France / Présidentielle : le résultat du second tour attendu avec impatience

Ajouté au 08/05/2012 par SHI Lei

Le monde entier attend avec impatience les premières estimations sur le résultat du second tour de l’élection présidentielle française, qui seraient publiées dimanche à 20h00 heure de Paris. Les pays européens sont inquiets de l’incertitude des politiques économiques françaises vu les nombreuses déclarations des deux finalistes sur l’Europe, d’une possible restructuration de la carte politique française favorable à l’extrême-droite suite à une éventuelle défaite de Nicolas Sarkozy, alors que des observateurs chinois ont estimé que le vainqueur du scrutin cherchera à maintenir des relations stables avec la Chine.
INCERTITUDE DES POLITIQUES ECONOMIQUES SUR L’EUROPE

En mars dernier, Nicolas Sarkozy a menacé de “suspendre la participation” à l’espace Schengen de la France si un “gouvernement politique de Schengen” n’était pas mis en place “dans les douze mois”. “L’Europe ne peut pas être la seule région du monde à si mal faire respecter ses frontières, à si peu défendre ses intérêts, à tant ignorer les angoisses de ses citoyens”, a-t-il noté, soulignant que les accords de Schengen “doivent être révisés”.

Pour sa part, François Hollande s’oppose à la chancelière allemande Angela Merkel sur la ratification du traité de discipline budgétaire, signé par 25 des 27 pays membres de l’Union européenne en mars dernier, et principal instrument pour mettre un terme à la crise de la dette dans la zone euro. Il veut le renégocier pour y adjoindre un volet sur la croissance, portant surtout sur le financement au niveau européen de grands projets industriels ou environnementaux.

Lors de la campagne électorale, les deux finalistes au second tour ont multiplié les déclarations sur l’Europe, et les dirigeants des pays européens sont devenus inquiets. Mais quelques responsables de la Commission européenne ont estimé qu’il ne faut pas prendre au sérieux les déclarations des candidats au scrutin présidentiel français pendant la campagne électorale. Selon eux, le vainqueur du scrutin du 6 mai appliquera une politique raisonnable et acceptable par ses voisins européens.
UNE EVENTUELLE RESTRUCTURATION DE LA CARTE POLITIQUE

Avant le deuxième tour de la présidentielle, les pays européens voisins de la France sont préoccupés

par les bons scores obtenus par les forces d’extrême-droite lors du premier tour. Dans le premier tour tenu le 22 avril dernier, la candidate du Front national (FN, extrême-droite) Marine Le Pen a obtenu 17,9% des souffrages.

Le taux de soutien élevé de Marine Le Pen s’explique notamment par la situation socioéconomique en France. Le modèle social et le modèle de la croissance économique de la France sont mise à rude épreuve lors de la crise financière de 2008 et de la crise de la dette européenne. Dans le contexte de la mondialisation, la France a beucoup souffert du ralentissement économique, du taux de chômage élevé, et de la baisse du niveau de vie.

Le quotidien français “La Tribune” a indiqué qu’une éventuelle défaite de Nicolas Sarkozy au scrutin du 6 mai provoquera une crise au sein de l’UMP (Union pour un mouvement populaire), et peut-être une restructuration à grande échelle du paysage politique, et Marine Le Pen et son Front national pourraient profiter de cette situation.
PAS DE GRANDS CHANGEMENTS SUR LES RELATIONS AVEC LA CHINE

Hu Ronghua, un chercheur de la prestigeuse Université de Fudan, à Shanghai, métropole de l’est de Chine, a estimé que la politique chinoise de la France n’aura pas beaucoup de changements à l’issue de cette élection. Selon lui, les deux candidats qui tous connaissent le poids de la Chine dans les affaires internationales, adopteront une approche de coopération avec la Chine, au lieu d’adopter une attitude négative.

Zhao Huaipu, un chercheur de l’Institut de Diplomatie de la Chine, a partagé ce point de vue. Selon lui, Nicolas Sarkozy a beaucoup de contacts avec les dirigeants chinois ces dernières années, et connaît mieux la Chine, il a adopté une politique pragmatique. Aux yeux de Zhao Huaipu, le Parti socialiste auquel appartient François Hollande, attache une plus grande importance aux questions de valeurs, également à la question du taux de change. Selon lui, la France, qui connaît actuellement une situation économique difficile, a besoin d’une bonne coopération avec la Chine pour régler ses problèmes économiques. Le vainqueur du scrutin du 6 mai cherchera à maintenir et développer des relations stables avec la Chine, a-t-il estimé.

Selon les chiffres officiels du côté chinois, les échanges commerciaux entre la Chine et la France ont atteint 46,9 milliards de dollars au cours des onze premiers mois de l’année 2011, un nouveau record historique. Une centaine d’entreprises chinoises sont implantées en France, tandis que 4 000 entreprises françaises en Chine.