Hollande déroule le tapis rouge aux Chinois

Ajouté au 26/04/2013 par SHI Lei

La Chine prévoit d’acheter 60 Airbus
Quatre accords pour le secteur nucléaire
L’urbanisation chinoise, un défi pour les groupes français

Depuis Pekin où il est arrivé en visite officielle pour 37 heures, le président français François Hollande, jeudi, a assuré que «tous les obstacles, tous les freins» aux investissements chinois en France «seront levées». «Nous espérons que la France travaillera à faciliter les investissements chinois» en Europe, lui avait dit le président Xi Jinping auparavant dans son discours. «Nous sommes prêts à accueillir davantage d’investissements chinois en France», a-t-il insisté, avant de répondre «clairement non» aux solutions protectionnistes pour résorber l’énorme déficit commercial français avec la Chine. Le président chinois a appelé à la France à oeuvrer pour que l’UE «ouvre au plus tôt» des négociations en vue d’un accord sino-européen sur les investissements.

Plus que sur des contrats sonnants et trébuchants, la visite de François Hollande en Chine débouche sur la signature d’un certain nombre d’accords soulignant les bonnes intentions de coopération. Stratégie voulue ou défaut de négociations assez abouties? Du côté de l’Élysée, on plaide que l’objet d’une visite d’État est plus de faire avaliser des coopérations par les politiques que de remplir des carnets de commandes. Revue des grands secteurs autour desquels devrait tourner la cérémonie de signatures.
Aéronautique

Une visite présidentielle sans Airbus n’en est pas une. La Chine et la France ont signé un accord d’intention pour l’achat de 60 Airbus par Pékin. Les détails de l’accord n’ont pas encore été révélés, mais, selon une source industrielle, il porterait sur une quarantaine d’A320 et 18 des 45 commandes d’A330 gelées l’an dernier par Pékin en réponse à l’imposition de la taxe carbone par l’Union européenne. Airbus rêve de vendre des A380, à Air China notamment, mais il n’est pas sûr que le sujet soit assez mûr, tout comme pour l’A350. Plusieurs éléments compliquent la situation. Les Chinois veulent «en garder» pour la prochaine visite de Xi Jinping en Europe. Les négociations serrées sur le futur de l’usine de Tianjin, qui assemble des A320, parasitent les contrats. Et même s’il y a une trêve avec l’UE sur l’application du système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS), Pékin n’est pas totalement rassuré et veut sans doute se garder quelques moyens de pression…

D’autres contrats sont attendus:
Nucléaire

Ce domaine historique de la coopération franco-chinoise devrait concentrer quatre accords sur une liste de 10 à 15 qui doivent être signés, ce qui réconforte un secteur pas mal chahuté ces derniers mois. Le premier est un accord de «coopération industrielle et opérationnelle» tripartite EDF-Areva-CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Company), qui a deux mérites: évoquer de possibles nouveaux EPR 3 et 4 à Taishan en posant le principe de l’étude du retour d’expérience de Taishan 1 et 2 ; parler d’un travail commun sur l’évolution de la sûreté des réacteurs, ce qui peut ouvrir la voie au design en commun d’un réacteur de 3e génération avec les Chinois.

L’autre accord important est une solide lettre d’intention signée par Areva sur l’aval du cycle – un dossier ancien et difficile -, qui ouvre la voie à des discussions commerciales sur la fourniture d’une usine de retraitement des combustibles usés. L’accord sur la cession par Areva d’une partie de la mine d’uranium d’Imouraren aux Chinois est sur la table, mais encore incertain. Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) devrait aussi signer un accord de coopération avec la China Atomic Energy Authority (CAEA).

En marge, EDF devrait signer un accord de bonnes intentions avec CNNC (China National Nuclear Corporation), intéressant pour créer un lien avec le grand acteur du nucléaire chinois. L’anniversaire des trente ans de la coopération nucléaire franco-chinoise ne sera toutefois pas célébré à cette occasion, mais plus tard à l’automne, avec peut-être la venue du premier ministre français.

EDF devrait signer un accord de coopération avec Datang, l’un des cinq grands producteurs d’électricité chinois.
Secteurs d’avenir

La France et des groupes comme Veolia et Suez entendent bien profiter des gigantesques projets d’urbanisation chinois ainsi que des défis dans le domaine de l’environnement, et des accords pourraient être concrétisés. Un autre secteur prioritaire est l’agroalimentaire – un accord ouvrant le marché chinois à la charcuterie française devrait être paraphé. Un sujet qui n’est pas anecdotique, souligne-t-on, quand on sait que la France a vendu pour plus de 700 millions d’euros de vins en Chine l’an dernier
Assurances

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