Visite de M. Eric Besson à Canton (24-25 février 2012)

Ajouté au 09/03/2012 par SHI Lei

Dans le cadre de sa visite en Asie axée sur le thème de l’énergie et des investissements, Eric Besson s’est rendu à Canton les 24 et 25 février.
 Après s’être rendu au Japon, à Pékin et Shanghai dans le cadre d’une tournée axée sur les thèmes de l’énergie et des investissements, M. Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, s’est arrêté à Canton les 24 et 25 février.

Le ministre s’est notamment entretenu avec le vice-président du groupe CGNPC, partenaire d’EDF dans la construction de la centrale nucléaire de Taishan, dans le Guangdong. Cet entretien a été suivi d’un déjeuner qui a rassemblé des entrepreneurs français du Partenariat France-Chine électricité. M. Besson a terminé son voyage en rencontrant autour d’un dîner de présentation des responsables de grandes entreprises du Sud de la Chine.

Pierre Picquart, sinologue français : La Chine offre au monde entier un nouveau mode de développement

Ajouté au 09/03/2012 par SHI Lei

Les deux sessions annuelles chinoises sont entrées une fois encore dans le champ de vision de l’opinion internationale. À l’heure actuelle où « les deux sessions » sont devenues un terme consacré, il est certain que la compréhension de la communauté internationale sur le régime politique chinois s’est approfondie.

Il existe beaucoup de vitrines pour observer la Chine, et celle des deux sessions est apparemment indispensable. Tout étranger qui connaît un peu les deux sessions pour les avoir observées, fera peu d’erreurs sur l’évolution politique et économique de la Chine, et ne risque pas de faire des prévisions trop éloignées de la réalité.

Monsieur Pierre Picquart, spécialiste français de la Chine, lors d’une conversation au sujet des deux sessions, a indiqué que la Chine avait offert au monde un nouveau mode de développement tout à fait différent. Selon lui, ce mode de développement est important pour le monde, parce qu’il repose sur le respect des différents pays et sur la multipolarité.

Mais les Chinois eux-mêmes hésitent à employer le terme de « modèle chinois », puisqu’il s’agit, en fin de compte, d’une exploration des plus grandes et des plus difficiles dans l’histoire de l’humanité. Pourtant, la vue générale dans le monde est que la Chine marche sur une voie de développement tout à fait nouvelle, et que c’est la structure de son système politique et le monde de fonctionnement de celui-ci qui décideront de la direction de cette voie.

À travers les derniers reportages et commentaires des médias étrangers sur les deux sessions, on peut noter, grosso modo, deux centres d’attention. En premier lieu, la direction prise par l’économie chinoise, surtout pour cette année. À un moment où l’on ne sait même pas comment évolue l’économie mondiale qui rencontre plus de difficultés pour sa reconversion, on s’interroge sur l’impact des futures mesures économiques de la Chine qui est la deuxième économie mondiale.

Combien d’obligations européennes la Chine va-t-elle acheter ? Quelles mesures prendra la Chine pour stabiliser ses exportations ? Beaucoup de détails sur l’économie chinoise sont saisis et analysés par l’opinion internationale à travers les points de presse organisés au cours des deux sessions et les débats des députés et représentants.

En second lieu, l’attention se porte sur l’évolution politique du pays. Sans stabilité politique, il n’y aura pas de stabilité économique. Les médias étrangers attachent beaucoup d’importance à la politique. Leur télescope sur l’économie chinoise finit très souvent par se concentrer sur la politique chinoise. Sous le concert de l’intérêt pour les informations économiques, se cache une soif de « s’informer » sur la politique chinoise.

Sous cet angle, les deux sessions constituent une excellente vitrine d’observation de la politique chinoise. À en juger par tout ce que l’on sait à l’étranger et les études faites sur les deux sessions, de plus en plus de spécialistes et de chercheurs commencent à accorder de l’importance au rôle des deux sessions, et tentent de déchiffrer la politique chinoise à partir de cet événement. Dernièrement, Monsieur Maestro, spécialiste espagnol de la Chine, a indiqué que le système de l’assemblée populaire est un régime politique correspondant aux réalités chinoises, un régime qui avance avec son temps, plein de vitalité et favorable à la stabilité et au développement de la Chine.

Un tel jugement repose sur une connaissance approfondie du rôle des deux sessions dans la politique chinoise. Bien sûr, il n’est pas réaliste d’espérer que la plupart des étrangers partagent le point de vue de ce spécialiste espagnol sur les deux sessions. Nombreux sans doute seront ceux qui continueront à comprendre la politique chinoise à partir d’une conception politique occidentale, et beaucoup resteront dans la phase de recueil des informations et d’observation. Il y aura un long chemin à faire pour comprendre les deux sessions et la Chine. On peut tout de même espérer qu’avec l’accumulation des informations, de plus en plus seront ceux qui auront une vue plus complète du développement de la Chine.

Voilà ce qui fait l’importance des deux sessions comme vitrine.

Les deux sessions annuelles progressent dans la réforme. Tout en reflétant de façon plus complète la volonté du peuple chinois et en unissant les points de vue, elles font petit à petit comprendre au monde les raisons de la stabilité et du développement de la Chine. La Chine et le monde se rapprochent de plus en plus à travers une compréhension mutuelle sans cesse approfondie.

"Paris tout compris", l’émission de France3, s’exporte à Pékin et Shanghai

Ajouté au 05/03/2012 par SHI Lei

Mistral Production va adapter son émission Paris Tout Compris, diffusée sur France 3 Paris Ile-de-France et présentée par Malika Ménard, à la Chine. Le concept de l’émission de 52 minutes : un week-end dans une ville avec un budget déterminé (entre 1000 et 10 000 yuans).

Shanghai Tout Compris et Pekin Tout Compris seront diffusées sur le principal réseau de télévision publique de Chine, CCTV.

En mars, la Fête de la Francophonie partout en Chine

Ajouté au 05/03/2012 par SHI Lei

Pendant tout le mois de mars, en particulier entre le 17 et le 25, plusieurs pays et institutions organisent concerts, lectures, projections, expos et animations partout en Chine pour célébrer la francophonie.

 
Pour cette 17ème édition, 27 pays proposent au public près d’une centaine d’évènements (films, concerts, conférences, expositions, lectures, concours étudiants) dans plusieurs villes chinoises, et tout particulièrement à Pékin. Site de la Fête de la Francophonie 2012

Les événements sont gratuits, ouverts à tous, et la plupart d’entre eux sont traduits en chinois. Une fête placée sous le signe du dialogue, de la diversité et du métissage dédiée à la richesse de la francophonie pour une année particulière dans le contexte privilégié de l’Année de la langue française en Chine.

 

Au programme, duCinéma avec le Festival du film francophone. Une sélection de longs et courts métrages de près de 30 pays francophones sera présentée au public, dans une quinzaine de villes chinoises, avec sous-titrage en chinois et en anglais.

 

Festival du Film francophone…
Plusieurs évènements musicaux sont aussi organisés. Cette année, une formule sans précédent pour Mars en Folie! : neuf villes, quatre groupes, un ou deux concerts par lieu et un seul objectif : vibrer francophone aux rythmes des quatre continents. Point d’orgue de ce programme à Pékin le 24 mars pour une soirée francophone au Yugong Yishan de Pékin.

Vous pourrez découvrir le Bitibak de Simon Nwambeben (France/Cameroun), la pop intimiste d’Alexandre Désilets (Canada), l’afrobeat et le funk endiablé de Manou Gallo (Belgique/Côte d’Ivoire), et les rythmes vaudous de Mama Rosin (Suisse).  A noter aussi : le concours de la chanson française, à l’occasion duquel des étudiants d’universités chinoises débattront sur les rythmes des années soixante.

Côté littérature, le thème de l’intime est à l’honneur cette année et les dix mots de la francophonie 2012 appartiennent à son champ lexical : âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transports . Ils seront déclinés poétiquement dans plusieurs événements dont l’exposition « Un moi, des mots » qui circulera dans les départements de français des universités, dans les Alliances françaises et à la médiathèque de l’Institut français de Chine à Pékin. 

Autres évenements: la vie d’Irène Némirovsky, exceptionelle femme de lettre francophone, racontée par son biographe Olivier Philiponnat, des lectures de l’oeuvre d’Aimé Césaire, des ateliers écriture et théâtre ou la pièce Eric Emmanuel Schmitt le libertin.

Bien d’autres évènements sont à découvrir, notamment dans le réseau d’Alliances françaises en Chine. Lire l’agenda complet.

17e semaine de la francophonie en région de Shanghai

Ajouté au 05/03/2012 par SHI Lei

Ne manquez pas ce nouveau cocktail détonnant de musique, de cinéma, d’arts graphiques et d’échanges variés en provenance de tous les continents !

Accor lance "Mei Jue", sa marque d’hôtel de luxe chinoise

Ajouté au 02/03/2012 par SHI Lei

Adapter la marque au marché, c’est le but d’Accor qui vient d’annoncer le lancement d’une adaptation du concept Grand Mercure aux spécificités du marché chinois. Le premier “Mei Jue” a été inauguré à Shanghai (Zhongya), et Accor espère en gérer plusieurs dizaines dès 2015, rapporte La Tribune.

Le positionnement des Mei Jue reprend les grande lignes de celui des Grand Mercure : prestations luxueuses, marque reconnaissable dans toutes les grandes places de la planète, et une adaptation du service aux couleurs locales.

A Shanghai, le personnel féminin porte le « Qipao », robe traditionnelle fendue et des cours de Taï-Chi sont proposés aux clients.

Cette nouvelle stratégie d’Accor est dûe au boom du marché chinois, rapporte les Echos :
Avec l’explosion des voyages domestiques -croissance annuelle moyenne de 16% entre 2001 et 2010 -, mais aussi l’augmentation de la fréquentation internationale, le marché hôtelier chinois fait, sans conteste, office d’Eldorado pour les opérateurs étrangers. « La Chine est aujourd’hui le premier marché au monde en terme de développement et le deuxième, après les Etats-Unis, en matière de capacités avec plus de 500.00 chambres disponible », résume le responsable du développement hôtelier d’Accor pour la zone Asie-Pacifique, Gaurav Bhushan, avant d’ajouter : “le marché chinois change. Il est de plus en plus segmenté et la compétition s’amplifie”
Lire l’article complet

Accor dispose déjà d’un réseau de 121 hôtels dans 47 villes de Chine et de Taïwan et joue sur ses 7 marques pour toucher des publics variés.

Chine : Hermès perd son procès pour conflit de marques déposées

Ajouté au 02/03/2012 par SHI Lei

Le groupe français Hermès a été débouté de sa plainte devant les juridictions spécialisées dans les conflits commerciaux en Chine, rapporte China.org. L’équipementier de luxe demandait à ce que les autorités retirent leur agrément à une entreprise locale qui utilise un nom de marque similaire à celui d’Hermès en chinois, “Ai Ma Shi”.

Hermes a enregistré son nom en Chine dès 1977, mais a omis de réserver ses droits sur son nom chinois. En 1995, la compagnie Dafeng Garment Factory, installée dans le Guangdong dépose un nom très similaire, même prononciation mais un des caractères légèrement différent (???/???). Hermes avait entamé une procédure judiciaire dès 1997, craignant que l’existence de cette marque puisse “créer la confusion chez le consommateur”.

La Commission d’Appel des Marques Déposées a jugée insuffisants les arguments d’Hermes, mettant fin à son marathon judiciaire.

Hermès a en outre lancé à Paris sa marque chinoise Shang Xia il y a quelques semaines en ouvrant une boutique spécialement dédiée rue de Sèvres, à Paris.

Une délégation de la DGCIS du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (MINEFI) à Pékin le 22 février

Ajouté au 02/03/2012 par SHI Lei

Mme Mireille PANNETIER, chef du bureau des partenariats internationaux, et Mme Brigitte SCHARS, chargée de mission pour la Chine, l’Inde et les pays de l’ASEAN (MINEFI-DGCIS) étaient à Pékin le 22 février 2012 pour une série de rencontres portant sur l’innovation et les pôles de compétitivité, organisées par le Service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France.
Ces rencontres se sont effectuées en marge de la réunion du comité mixte en matière industrielledu 23 février, présidée par M. Eric BESSON, Ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, et M. MIAO Wei Ministre de l’industrie et des technologies de l’information (MIIT).

Les représentantes de la DGCIS (Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services) se sont tout d’abord rendues au centre Torch, organisme dépendant du Ministère de la science et la technologie (MOST) chinois en charge du développement des parcs de hautes technologies, où elles ont été reçues par le nouveau directeur général, M. ZHAO Mingpeng. Cette rencontre, qui s’inscrivait dans le cadre de la collaboration qui existe depuis 2007 entre les deux instances au travers d’un accord entre les parcs technologiques chinois et les pôles de compétitivité français, a été l’occasion pour les deux parties de réaffirmer la volonté d’une collaboration encore plus efficace et concrète.

La délégation a ensuite rencontré le comité administratif du parc de Zhongguancun, le plus ancien et le plus connu des parcs technologiques chinois. M. WU Guofang, directeur général adjoint du comité administratif, a présenté le parc ainsi que le rôle du comité administratif dans la mise en place d’une politique d’attractivité des entreprises. Le parc de Zhongguancun conduit actuellement des coopérations actives avec le pôle Systematic (région parisienne) et le technopôle de Sophia-Antipolis (Alpes maritimes).

La dernière visite a eu lieu à l’Université Tsinghua, une des universités chinoises les plus renommées en Chine comme à l’international. Cette visite a permis à la délégation de la DGCIS de mieux comprendre la façon dont cette université gère ses partenariats avec le monde industriel en général, et en particulier avec les entreprises étrangères, notamment françaises. Tsinghua collabore actuellement avec deux grands groupes français, Areva et Veolia, ainsi qu’avec une PME française, Resonate MP4, membre du pôle de compétitivité Systematic. La visite du VIPLab, laboratoire partenaire de cette dernière, a mis en évidence le bien fondé et le bénéfice de ce partenariat, qui s’est développé avec le soutien du programme COOPOL Innovation, lancé par le Service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France, il y a quelques années.

Échec sur le marché chinois de la marque Shang Xia du groupe Hermès, avec des pertes sur quatre ans consécutifs

Ajouté au 02/03/2012 par SHI Lei

La marque Shang Xia, lancée sur le marché chinois par le groupe de luxe français Hermès, après une période difficile d’adaptation et quatre ans consécutifs de pertes, a dû quitter la Chine pour s’installer à Paris. Il n’est pas du tout facile de briller sur le marché chinois en faisant souffler le « vent chinois ». Peut-être est-il plus facile de réussir sur le marché européen.

La maison Hermès vient d’annoncer qu’elle a choisi d’installer, avant la fin de l’année, sa griffe chinoise dans une boutique de 80 mètres carrés, située rue de Sèvres, tout près de la principale boutique de la maison-mère.

La marque Shang Xia se positionne dans les objets d’art artisanal traditionnel chinois. Sur son site Internet officiel, on voit des sièges Zitan style ancien, des fauteuils en bambou traditionnels, des bols en porcelaine fine, des vêtements en feutre et des bijoux en jade et en agate. Tous ces éléments n’ont rien à voir avec la marque Hermès, sauf l’art artisanal traditionnel.

La marque Shang Xia a été créée en 2008. La première boutique a été ouverte à Shanghai en 2010. Le groupe Hermès avait fait savoir qu’il ouvrirait 19 boutiques en Chine. Mais, après un an et demi de fonctionnement, la marque Shang Xia est toujours déficitaire.

À cet égard, le gérant d’Hermès Patrick Thomas a indiqué qu’Hermès voulait gérer la marque Shang Xia sur le long terme.

Cependant, les experts du métier sont d’un autre avis. La marque Shang Xia en Chine insiste trop sur les signes culturels traditionnels. Or, dans ce domaine, Hermès n’a pas beaucoup d’avantages. Contrairement aux objets traditionnels de la maroquinerie exploités en France par Hermès, les produits traditionnels chinois en coton, en porcelaine et en bambou, et les procédés de fabrication doivent leur réputation à leur origine et à leurs matières premières, tandis que les consommateurs les collectionnent pour des raisons très spéciales, ils ne se laissent pas émouvoir parce qu’on a mis 2 000 heures pour les fabriquer.

En outre, certains collectionneurs ne sont pas sensibles aux nouvelles marques de leur domaine, ils ont souvent leurs propres canaux de collection et d’achat.

Au contraire, le projet d’ouverture d’une boutique à Paris pour la marque Shang Xia est bien vu. Ces dernières années, les vêtements, les bijoux, les meubles et les objets d’art de style chinois sont de plus en plus appréciés sur le marché international. L’amour têtu d’Hermès pour l’art artisanal traditionnel est depuis longtemps reconnu et largement célébré.

C’est pourquoi on peut prévoir que la marque Shang Xia, grâce aux matières premières et aux procédés de fabrication chinois, et en s’appuyant sur ce « grand arbre » qu’est la Chine, pourra avoir beaucoup d’amateurs sur le marché européen. Et il est certain que le groupe Hermès, né en France, connaîtra mieux encore le goût des consommateurs européens.

Une croissance de 36% du chiffre d’affaires en Chine

La maison de luxe Hermès a tout récemment publié son résultat d’exploitation pour 2011 : elle établit un nouveau record de ventes sur l’année, à 2,84 milliards d’euros (+18,3%), et table sur une marge opérationnelle en hausse de plus de 30%.

Ces résultats sont dus surtout à la forte progression des ventes en Amérique et en Asie (hors Japon), la croissance sur le marché chinois étant la plus forte, avec une augmentation de 36%.

Parmi les métiers du groupe Hermès, la division vêtements et accessoires a fait un bond particulier à +30%, un taux supérieur aux divisions montres-bracelets et maroquinerie.

Le groupe Hermès, fondé en 1837, était au début une entreprise familiale, spécialisée dans la sellerie, et s’est transformée peu à peu en une maison de luxe, célèbre pour ses articles de maroquinerie et ses carrés de soie.

Pour les vins français, Wuhan est une ville d’avenir

Ajouté au 02/03/2012 par SHI Lei

Les vins français cherchent à séduire la Chine. Après les régions côtières, ils visent maintenant le Centre et l’Ouest.

WANG XUEFEI, membre de la rédaction

Du 12 au 14 novembre 2011, la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei, dans le Centre de la Chine, a accueilli la deuxième édition de son festival des vins de Bordeaux et d’Aquitaine. C’était, pour les habitants de la ville, une occasion de se familiariser avec le vin français et de faire quelques découvertes, tandis qu’importateurs et viticulteurs cherchaient de leur côté à se faire mieux connaître et à consolider leur présence sur le marché local, tête de pont pour tout le Centre et l’Ouest du pays.

Un festival à trois volets

Le festival, qui est appelé à se répéter, s’inscrit dans le cadre des activités du bureau de représentation mis en place par le Conseil régional d’Aquitaine à Wuhan. L’opération associe la Chambre d’agriculture de la Gironde, le Concours de Bordeaux – Vins d’Aquitaine, l’Agence aquitaine de promotion agroalimentaire et le gouvernement provincial du Hubei.

L’édition 2011, qui s’est ouverte le 12 novembre au matin, offrait un programme en trois volets : le concours des trophées Coup de cœur, des rendez-vous d’affaires et le Salon promenade des vins de Bordeaux et d’Aquitaine. Appelés à juger des cent soixante-seize vins médaillés au concours de Bordeaux, les cent vingt dégustateurs ont décerné vingt et un trophées Coup de cœur, dont la liste a été proclamée en après-midi par Bernard Artigue, président de la Chambre d’agriculture de la Gironde et du Concours de Bordeaux – Vins d’Aquitaine. Le vice-président du Conseil régional d’Aquitaine, Jean-Pierre Raynaud, le consul général de France à Wuhan, Serge Lavroff, et le vice-président du Comité provincial du Hubei de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Qiu Xiaole, participaient à la cérémonie.

Vingt et une entreprises viticoles d’Aquitaine étaient présentes à Wuhan pour y présenter leurs vins — pas moins de cent quatre-vingt — aux cinquante-huit opérateurs chinois du secteur. Certaines de ces entreprises, déjà présentes sur le marché, cherchaient à rencontrer de nouveaux partenaires potentiels, alors que les nouvelles venues tentaient de s’ouvrir les portes d’un marché florissant.

Les visiteurs du salon ont pu déguster et faire leur choix parmi plus de trois mille huit cents bouteilles. M. Ye, un habitant de Wuhan, s’est dit enchanté de pouvoir goûter aux vins français : « C’est vraiment délicieux. Je pense que le vin français se vendra bien à Wuhan. » Il a souhaité également une plus large collaboration commerciale entre la Chine et la France.

Lin Hai, administrateur de Ruby Club Trading Co., explique que le festival est une bonne occasion tant pour les entreprises françaises que chinoises, et même pour la population de Wuhan : « Nous pouvons savoir ce que les producteurs français veulent ; les fournisseurs français peuvent mieux connaître le marché chinois ; et le public, qui ne croit pas aux publicités des marchands chinois, a l’occasion d’écouter directement les Français. »

La Chine, un marché d’importance pour le vin français

La Chine est un marché important pour le vin français, comme elle l’est bien sûr pour tous les produits du monde. L’organisatrice de la première édition du festival, Florence Caillerie, qui a vécu plusieurs années en Chine, souligne la taille du marché chinois et sa jeunesse.

La France était en 2010 le premier producteur de vin au monde ; cependant, la consommation locale est en baisse (on entrevoit une diminution de 5 % entre 2009 et 2013). La Chine, premier acheteur de vins français, connaît quant à elle une situation inverse : depuis quelques années, les Chinois se sont pris de passion pour le vin et la consommation est en forte hausse — on s’attend à ce qu’elle augmente de plus de 30 % d’ici 2013 (partie continentale plus Hong Kong). Du reste, le marché est jeune : malgré une population vingt fois plus importante qu’en France, on y consomme à ce jour quatre fois moins de vin au total. L’augmentation de la consommation devrait profiter en tout premier lieu aux vins importés.

Début 2011, la Chine était le premier marché à l’exportation pour les vins de Bordeaux, avec des quantités en hausse de 85 % par rapport à la même période en 2010. Selon Zhang Wei, PDG de Ruby Club Trading Co., un des premiers sommeliers chinois en France, le vin compte pour 10 % des boissons alcoolisées consommées en Chine — une proportion qui, croit-il, augmentera beaucoup dans l’avenir. Liao Fei, directeur des importations et exportations chez Hubei Baomalong International Trade Co., est lui aussi optimiste : « De plus en plus de Chinois savent que le vin est bon pour la santé. Beaucoup de mes amis ont commencé à en boire. Aujourd’hui, le vin en Chine est synonyme de culture, de santé et de mode. »

Cependant, le vin français n’a pas le même statut en Chine qu’en France. Yung Leelee, une Française d’origine chinoise qui dirige La Cave du Dynastie, connaît bien les habitudes sur sa terre natale. Elle explique : « Le vin français, pour les Chinois, est un produit de luxe, qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. C’est pour les fêtes nationales ou familiales et les anniversaires. Il est bien vu d’arriver chez son hôte avec du vin français sous le bras. » À quoi M. Zhang ajoute : « Les Chinois portent toujours attention aux marques. Le vin français, et surtout le vin de Bordeaux, jouit d’un grand prestige. » Symbole de qualité, d’élégance et de luxe, le vin français se vend cher, mais ne manque pas d’acheteurs.

L’avenir n’est pourtant pas exempt de défis pour le vin français en Chine. Comme l’explique M. Liao, « Les vins d’Afrique du Sud et d’Australie sont aussi populaires et, comme c’est le cas pour les vins locaux, leur goût est d’un accès plus facile pour les Chinois, qui peuvent aussi percevoir un arôme de fruits dès que la bouteille est ouverte — les vins français réclament plus de temps. » M. Zhang opine en relevant que « En tous cas, les Chinois n’aiment pas les choses acides ou âcres. » Tous deux suggèrent qu’il faut faire découvrir à un plus grand nombre de Chinois la culture du vin telle que la conçoivent les Français.

Wuhan, une tête de pont

Bernard Artigue parle de stratégie : « La Chine, dit-il, est un très grand pays. On commence donc par un point d’attaque, un point d’entrée : c’est Wuhan. On veut former avec Wuhan des relations commerciales durables. »

M. Lin précise : « Au Japon et en Corée du Sud, le développement s’est fait sans trop de décalage entre les régions. Mais en Chine, il y a des régions plus avancées et des régions en retard. Les ventes de vin sont fonction du développement économique régional. Dans les villes plus avancées de l’Est et du Sud, comme Beijing et Shanghai, on accepte plus rapidement ce qui vient de l’étranger. Le vin se vend donc bien dans ces régions. Mais au Centre et à l’Ouest, non. »

Et M. Zhang de conclure : « On commence par les grandes villes : Beijing, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen. C’est ensuite le tour des villes de second rang comme Wuhan. Et finalement viennent les villes de l’Ouest. »

Un atout de Wuhan tient à l’importante présence française qu’on y trouve. Plus de mille Français y résident et des entreprises comme PSA y maintiennent une succursale. Jumelée avec Bordeaux, la ville est naturellement un choix tout indiqué pour servir ainsi aux vins français de tête de pont dans le Centre de la Chine. M. Lin explique : « La culture du vin est déjà bien implantée dans les régions côtières. Le moment est donc venu de changer de stratégie. Wuhan, qui relie l’Est et l’Ouest, occupe une position stratégique. »

Ce n’est pas d’aujourd’hui que Wuhan et la France marquent leur intérêt l’une pour l’autre — la ville accueille chaque année des concerts et des films français. S’y ajoute désormais le Festival des vins de Bordeaux et d’Aquitaine, un autre aspect de la coopération sino-française pour le développement durable du Grand Wuhan.

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