L’Exposition universelle et la relance économique auront un effet sur la Chine jusqu’en 2020

Ajouté au 17/11/2010 par SHI Lei

L’Exposition universelle de Shanghai s’est clôturée le 31 octobre 2010. Quel effet aura cet événement sur la Chine ? Combien de temps durera-t-il ?

Yang Jiemian, directeur de l’Institut des études internationales de Shanghai, a indiqué lors d’une interview que « l’après-Expo », en tant que terme historique lié étroitement à l’Exposition universelle de Shanghai, aura de fortes répercussions. L’ère de l’après-Expo et celle de l’après-crise vont de pair, et dans un tel contexte, l’effet de l’Expo sur la Chine durera dix ans, présage-t-il.

« Il y a trois événements majeurs à l’échelle mondiale, les Jeux olympiques, la Coupe du monde de football et l’Exposition universelle. Dans les dix ans à venir, il est peu éventuel qu’un événement de telle ampleur soit organisé en Chine. La Chine attendra au moins vingt ans pour accueillir sa prochaine Expo ».

« L’adhésion de la République populaire de Chine à l’ONU en 1971 a marqué l’intégration, politiquement, de la Chine au monde, et son adhésion à l’OMC en 2001, son intégration économique. Grâce à l’Exposition universelle de Shanghai, la Chine est à présent intégrée sur le plan culturel ».

Selon lui, le monde entre désormais dans une période de régulation relativement longue et difficile, appelée « l’ère de l’après-crise ». « Cette dernière et l’après-Expo coïncident, s’influencent et interagissent ».

Durant cette ère, selon M. Yang, le rapport des forces internationales continuera de se développer en faveur des pays en voie de développement, notamment des grandes nations. Le taux de contribution de ceux-ci à la croissance mondiale a dépassé 50 %, et leur influence se dirige, au-delà du domaine économique, vers les aspects politiques, culturels et sociaux. « L’organisation des Jeux olympiques à Beijing et celle de l’Exposition universelle à Shanghai ne sont pas dues du hasard. Il y a d’autres événements majeurs, comme la Coupe du monde 2010 organisée en Afrique du Sud, et la prochaine qui sera accueillie par le Brésil. À l’avenir, on verra davantage de cas similaires ».

L’ère de l’après-crise va aussi connaître l’impact inattendu du système de réorganisation des mécanismes, ce qui se décidera principalement au sommet du G20, à la Banque mondiale et au FMI. « La construction des institutions internationales s’étend des domaines politiques et économiques à d’autres, de mécanismes rigides à une structure plus souple ». Selon lui, la participation de la Chine aux activités du Bureau international des expositions et l’organisation de l’Expo 2010 à Shanghai, ont contribué, dans une certaine mesure, à l’oeuvre des expositions universelles, ainsi qu’à l’avancée de la communauté internationale ».

Selon lui, l’ère de l’après-crise est aussi marquée par des sujets de sécurité non traditionnels et d’autres mondiaux, y compris le terrorisme, l’écologie, ou encore les contradictions sociales. Les notions soulignées à l’Exposition universelle de Shanghai, comme l’économie bas carbone et les échanges culturels, la publication de la Déclaration de Shanghai, permettent de fournir de nouvelles réflexions aux différents pays pour résoudre des problèmes majeurs. Cependant, la Chine a besoin de temps pour assimiler et pratiquer ces notions.

La diplomatie de l’Expo laisse un patrimoine précieux à la Chine, et elle donnera des révélations et leçons très utiles à la diplomatie ultérieure bilatérale et multilatérale, souligne M. Yang. Pour la Chine, au centre de l’attention mondiale, les activités multilatérales deviendront un nouveau pôle. « Les échanges multilatéraux sont non seulement de plus en plus nombreux, mais également de plus en plus difficiles. Ils font partie de la construction de la capacité d’un grand pays, mais sont également un processus que la Chine devra réussir ».

Le nombre de visiteurs à l’Exposition universelle de Shanghai a atteint 73 millions. Selon M. Yang, ils ont eu de nouvelles réflexions sur le développement économique et social de la Chine, la réforme du système politique et la transformation du mode de développement, et cela aura une grande influence. De plus, de nouveaux modes de croissance urbaine et de développement équilibré entre les régions urbaines et rurales seront explorés.

Quant à la ville de Shanghai, d’ici dix ans, grâce à l’effet de l’Expo, elle sera devenue un centre économique et portuaire incontournable.

Les véhicules à motorisation électrique en Chine

Ajouté au 17/11/2010 par SHI Lei

Cet événement a réuni près de 60 personnes avec des représentants de grands groupes comme Renault, PSA, Schneider et Orange. Il a été suivi par une délégation française d’une vingtaine de personne, menée par Ubifrance, dans le cadre d’une mission partenariale des pôles de compétitivité Automobile en Chine. Cette délégation est composé de 4 représentants des pôles LUTB, ID4Car, MOV’EO et le pôle Véhicule du Futur et d’une vingtaine d’entreprise.

La Chine, devenue aujourd’hui le premier marché automobile mondial, est directement passée d’une recherche axée sur les véhicules conventionnels à une recherche axée sur les véhicules hybrides et électriques en faisant « l’économie » de l’étape sur les moteurs thermiques à carburants alternatifs, de type diesel.

Dans un contexte marqué par plusieurs évènements d’envergure (Mondial de l’automobile à Paris, symposium EVS 25 à Shenzhen, salon sur les infrastructures de recharge à Pékin), cette réunion a permis d’avoir un moment d’échange privilégié autour de deux thématiques importantes liées au développement du véhicule électrique en Chine : d’une part la gestion de la connexion au réseau national (State grid) et d’autre part le développement de la solution du véhicule électrique en Chine.

Le contexte

La Chine est très avancée dans l’utilisation des batteries au lithium, avec de nombreuses applications (vélos électriques, téléphones et ordinateurs portables). Elle s’interroge néanmoins sur l’utilisation de technologies moins coûteuses. La Chine est encore en phase de réflexion concernant les infrastructures de recharge et le traitement des batteries usagées et est demandeuse en la matière de conseils auprès d’experts étrangers, s’agissant notamment du contexte réglementaire susceptible d’encadrer et d’accompagner les grandes évolutions du secteur.

Les enjeux de la coopération de la France avec la Chine

L’importance accordée par la France et la Chine au développement des véhicules électriques et hybrides, en particulier dans le développement des batteries, crée des proximités qui sont autant d’opportunités d’échanges et de partenariats. Un accord cadre de coopération dans le domaine des véhicules à motorisation électrique a été signé le 1er février 2007 entre le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de la République Française et le Ministère de la Science et de la Technologie de la République Populaire de Chine (MOST). Il s’inscrit dans le cadre de la volonté de coopération de la France et de la Chine pour lutter contre le changement climatique.

La Chine, deuxième plus grande consommatrice de cognac au monde

Ajouté au 17/11/2010 par SHI Lei

Selon les derniers chiffres du Bureau national interprofessionnel du Cognac (BNIC) de France, la Chine est devenue aujourd’hui la deuxième plus grande consommatrice de cognac au monde.

Les Chinois ont consommé entre janvier et septembre 20 millions de bouteilles, dont 90% de cognacs de qualités supérieures à trois étoiles ou V.S. (Very Special).

Jérôme Durand, le directeur du Marketing et de la Communication du BNIC , a fait savoir vendredi, lors d’une conférence professionnelle – portant sur la consommation de cognac à Beijing – que la consommation chinoise a été multipliée par 9 ces dix dernières années.

Bien que les Etats-Unis restent toujours en tête du classement en matière de volumes consommés, la Chine, selon Durand, est véritablement un marché porté sur les appellations commerciales haut-de-gammes, à savoir les niveaux de V.S.O.P (Very Superior Old Pale) , de Napoléon et de X.O (Extra Old).

La Chine tire véritablement la croissance de la consommation de cognac en Asie, tandis que Singapour est un port important où transite cette eau-de-vie vers d’autres pays asiatiques, a remarqué Durand, avant d’ajouter que le marché russe est prometteur.

Chaque année, 96,7% du cognac produit en France est vendu à l’étranger. Ces exportations rapportent 1,6 milliard d’euros à l’Hexagone, soit le prix de 31 Airbus A320.

Alibaba va t’il remplacer Ebay avec Aliexpress?

Ajouté au 17/11/2010 par SHI Lei

Alors qu’en France Ebay est connus de tous, et Alibaba d’uniquement de quelques professionnels ou passionnés, la tendance pourrait bien s’inverser dans les années à venir. Les revenus étrangers d’Alibaba génèrent pour l’instant 2% du chiffre d’affaire de la société, mais il est prévu qu’à moyen terme cette proportion atteigne les 30% !

XIIe plan quinquennal chinois: aperçu des opportunités et défis de l’Europe

Ajouté au 03/11/2010 par SHI Lei

Le prochain plan quinquennal de développement de la Chine, qui marquera une avance importante dans le rééquilibrage de la deuxième plus grande économie mondiale, comporte à la fois des opportunités et des défis pour les entreprises de l’Union européenne (UE), a indiqué mardi Duncan Freeman, chercheur à l’Institut bruxellois d’études sur la Chine contemporaine.

« Il y a une volonté de poursuivre les réformes. De nombreuses discussions portent sur le besoin de rééquilibrer l’économie et de rééquilibrer le développement en Chine. Cela constitue le principal élément du plan quinquennal », a affirmé M. Freeman dans une interview accordée récemment à l’agence Xinhua.

Les dirigeants du Parti communiste chinois (PCC) ont achevé la semaine dernière une réunion importante avec l’élaboration d’un projet de plan pour la stratégie de développement économique du pays pour les cinq ans à venir, en vertu duquel la Chine entend développer une économie durable et verte en stimulant la demande intérieure et en investissant dans les technologies propres.

Le nouveau plan quinquennal constituera une avancée en ce qui concerne le souhait de Beijing de parvenir à une croissance plus durable et plus inclusive, a estimé M. Freeman, qui suit de près les politiques économiques de la Chine et ses relations avec l’UE depuis des années.

« La Chine a toujours mis en place des politiques dans de nombreux domaines, tels que la protection sociale et la consommation. Ce dont il est question dans la préparation du plan quinquennal, c’est le rééquilibrage plus cohérent et plus complet du modèle de développement économique chinois », a-t-il souligné.

Selon cet expert belge, les efforts de la Chine visant à rééquilibrer son économie sont concentrés sur deux fronts. L’un consiste à passer d’une croissance basée sur les exportations à un modèle plus durable reposant davantage sur la consommation intérieure, tandis que l’autre consiste à rechercher le bon équilibre entre la croissance économique et la protection de l’environnement.

« On parle évidemment beaucoup de la nécessité d’accroître la consommation intérieure en augmentant les niveaux de revenus de la population chinoise et en développant un système de protection sociale », a poursuivi M. Freeman, tout en estimant que cette évolution ne sera pas facile. « Il faudra beaucoup d’années pour voir émerger des résultats conséquents ».

Le nouveau plan permettra également à la Chine de développer une économie plus écologique et, parallèlement, l’économie verte deviendra un moteur clé du futur développement de la Chine, a-t-il ajouté.

« L’accroissement de la consommation intérieure et les réformes économiques continues en Chine constituent des opportunités pour les entreprises européennes tant en matière d’investissement en Chine qu’en matière d’exportations vers la Chine », a noté M. Freeman, ajoutant que de plus en plus de Chinois souhaitaient acheter des produits européens haut de gamme généralement plus chers.

Quant aux technologies vertes, une étude européenne menée en 2007 montre qu’elles sont, avec les produits haut de gamme et les services commerciaux, l’un des trois secteurs les plus lucratifs du marché chinois à moyen terme pour les entreprises européennes.

Mais l’UE s’inquiète de la concurrence croissante de la Chine alors que les entreprises chinoises sont de plus en plus pointues dans le domaine des technologies vertes.

« Vont donc naître des opportunités ainsi qu’une potentielle concurrence », a ajouté l’expert belge.

La crise du kimchi en République de Corée a stimulé les exportations de chou chinois

Ajouté au 25/10/2010 par SHI Lei

La province du Shandong (est de la Chine) a vu bondir ses exportations de chou chinois après la crise du kimchi en République de Corée.

Le Shandong a vu ses exportations de chou vers la République de Corée augmenter de 32 % entre août et septembre par rapport à la même période de l’année dernière, avec un volume de 214,8 tonnes, ont annoncé les douanes de la ville côtière de Qingdao.

La valeur des exportations a atteint 61 200 dollars, soit une augmentation de 111 % sur un an.

Les douanes ont prévu une croissance continue des exportations de chou, vu que la République de Corée a décidé de supprimer les tarifs douaniers de 30% sur l’importation de chou chinois à partir du 14 octobre jusqu’à fin 2010 pour atténuer le manque de kimchi.

La production de chou a diminué d’environ 30 % En République de Corée en raison des intempéries et les prix de chou ont atteint 13 800 wons (12,4 dollars) par pièce le 27 septembre, soit une hausse de 250% sur un an.

Le kimchi est un mets traditionnel coréen de légumes fermentés, souvent à base de chou chinois, assaisonnés au piment.

La Chine salue la réforme du FMI adoptée au G20

Ajouté au 25/10/2010 par SHI Lei

Le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a salué samedi la réforme adoptée par le Fonds monétaire international (FMI) sur le transfert des quotas, appelant le FMI à accomplir la réforme avant le sommet du G20 prévu en novembre prochain à Séoul.

“La Chine salue la réforme du FMI sur les quotas, grâce à laquelle les pays émergents obtiendront une plus forte représentation et une plus grande voix”, a déclaré M. Zhou au terme de la réunion des ministres des Finances du G20 conclue samedi à Gyeongju, en Corée du sud.

Selon M. Zhou, la priorité pour le FMI est de mettre en oeuvre les délibérations de la réunion pour que le transfert des quotas puisse être accompli avant le sommet de Séoul.

A l’issue des deux jours de discussions, les représentants du bloc sont parvenus à un consensus sur un transfert de plus de 6% des quotas du FMI au profit des pays émergents ou sous-représentés, contre 5% comme cela avait été prévu dans les accords conclus précédemment.

“Chaque pays (…) doit faire progresser la réforme par le bais de la coopération”, a souligné M. Zhou, appelant le FMI à coordonner de façon drastique les positions des pays, pour faire en sorte que l’objectif de la réforme puisse être réalisé dans les meilleurs délais.

“La Chine, le plus grand pays en développement, et qui dispose d’un quota faible, mérite une promotion en matière de quota et de droit de vote au sein du FMI”, a fait remarquer le gouverneur.

Pour sa part, le ministre chinois des Finances, Xie Xuren, a demandé aux principaux pays émetteurs de monnaies de maintenir la stabilité relative des taux de change, les appelant à minimiser les impacts négatifs engendrés par les politiques de change.

La réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales des pays du G20, tenue à trois semaines du sommet du bloc à Séoul, a pris fin samedi avec un accord sur la réforme de la gouvernance du FMI et des progrès dans les débats sur les taux de change.

L’UE renonce à demander un moratoire sur les forages pétroliers offshore

Ajouté au 18/10/2010 par SHI Lei

La Commission européenne (CE) a renoncé à demander un moratoire sur les forages pétroliers offshore lorsqu’elle a adopté mercredi une comminication qui se borne à demander aux pays membres d’appliquer le principe de précaution, mais recommande en même temps une série de mesures nouvelles et contraignantes pour renforcer la sécurité des activités pétrolières et gazières offshore.

Dans sa communication, la CE recommande pour la première fois l’adoption d’une législation de l’UE propre aux plateformes pétrolières et indique qu’une proposition formelle à cet effet pourrait être déposée au début de l’année prochaine.

Avant d’octroyer des permis pour de nouveaux forages, les Etats membres devraient veiller à ce que les exigences communautaires soient respectées :?les compagnies doivent disposer d’un plan d’urgence et prouver que les moyens financiers à leur disposition sont suffisants pour rembourser les dégâts causés à l’environnement en cas d’accident.

En même temps, la CE recommande que la supervision des plateformes pétrolières par les autorités nationales soient être évaluée par des experts indépendants. Elle préconise aussi que les normes applicables aux équipements de sécurité soient plus strictes, et les obturateurs sont particulièrement concernés.

En ce qui concerne les dégâts et réactions, les compagnies pétrolières devraient assurer le nettoyage et la réparation des dommages causés à l’environnement à la suite d’un accident dans une zone allant jusqu’à 200 miles nautiques de la côte. Et sur le plan international, la CE s’emploiera à mettre en oeuvre les conventions internationales existantes et de nouvelles initiatives communes.

La CE est revenue sur sa position de demander un moratoire sur les forages pétroliers offshore après que le Parlement européenne eut adopté, le 7 octobre, une résolution n’interdisant pas complètement les nouveaux forages et que les 15 Etats membres de la Convention OSPAR (Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Islande, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède, Suisse et Royaume-Uni) eurent rejeté une proposition allemande de moratoire sur les forages offshore. L’Allemagne a été obligée de retirer sa proposition en raison de la forte opposition exprimée lors de la réunion ministérielle de la Convention à Bergen en Norvège les 23 et 24 septembre.

L’UE compte près de 900 installations offshore opérationnelles dans plus de dix pays, dont 486 au Royaume-Uni, 181 aux Pays-Bas, 123 en Italie et 61 au Danemark. A la suite de la catastrophe survenue le 20 avril 2010 dans le golfe du Mexique, la CE a passé en revue les règles actuellement applicables aux plateformes pétrolières. L’analyse a montré que pour garantir le niveau de sécurité le plus élevé possible, il était nécessaire pour l’UE de réviser le cadre juridique en la matière et de le rendre plus cohérent.

L’UE appelle à une coopération avec l’Asie en faveur du développement durable des PME

Ajouté au 18/10/2010 par SHI Lei

L’ue appelle à une coopération avec l’asie en faveur du développement durable des pme :
Les petites et moyennes entreprises (PME) d’Asie doivent prendre davantage conscience de la croissance durable, a déclaré, mercredi 13 octobre, un responsable de l’Union européenne, appelant à une coopération entre l’UE et les pays d’Asie.

“Le développement durable est un sujet commun à tout les pays du monde”, a indiqué Thomas Wiley, un responsable de l’Office de coopération EuropeAid de la Commission européenne, lors d’une réunion de mise en contact du programme SWITCH-Asia.

Interview sur la coopération sino-européenne dans les secteurs émergents

Ajouté au 12/10/2010 par SHI Lei

Approuvée le 8 septembre par le conseil des affaires d’Etat lors d’une réunion ordinaire présidée par le premier ministre Wen Jiabao, la Directive sur l’accélération et la promotion du développement des secteurs stratégiques émergents a fixé les sept secteurs piliers à développer en priorité.

L’édition française de China.org.cn a interviewé à ce sujet Mme Li Huiying, directrice du département européen de l’Institut de coopération économique et commerciale internationale du ministère chinois du Commerce, sur les perspectives de coopération sino-européenne en matière de secteurs émergents.

Mme Li Huiying: La croissance fortement polluante et gourmande en ressources énergétiques a coûté très chère à l’économie chinoise. L’émission de CO2 en Chine est aujourd’hui plus importante qu’aux Etats-Unis, et il en va de même pour les autres gaz à effet de serre, tels que le dioxyde de soufre. La pluie acide pourrait s’étendre aux autres pays voisins. La Chine est pour cette raison sous le coup de critiques de plus en plus sévères de la part de la communauté internationale.

Selon les statistiques, la houille représente plus de 70 % des réserves énergétiques de la Chine, mais l’efficacité du pays en termes d’extraction et d’exploitation de cette ressource n’atteint que la moitié du niveau moyen mondial.

De plus, la consommation d’énergie par unité de PIB demeure haute, de sorte que pour réaliser un PIB qui représente 8,4 % du monde, la Chine doit consommer 31 % des réserves globales en houilles et 7,5 % en pétrole. Une consommation plusieurs fois supérieure à celles des pays avancés tels que les Etats-Unis et le Japon. Il est donc absolument nécessaire et possible, pour la Chine, de réduire sa consommation énergétique dans l’exploitation économique.

Par ailleurs, la pollution environnementale de l’air et de l’eau est une grave menace pour la santé puisqu’elle est à l’origine de nombreuses maladies insidieuses et mortelles.

La réduction des émissions de CO2 et l’emploi d’énergies vertes sont au cœur de la stratégie énergétique chinoise, qui prône également un développement gagnant-gagnant entre l’économie verte et l’environnement. La réduction des émissions de CO2 sous-entend également celle de tous les gaz à effet de serre, et la protection de l’environnement tient plutôt à réduire l’émission des gaz polluants. Il s’agit de deux concepts différents, mais qui donnent des orientations similaires en Chine.

À partir de la situation concrète de l’économie chinoise, la protection de l’environnement et l’économie en énergie, les nouvelles technologies informatiques, la biochimie, la fabrication des équipements haut de gamme, les nouvelles énergies, les nouveaux matériaux, ainsi que la fabrication de véhicules à nouvelle énergie sont les sept secteurs émergents à développer en priorité, d’autant plus qu’ils sont également stratégiques pour rattraper les progrès réalisés dans les pays développés.

En fait, les technologies informatiques, biochimiques, les nouveaux matériaux, les nouvelles énergies, ainsi que les technologies spatiales, océaniques et environnementales, sont les domaines prioritaires dans le monde entier.

Pour sa part, la Chine s’efforce de changer son mode de croissance caractérisé par une haute consommation énergétique et une forte pollution en contrepartie d’une faible valeur ajoutée, et de réaliser une croissance stable et constante en développant les technologies avancées pour rattraper le niveau des pays avancés.

China.org.cn : Quelle est la situation des secteurs émergents ? Les expériences européennes sont-elles applicables en Chine ?

Li Huiying : Les dirigeants européens ont rédigé le 17 juin 2010 à Bruxelles le plan du développement économique pour la prochaine décennie, soit la stratégie Europe 2020, qui repose sur le développement en priorité de l’économie des savoirs et de l’économie verte par les technologies informatiques et écologiques. Ce plan a pour but de créer plus de postes de travail, de réduire la pauvreté et de renforcer la compétitivité dans le monde.

Le plan Europe 2020 a pris l’initiative de promouvoir une croissance intelligente, durable et inclusive qui se basent sur les savoirs et innovations, sur l’amélioration de l’efficacité énergétique en donnant la priorité à la conception verte dans le renforcement de la compétitivité, ainsi que sur la création de postes de travail et l’intégration sociale.

Par comparaison transversale, on note que les produits européens caractérisés par une haute qualité et un prix de vente élevé présentent habituellement des avantages dans les secteurs de la fabrication et du service. La demande pour ces produits, qu’il s’agisse d’articles de consommation de luxe, de produits semi-finis, d’équipements mécaniques ou de transport, occupe le troisième rang des demandes globales et représente la moitié des exportations européennes.

Outre les secteurs de la pétrochimie, du plastique, de l’industrie pharmaceutique, de l’automobile, de la papeterie, et des mécanismes non-électriques, le service commercial européen est également leader mondial avec une part de marché beaucoup plus haute que celles des États-Unis et du Japon. Hormis le transport, la part de l’UE est en progression dans tout le secteur tertiaire.

Quant aux sept secteurs à développer en priorité en Chine, les entreprises européennes sont fortes en matière d’économie d’énergie, de protection de l’environnement, de biochimie, de fabrication d’équipements haut de gamme, de nouvelles énergies et de véhicules à nouvelles énergies. On peut déjà envisager des coopérations avec les entreprises européennes notamment dans les domaines de l’économie d’énergie, de la protection de l’environnement, de l’éolien, de la désulfurisation du charbon, car ces technologies européennes possèdent un niveau mondial avancé.

China.org.cn :

La directive indique qu’il convient d’orienter l’investissement étranger et d’encourager la coopération internationale dans les secteurs émergents. Comment se traduit aujourd’hui la coopération sino-européenne dans ces domaines, et quelles en seraient les perspectives après l’application de la directive ?
Li Huiying : Au niveau de la coopération énergétique, les parties chinoises et européennes ont signé en 2009 une série d’accords, notamment l’Accord financier du Centre sino-européen de l’énergie propre et la Déclaration du Centre sino-européen de l’énergie propre, destinés à s’adapter aux coopérations technologiques dans le cadre du projet ITER (prototype de réacteur nucléaire à fusion en construction dans le sud de la France), dans l’hydrogène, dans la pile à combustible, dans les biocarburants, dans l’éolien, dans le charbon propre et dans l’énergie renouvelable

En ce qui concerne le changement climatique, les scientifiques chinois sont présents, dans le cadre du Programme sino-européen de partenariat scientifique et technologique, dans plus de 300 projets européens en énergie, en biotechnologie, en agriculture, en médecine de santé, en ressources naturelles et en environnement.

En matière de protection de l’environnement, la Chine et l’UE maintiennent un dialogue ministériel et coopèrent sur des projets concrets, des études et recherches communes, des échanges, des visites réciproques, et la création des plateformes de coopération. Les deux parties travaillent ainsi en commun dans les domaines de la production et de la consommation durables, de la protection de la biodiversité, de l’aménagement des bassins, du traitement de la pollution atmosphérique, du changement climatique et des interventions d’urgence en cas d’accidents de pollution environnementale.

Lors du 5e Sommet de l’industrie et du commerce organisé le 30 novembre 2009 à Nanjing, capitale du Jiangsu, le premier ministre Wen Jiabao a proposé d’approfondir la coopération dans l’économie d’énergie et la protection de l’environnement. Il souhaite que les entreprises européennes et chinoises puissent déployer de larges coopérations et échanges technologiques pour relever les défis et saisir les opportunités de développement dans la lutte contre le changement climatique.

Le premier ministre Wen Jiabao a également proposé d’ouvrir plus largement les marchés pour lutter contre le protectionnisme dans le commerce international. Il souhaite que la Chine et l’Europe s’écoutent mutuellement afin de promouvoir ensemble le commerce et l’investissement libres, et s’abstiennent d’ériger des barrières protectionnistes.

Il espère également que la partie européenne lève les contraintes sur l’exportation des nouvelles technologies et des technologies de pointe vers la Chine, et élargisse la coopération sur la protection de la propriété intellectuelle.

Le premier ministre Wen Jiabao a aussi proposé d’élargir la coopération entre les PME, de renforcer le soutien financier, et de simplifier les procédures administratives sur l’investissement, l’exposition et le commerce.

Ces propositions répondent non seulement aux besoins de la partie chinoise, mais aussi de la partie européenne, et ont jeté une nouvelle base pour les prochaines coopérations bilatérales.

China.org.cn : Les pays européens apportent une grande importance à la protection des droits intellectuels. Comment la Chine envisage-t-elle de renforcer la protection de ces droits dans les secteurs émergents ?

Li Huiying : Les législations sont différentes entre les pays de l’UE, mais des règles communes existent, telles que la directive européenne 1383/2003 relative à la protection de la propriété intellectuelle dans les affaires internationales, qui suggère de renforcer le contrôle anti-contrefaçon en simplifiant la procédure douanière et en bloquant les transactions internationales de produits contrefaits.

Au cours de ces dernières années, les disputes entre la Chine et l’UE sur la propriété intellectuelle ont surtout concerné les produits de grandes marques ou les produits de luxe. Un rapport de la Commission européenne sur la protection de la propriété intellectuelle à l’étranger a classé la Chine au premier rang des pays tolérant la contrefaçon, et n’a pas exclu la possibilité de recourir à l’OMC pour arbitrer ce problème.

En avril 2007, le Conseil européen a adopté une directive visant à harmoniser les sanctions encourues pour violation de la propriété intellectuelle en Europe. Selon celle-ci, la contrefaçon d’œuvres musicales et cinématographiques, ainsi que de produits pharmaceutiques fait l’objet de poursuites pénales, et les contrevenants s’exposent à une amende de 300 millions d’euros et à 4 ans de prison.

Le 4 septembre 2010, en Belgique, l’Office européen des brevets et l’Office chinois de la propriété intellectuelle ont passé ensemble en revue les 25 ans de coopération sino-européenne en matière de protection de la propriété intellectuelle, et ont exprimé la volonté de renforcer leur partenariat. Celui-ci a en effet énormément contribué à la création et au développement du système chinois moderne de protection de la propriété intellectuelle, notamment en matière d’amendement de lois, d’introduction d’outils informatiques, de vulgarisation des systèmes de marques commerciales et de droits d’auteur, et de formation des spécialistes (contrôleurs de brevets, juges, avocats, etc.).

Actuellement, l’Office européen des brevets mène la deuxième phase du projet sino-européen de protection de la propriété intellectuelle, avec un budget général de plus de 160 millions d’euros, en vue de renforcer l’application des lois.

La protection de la propriété intellectuelle se situe toujours au centre de la coopération sino-européenne, et exerce en réalité une certaine influence sur la coopération entre les PME. Le renforcement de la protection de la propriété intellectuelle répondra non seulement à la préoccupation de l’UE, mais créera aussi un meilleur environnement commercial pour toutes les entreprises.

La Chine dispose bien entendu de lois, mais le problème reste leur application.

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