franchira cette année pour la première fois depuis sa création la barre des trois milliards d’euros, avec un marché chinois étincelant.

Le groupe avait établi un record historique de 2,84 milliards d’euros en 2011, a révélé le 8 décembre le patron d’Hermès, Patrick Thomas, à la presse française. Selon les prévisions, les ventes devraient avoisiner les 3,2 milliards cette année, en hausse de 13% par rapport à 2011.

La progression d’Hermès au troisième trimestre était fulgurante, alors que les autres grandes enseignes du luxe affichent une baisse de régime sur la même période. Selon les analystes, l’écart entre la croissance d’Hermès et celle de la plupart de ses concurrents cotés, dont Louis Vuitton, se creuse davantage grâce au positionnement unique de sa marque.

Les ventes des différents produits Hermès ont progressé sur toute la gamme : la maroquinerie, les vêtements et les accessoires, les carrés de soie, la bijouterie, les parfums et l’horlogerie. Après l’annonce de ces résultats, le titre Hermès s’est envolé peu avant la clôture de la Bourse de Paris.

Au troisième trimestre, les ventes d’Hermès ont nettement progressé dans toutes les zones géographiques du monde, a souligné M. Thomas. Elles se sont très bien portées en Europe et en Amérique, et notamment en France, où les flux touristiques continuent de doper les ventes de produits de luxe. Ces ventes restent également très élevées en Asie.

D’après un rapport d’études publié récemment, les clients chinois ont acheté un quart des articles de luxe dans le monde, le chiffre d’affaires apporté par les touristes chinois à ces marques représente donc 40% du volume global des ventes d’articles de luxe.

« On n’a aucune raison de s’inquiéter pour le marché chinois, a souligné le patron d’Hermès. Nos ventes en Chine ont progressé d’environ 40% depuis le début de l’année et la part occupée par la Chine dans notre chiffre d’affaires continue de croître ».

La société Hermès miserait sur le développement du marché chinois. Elle compterait investir plusieurs dizaines de millions d’euros dans les cinq années à venir pour créer, en particulier, des grandes marques adaptées au marché chinois. En outre, Hermès envisage d’ouvrir davantage de boutiques en Chine.

Jean-Pierre Raffarin : la Chine peut être un "facteur d’équilibre, d’harmonie et de paix" dans le monde

Ajouté au 18/12/2012 par SHI Lei

La Chine peut être “un facteur d’équilibre, d’harmonie et de paix” dans le monde, a affirmé le vice-président du Sénat et ex-Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, dans une récente interview accordée en exclusivité à l’Agence Xinhua.

“On a besoin d’une Chine au niveau mondial qui soit un facteur d’équilibre, d’harmonie et, au fond, de paix”, a souligné M. Raffarin, faisant notamment référence au “concept d’émergence pacifique” développé par la pensée politique moderne chinoise.

“Je préfère le mot de ‘renaissance’, car la Chine a déjà été la première puissance du monde au début du XVIIIème siècle”, a poursuivi l’élu de la Vienne (département du centre-ouest de la France), tout en précisant qu’il s’agissait d’une “renaissance pacifique”.

M. Raffarin a également salué “une vision d’un monde multipolaire où la paix ne s’obtient pas par la suprématie d’une puissance sur les autres, mais par l’équilibre entre les différents pôles”.

Selon le sénateur français, la Chine “assume son ouverture et ses réformes” et “répond aux aspirations du peuple chinois, notamment dans un esprit d’unité et de cohésion sociale et territoriale”.

S’agissant des nouveaux dirigeants élus lors du 18e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), M. Raffarin a affirmé qu’il connais la plupart des dirigeants qui font partie maintenant du comité permanent.

“J’ai rencontré Monsieur Xi Jinping à plusieurs reprises, et de très nombreuses fois j’ai eu l’occasion de travailler avec monsieur Li Keqiang. Ce sont des dirigeants très pragmatiques. Le Président Xi Jinping a fait toute sa carrière à partir du terrain et a monté tous les échelons, il connaît bien la Chine, il connaît toute la complexité de ce grand pays… Monsieur Li Keqiang est un grand professionnel, il a eu des responsabilités très importantes. J’apprécie la clarté de sa vision économique notamment”, a dit l’ex-Premier ministre français.

“Je crois qu’il y a là une vision réformatrice en interne et pacifique en externe qui peut être utile aux équilibres du monde”, a estimé l’auteur d’un ouvrage sur les relations sino-françaises, publié en chinois en 2011 et intitulé “Ce que la Chine nous a appris”.

D’un point de vue économique, M. Raffarin a constaté que ce qu’il a appelé “le service mondial de croissance” assuré par la Chine allait devoir passer par “une logique de développement de la consommation interne”.

“Nous avons tous besoin de la croissance de l’Asie et de la Chine, en particulier, et cette croissance doit être relayée aujourd’hui par une augmentation de la consommation chinoise, c’est-à-dire du développement social de la Chine”, a-t-il encore expliqué.

Appelant à renforcer davantage les relations économiques, commerciales et diplomatiques entre la France et la Chine, l’ancien Premier ministre français a indiqué qu’un anniversaire historique très important se profilait en 2014 : le cinquantenaire de la déclaration du Général de Gaulle reconnaissant la République populaire de Chine.

Cet anniversaire doit être non seulement un grand rendez-vous bilatéral franco-chinois, mais aussi mondial, car il reflète une vision multilatérale des relations internationales, a-t-il conclu.

Nicolas Sarkozy : Les investisseurs chinois sont essentiels à la reprise européenne

Ajouté au 03/12/2012 par SHI Lei

Les anciens dirigeants de l’Allemagne et de la France ont déclaré lors d’une conférence financière organisée ce week-end que l’économie chinoise en stabilisation se révélera essentielle à la reprise économique en Europe, car le Vieux Continent reste confronté à l’incertitude financière et à la crise de la dette.

S’exprimant lors du 2e Forum Huatuo des dirigeants à Shanghai dimanche, Gerhard Schröder, ancien chancelier allemand, et Nicolas Sarkozy, ancien président français, ont tous deux souligné le rôle important que la Chine va jouer pour aider l’Europe en difficulté au cours des deux prochaines années.

M. Schröder, qui a réduit les impôts en Allemagne et réformé le marché du travail lorsqu’il était chancelier du pays jusqu’en 2005, a estimé que l’Europe « doit remercier la Chine » pour ses efforts visant à soutenir l’économie mondiale pendant la crise de 2008 et les problèmes ultérieurs liés à la dette.

« Cependant, les liens économiques doivent être renforcés, pour représenter une plus grande part de chaque société », a déclaré M. Schröder, qui est vu par de nombreux économistes comme celui qui a réussi à protéger l’Allemagne de la crise de la dette qui frappe aujourd’hui le sud de l’Europe.

Il a ajouté que l’Europe est ouverte aux investisseurs chinois et ne s’intéresse pas seulement aux capitaux que ceux-ci apportent, mais aussi aux connaissances et aux technologies.

M. Sarkozy, l’ancien président français qui a perdu l’élection de mai dernier au profit de François Hollande, a déclaré que l’Europe était en cours de transition et subirait « deux années très dures ».

« En raison de ces difficultés, nous invitons les investisseurs chinois à choisir l’Europe comme destination, car les deux prochaines années seront le meilleur moment pour investir », a-t-il ajouté.

Les sentiments des deux anciens dirigeants étaient partagés par d’autres orateurs du forum, notamment Philipp Hildebrand, directeur de la Banque nationale suisse jusqu’en janvier dernier, et qui supervise désormais les portefeuilles des plus grands clients institutionnels du gestionnaire mondial de fonds BlackRock à New York.

M. Hildebrand a déclaré aux délégués que la zone euro est de retour sur la voie de la réhabilitation, mais a estimé comme Nicolas Sarkozy qu’un rétablissement complet n’aurait pas lieu en 2013 ou 2014, en attendant que les réformes fiscales aient pris effet dans les différentes économies concernées.

« Dans ce contexte, il sera très utile que le reste de l’économie mondiale soit robuste », a-t-il noté.

« C’est donc une très bonne nouvelle pour l’Europe que l’économie chinoise ait seulement connu un ralentissement temporaire, et les données suggèrent qu’un certain rebond se produit », a-t-il déclaré.

La zone euro a subi un nouveau choc la semaine dernière lorsque la France a été privée de son triple A par l’agence de notation internationale Moody’s, soulevant de nouvelles préoccupations sur une éventuelle aggravation de la crise de la dette.

En revanche, en Chine, qui est désormais la deuxième plus grande économie du monde, on s’attend à voir un hiver un peu plus chaud. Plusieurs indicateurs montrent une amélioration progressive de l’économie, notamment avec un rebond de l’indice des directeurs d’achat au-dessus du niveau critique de 50, et une valeur ajoutée industrielle croissante sur trois mois consécutifs.

Les experts français et le Congrès

Ajouté au 03/12/2012 par SHI Lei

L’agence Chine Nouvelle se pose la question : que pensent les autres pays du XVIIIè Congrès. L’agence d’Etat a recueilli le point de vue “d’experts” français, dont Jean-Luc Mélenchon et Jean-Pierre Raffarin. Un reportage édifiant, publié dans le Quotidien du peuple et repris ici dans son intégralité.

A l’approche du 18e Congrès du Parti communiste chinois (PCC), alors que la Chine, deuxième puissance économique mondiale, s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire, les observateurs à travers le monde s’interrogent sur les nouvelles orientations qui vont être données au pays.

Peu avant la tenue de ce Congrès très important pour la vie politique chinoise, qui va débuter le 8 novembre prochain, les correspondants de l’Agence Xinhua ont interviewé des hommes politiques et des experts français, dont l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, le leader du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon et l’expert en géopolitique Pierre Picquart, pour connaître leurs points de vue sur l’avenir du PCC et de la Chine.

Démocratisation

“Ce rendez-vous du 18e Congrès est un rendez-vous qui est très attendu”, a souligné Jean-Pierre Raffarin. A son avis, les nouveaux dirigeants n’auront pas beaucoup de temps pour passer à l’action car la crise impose partout dans le monde des actions rapides et souvent urgentes.

“Le Parti communiste chinois a déjà évolué depuis sa création et depuis l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir, il a été révisé de multiples fois. Et on voit aujourd’hui qu’à l’intérieur du Parti communiste chinois il y a une tendance à la démocratisation qui s’installe, où les différentes tendances peuvent s’exprimer grâce à des hommes politiques importants, grâce à des fonctionnaires, à des rapports de chercheur, à l’Assemblée populaire qui donne son point de vue”, a fait remarquer de son côté Pierre Picquart, docteur en géopolitique de l’Université Paris VIII. “On peut imaginer que demain, sans connaître exactement les réformes qui vont être menées, on va assister à une démocratisation, à une palette d’opinions et d’idées qui seront beaucoup plus représentatives des préoccupations du peuple chinois”, a ajouté ce spécialiste de la Chine.

Le 18e Congrès du PCC va coïncider, à quelques jours près, avec les élections américaines et d’autres élections importantes dans le monde. Pour Pierre Picquart, “les choses vont forcément évoluer, avec de nouveaux défis”, mais la Chine a montré un fort désir d'”assurer sa stabilité nationale et d’assurer sa stabilité régionale, autrement dit d’éviter d’avoir des conflits et de se renforcer économiquement et politiquement dans sa zone régionale.”

“Participer à l’harmonie intérieure”

“Je pense que […] la formule qui est retenue pour l’instant par le Parti communiste chinois est de retenir des dirigeants qui ont déjà une expérience importante”, a estimé pour sa part l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. “Je pense que le défi de la cohésion nationale est un défi très important, je pense que la crise mondiale a accéléré un peu partout les problèmes et a créé un peu partout des tensions, c’est vrai aux Etats-Unis, c’est vrai en Europe, c’est aussi vrai en Chine […]. Je pense que les nouveaux dirigeants chinois n’auront pas beaucoup de temps, ils devront aller vite pour participer au développement de la croissance, participer à l’harmonie intérieure, protéger la sécurité, faire en sorte que les aspirations du peuple soient comprises par les autorités. Ce sont des éléments qui sont très importants pour une cohésion nationale.”

La Chine a connu un développement extraordinaire depuis la réforme et l’ouverture sur l’extérieur, notamment ces dix dernières années, et cela constitue une base solide qui devrait permettre au pays de continuer à se développer d’une manière relativement rapide et de maintenir sa stabilité face aux défis posés par la crise financière mondiale.

Aux yeux du sinologue Pierre Picquart, la Chine est passée d’un rôle de producteur de produits de consommation pour la planète à un rôle de conception et de créativité. “Je connais bien la Chine dans la mesure où j’y ai voyagé plus de 40 fois depuis près de 15 années. J’ai vu le développement extraordinaire de ce pays, sa croissance économique que tout le monde a relevée, mais également le développement de l’urbanisation et le changement de la société chinoise pendant dix ans.”

“Une chance pour l’humanité”

Pour le responsable politique Jean-Luc Mélenchon, le développement de la Chine est “une chance pour l’humanité”. “C’est un phénomène extrêmement impressionnant, qui marque beaucoup les esprits. Alors certains sont effrayés. Il y a une dimension xénophobe et même quasi-raciste à certains moments, qui est insupportable”, a noté le chef de file du Parti de Gauche.

“Ils [les Chinois] savent que les choses doivent être gérées avec patience et toujours en essayant de combiner la tradition et la modernité”, a-t-il souligné.

En ce qui concerne l’avenir de la Chine et son rôle dans le monde après le 18e Congrès du PCC, les personnes interrogées ont plutôt une vision positive.

“On voit bien là que la Chine va jouer un rôle majeur […]. La Chine aura aussi un rôle important pour peut-être soutenir à la fois son économie, mais aussi pour faire en sorte que des règles internationales plus justes, plus correctes soient mises en place pour éviter que nous ayons de nouvelles crises systémiques comme nous en avons connues”, a estimé M. Picquart.

Quant au rôle et aux marges de manoeuvre des instances dirigeantes du pays, pour Pierre Defraigne, économiste et directeur de la Fondation Madariaga, le Parti communiste chinois a “un atout énorme, c’est sa vision à long terme et son réseau qui couvre l’ensemble de la Chine dans les secteurs et dans les régions”. “Il a une unité collective de commandement qui permet le débat interne, ce qui est absolument essentiel”, a-t-il aussi précisé.

La Chine devrait devenir le deuxième débouché commercial de la France

Ajouté au 03/12/2012 par SHI Lei

Selon une étude réalisée par HSBC, à l’horizon 2030 l’Allemagne restera le premier débouché commercial de la France mais la Chine passera du quatrième au deuxième rang. L’Asie mais aussi l’Afrique subsaharienne devraient offrir les plus belles opportunités de croissance pour les exportateurs.

L’exercice de projection est toujours périlleux mais il n’est jamais inintéressant. Surtout alors que le gouvernement lance le débat sur la compétitivité des entreprises françaises et semble vouloir s’attaquer auproblème de la perte des parts de marchés de la France à l’international. Les experts de la banque HSBC se sont ainsi livré à l’exercice consistant à dresser les grandes tendances à venir des échanges extérieurs français au cours des prochaines années.

Cette étude permet de constater qu’à l’horizon 2030 le top cinq des marchés à l’exportation de l’Hexagone sera quelque peu bouleversé. Si L’Allemagne devrait conserver son rang de premier débouché pour les exportateurs français, par contre la Chine, actuellement en quatrième position devrait s’imposer comme deuxième partenaire à l’exportation, passant ainsi devant le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
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Autre surprise, la Pologne actuellement cinquième débouché des exportateurs français disparaîtrait de ce top cinq au profit de laTurquie. Les liens commerciaux avec ce pays « sont déjà bien établis » depuis 1996 et devraient se renforcer estiment les experts d’HSBC. Une disparition qui d’une certaine manière consacre la montée en puissances des marchés hors Europe. Même si HSBC ne s’avance pas à dire si les exportateurs français continueront à privilégier, comme ils le font actuellement les marchés du vieux continent.
Asie et Afrique sur des rythmes de croissance à deux chiffres

En tout état de cause, ce n’est pas en Europe que le commerce international sera le plus dynamique puisque selon HSBC il ne devrait croître que de 3 % en moyenne d’ici à 2030. Il est donc nécessaire, selon HSBC, que la France réoriente ses exportations vers des marchés plus dynamique. l’Asie bien sur, mais aussi l’Afrique subsaharienne.

La progression de la Chine dans le classement des marchés à l’exportation reflète plus largement le dynamisme attendu des ventes à destination des marchés asiatiques au cours des prochaines années. Les ventes françaises devraient ainsi y progresser sur un rythme proche de 14 % entre 2013 et 2015, portées par la reprise attendue dans cette partie du monde. Par la suite, elles devraient s’installer sur un rythme de croisière plus proche de 8 % dans les années 2016/2020. Sur toute cette période, si la Chine restera une destination prisée des exportateurs français, l’Inde et le Vietnam devraient monter en puissance dans les carnets de commandes tricolores.

Souvent négligée, en d épit d’une présence ancienne des entreprises françaises, l’Afrique subsaharienne devrait également donner des motifs de satisfaction aux exportateurs français qui s’y intéressent. Selon HSBC en effet, les exportations vers cette zone devrait croître à un rythme proche de 12 % en rythme annuel entre 2013 et 2015.
Les exportateurs s’inquiètent de la santé de leurs clients et fournisseurs

Mais pour l’heure, le gouvernement devra gérer une situation de morosité croissante des exportateurs français. HSBC qui calcule, à partir des réponses de ses clients, un indice de confiance des exportateurs, relève en effet que celui-ci atteint actuellement son plus bas niveau depuis le début de la décennie. Et alors qu’au premier semestre de cette année seulement 35 % des exportateurs interrogés anticipaient une détérioration de l’économie mondiale ils sont désormais 49 %.

Désormais, 43 % des exportateurs français craignent que leur client à l’international se retrouve en situation de défaut. Ils n’étaient que 35 % au premier semestre. Et plus d’un sur quatre (27 %) s’inquiètent de la capacité de leurs fournisseurs à honorer leurs engagements.

A Shanghai, Nicolas Sarkozy si loin, si proche

Ajouté au 03/12/2012 par SHI Lei

Loin, très loin, du barnum de l’UMP. Le conférencier international Nicolas Sarkozy s’est envolé vendredi pour Shanghaï, où il a tenu une conférence sur les relations entre l’Union européenne et la Chine. Il y a retrouvé ses amis Gordon Brown et Gerhard Schröder, eux aussi invités par le même consortium d’hommes d’affaires. Les trois anciens dirigeants ont dîné ensemble samedi soir, et sans nul doute la conversation ne s’est pas attardée sur les guérillas de l’UMP. Ce voyage intervenait après la comparution de l’ancien président devant le juge Gentil. Une comparution qui lui a permis de remporter une victoire puisqu’il n’a pas été mis en examen.

Mais cette heureuse parenthèse s’est vite refermée. Dès son retour ce lundi matin, Nicolas Sarkozy a été replongé dans le cauchemar d’une UMP en miettes. Que faire pour l’ancien président de la République? Depuis le début de cette crise, il ne veut surtout pas donner prise aux commentaires qui laisseraient penser qu’il s’implique activement dans cette poudrière.

Vendredi, avant de partir pour la Chine, il a évoqué au téléphone le sujet avec Alain Juppé, et reçu Jean-Pierre Raffarin, soutien de Jean-François Copé. Dimanche, son entourage s’est borné à déclarer que l’ancien chef de l’État «est favorable à toute initiative qui peut permettre de régler la situation». «Il ne se mêle pas de la vie politique nationale, mais il reste très attentif à ce qui se passe dans sa famille politique», explique prudemment Brice Hortefeux, le président de l’Association des amis de Sarkozy.

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