Le changement de pouvoir en France ne saurait affecter la bonne dynamique des relations économiques et commerciales entre la Chine et la France

Ajouté au 14/05/2012 par SHI Lei

Après l’accession de François Hollande, âge de 57 ans, à la présidence française en l’emportant sur Nicolas Sarkozy, les entreprises chinoises désireuses de s’ouvrir aux marchés internationaux se posent tout de suite la question de savoir dans quelle direction évolueront les relations économiques et commerciales entre la Chine et la France. La stabilité de ces relations entre les deux pays, respectivement deuxième économie mondiale et plus grand pays en développement, et cinquième économie du monde et membre-noyau de la zone euro, revêt une grande importance non seulement pour leur développement ultérieur, mais aussi pour les échanges commerciaux dans la région, voire même pour les relations économiques et commerciales mondiales.

De l’avis de Madame Yao Ling, maître de recherche adjointe au département de l’Europe de l’Académie du Commerce et de la Coopération internationaux relevant du ministère du Commerce, vu l’étiquette de gauche de Hollande, les relations économiques et commerciales sino-françaises pourraient subir une certaine pression au début du mandat de celui-ci, mais cela ne saurait changer leur élan de développement. Elle est plutôt optimiste quant aux perspectives de développement de ces relations, en raison des discours amicaux des dirigeants des deux pays, du bon développement de ces relations ces dernières années et de la forte complémentarité de celles-ci. Elle pense par ailleurs que le nucléaire, l’aérospatial et le chemin de fer sont des domaines très prometteurs de la coopération bilatérale.

Cependant, des analystes tiennent à rappeler que, bien qu’on ne note pour le moment aucun signe du recul ou de la détérioration des relations économiques et commerciales entre les deux pays, les facteurs suivants pourraient avoir, dans une certaine mesure, un impact négatif sur ces relations après l’accession de Hollande au pouvoir.

En premier lieu, François Hollande appartient à la gauche. On a vu que dans le passé, les personnalités françaises de gauche ont très souvent adopté une attitude dure sur des problèmes comme les litiges commerciaux et la réévaluation du yuan. Il est fort possible que Hollande poursuive ce style. En second lieu, l’économie française est entrée en récession et le taux de chômage a atteint son plus haut point de 9,8% depuis 20 ans. Dans ce contexte, il se peut que Hollande, pour détourner l’attention de la crise sociale, agite le drapeau du protectionnisme. En troisième lieu, en comparaison avec Sarkozy qui a beaucoup d’expérience du pouvoir, Hollande possède peu de capital politique, et nombre d’économistes doutent de sa capacité à gérer et à promouvoir la coopération économique et commerciale sino-française.

« Au début de leur mandat, les dirigeants français, pour de multiples raisons, adoptent souvent une position dure dans leurs relations économiques et commerciales avec l’étranger. » Dans un premier temps, pense Madame Yao, les relations sino-françaises pourraient souffrir un peu, mais elles sont appelées à se développer, car, c’est là la tendance générale qu’il est impossible de modifier. D’abord, parce qu’avec le temps qui passe, Hollande comprendra mieux la situation et adoptera une politique plus amicale à l’égard de la Chine ; en outre, la Chine étant le plus grand pays en développement, elle représente un immense marché potentiel que la France ne saurait ignorer pour sa reprise économique ; enfin, la crise de la dette européenne et l’aggravation de la situation économique en Europe va obliger Hollande à faire appel à des moteurs de croissance extérieurs.

« Il existe une forte complémentarité entre les deux économies », souligne Madame Yao. La France est très compétitive sur le plan des capitaux, de la technologie et des produits à haute intensité de savoir ; la Chine possède des avantages en ce qui concerne le marché, la main-d’œuvre et les facilités d’investissement. Selon les statistiques de la douane chinoise, la France est, parmi les pays membres de l’UE, le quatrième partenaire commercial de la Chine, le cinquième marché de ses exportations et le deuxième marché de ses importations. « Cette complémentarité pose une solide assise pour les larges perspectives de développement des relations économiques et commerciales sino-françaises », nous confie Madame Yao.