L’entrée en fonction de François Hollande : Quelles perspectives pour le commerce sino-français ?

Ajouté au 21/05/2012 par SHI Lei

Lorsque François Hollande âgé de 57 ans a battu Nicolas Sarkozy pour être élu nouveau président de la République française, le futur et la direction des relations commerciales sino-françaises sont devenus le centre-intérêt des entreprises chinoises ayant l’intention d’exploiter les marchés internationaux. La stabilité ou non des relations commerciales sino-françaises vont concerner les perspectives des économies des deux pays, mais aussi exercer une l’influence importante sur les relations commerciales régionales voire mondiales.

En tenant compte du caractère du Parti socialiste de François Hollande, les relations commerciales sino-françaises feraient face à des pressions. Pourtant, cela ne fera pas changer la bonne tendance de ces relations, a révélé Yao Ling, chercheuse adjointe du bureau de l’Europe de l’institut des coopérations économiques et commerciales internationales du ministère du commerce, lors d’une interview le 8 mai dernier. Par rapport à l’attitude amicale montrée par les dirigeants des deux pays, de la situation du développement commercial sino-français de ces dernières années et de la forte complémentarité des deux économies, Yao Ling prévoit de très bonnes perspectives commerciales entre les deux nations. Selon elle, l’énergie nucléaire, l’aérospatiale et les chemins de fers sont les secteurs ayant un fort potentiel pour ces deux pays.

Apres le succès de François Hollande pour l’ élection présidentielle, les dirigeants chinois et français ont tous déclaré l’attention qu’ils accordent aux relations sino-françaises et le souhait de coopérations, pour favoriser les coopérations commerciales bilatérales dans le futur. Cependant, selon certains analystes, bien qu’actuellement il n’existe pas de tendance de recul ou de détérioration des relations commerciales, dans une certaine mesure l’entrée en scène de François Hollande pourrait apporter certains effets négatifs.

D’abord, le Parti socialiste en France a adopté une attitude rude envers les relations commerciales sino-françaises et sur l’appréciation du RMB, François Hollande pourrait poursuivre cette voie. Ensuite, la France se trouve maintenant dans une stagnation économique et le taux de chômage s’est élevé à son haut niveau depuis 20 ans (9,8%). Dans ce contexte, le président pourrait faire appel au protectionnisme pour éviter les conflits sociaux. Enfin, les expériences politiques de François Hollande sont moins importantes par rapport à celles de Nicolas Sarkozy. Certains économistes pensent qu’il pourrait manquer d’expérience quant à la maitrise des coopérations commerciales des deux pays.

Selon Yao Ling, il est possible qu’au début de mandat de François Hollande, certains facteurs négatifs puissent affecter les relations commerciales sino-françaises, sans toutefois influencer la bonne tendance de celles-ci. Avec avec un peu de temps, la perception et la politique de François Hollande sur les relations commerciales sino-françaises seront de plus en plus amicales. Ensuite, en tant que plus grand pays en voie de développement, la Chine possède un grand potentiel du marché. C’est un facteur positif non négligeable pour la France qui souhaite redresser son économie. Enfin, la détérioration de la crise de dette européenne et de l’économie européenne poussera le nouveau président français à chercher plus d’aides provenant des économies de l’extérieur.

Ces dernières années, les relations commerciales sino-françaises se trouvent toujours dans une bonne dynamique, une base solide pour la nouvelle promotion de coopérations des deux pays en la matière. Selon les données du bureau des statistiques de l’UE, en 2011, le chiffre d’affaires du commerce bilatéral des deux pays a atteint 53 milliards de dollar, soit une augmentation de 17%. Le chiffe d’affaire de l’exportation de la France vers la Chine était de 18,68 milliards de dollars, soit une augmentation de 28,8%, et celui de l’importation depuis la Chine, 34,32 milliards de dollars, soit une augmentation de 11,5%. Il faut noter en 2011, que l’exportation française dans le monde entier a augmenté de 13,9% et celle vers la Chine a augmenté de 28,8%, ce qui a fait de la Chine le marché vers lequel l’exportation française a augmenté le plus rapidement.

« Par ailleurs, il y a une forte complémentarité entre les deux économies. » a souligné Yao Ling. La France a une forte compétitivité quant aux capitaux et aux technologies, alors que la Chine est plus forte sur le plan du marché, de la main-d’œuvre et de la pratique d’investissement.