Présidentielle : Les Français de Chine votent (toujours) Sarkozy

Ajouté au 28/04/2012 par SHI Lei

Le candidat de l’UMP arrive en tête dans tous les bureaux de vote de Chine, mais avec moins d’avance qu’en 2007. François Bayrou perd sa deuxième place au profit de François Hollande, qui fait bien mieux que Ségolène Royal il y a 5 ans.

27% au niveau national, 56 à Hong-kong : Nicolas Sarkozy ne connaît pas les même difficultés en Chine qu’en métropole. Et pourtant, malgré une nette victoire dans la plupart des bureaux du pays, les résultats du candidat de l’UMP sont en recul de quelques points par rapport au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 : 56% à Hong-kong (62 en 2007), 50 à Shanghai (53 en 2007), 37 à Pékin (41).

François Hollande, le candidat du PS est finalement la surprise du vote des Français en Chine, puisqu’il a beaucoup plus convaincu que Ségolène Royal il y a 5 ans. 29,5%, 21,8%, 17,5% à Pékin, Shanghai et Hong-Kong, contre 22%, 16% et 12% pour son ancienne compagne, à qui les Français de Chine avaient préféré François Bayrou. Le candidat du Modem, en net recul, est tout de même le troisième homme à Pékin, Wuhan, Shanghai ou Hong-kong, suivis de Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, qui n’atteignent pas les 5% des votes exprimés.

Marine Le Pen, qui a crée la surprise en France dimanche soir avec 18% des votes, ne convainc pas les Français de Chine, avec un score de 2,9% à Hong-Kong, 2,8% à Shanghai et 4,5% à Pékin.

Côté participation, pas beaucoup d’évolution depuis 2007. La tendance est à la baisse, mais le nombre de Français inscrits sur les listes électorales chinoises a beaucoup augmenté depuis 5 ans. Environ 55% des inscrits se sont déplacés au bureau de vote. (voir résultats détaillés ci-dessous)

Longue journée pour les présidents de bureaux

On vient voter en famille avant d’aller à la plage sous le soleil de Hong-Kong, ou entre collègues à Canton. Peugeot SA avait affrêté un bus spécial depuis Shenzhen pour ses employés, 400 km de route que certains ont préféré parcourir en covoiturage. A l’arrivée devant les bureaux, beaucoup sont étonnés par la queue : peu de votants certes, mais des locaux parfois exigus, et des organisateurs qui préfèrent une présidentielle sans couac à un rythme soutenu. Le personnel consulaire n’est pas spécialisé dans la gestion des urnes, et les présidents de bureaux ont assumé leur tâche avec une prudence toute particulière.

Une prudence qui a parfois viré à l’excès : à Hong-Kong des journalistes se sont plaints d’être interdits de photos à l’intérieur des bureaux. A Pékin, c’est un groupe d’une quinzaine d’électeurs, venus assister au dépouillement, qui a dû patienter une heure et demie en dehors de l’ambassade. Les organisateurs avaient préféré limiter le nombre d’observateurs autour des tables pendant la préparation de la salle et la répartition des enveloppes. Quitte à faire jaser à l’extérieur du bâtiment : “C’est scandaleux”, “ils deviennent de plus en plus Chinois”, blague-t-on.

Yves, professeur à l’Ecole Normale de Pékin, 45 ans de dépouillement à son actif, n’a “jamais vu ça”, et explique au président de bureau qu’il convient de laisser l’accès libre pendant tout l’exercice. L’incident est oublié par presque tout le monde – deux jeunes gens épluchent le code électoral à la recherche d’une infraction – et le dépouillement commence, le sérieux des scrutateurs à peine troublé par les commentaires des militants locaux.

“Ca s’est passé convenablement” témoigne Yves après la lecture du procès verbal. Le Français repart tout sourire, son calepin plein de calculs dans la poche – il avait fait les comptes bien avant les assesseurs – et assure qu’il sera là dans deux semaines, pour le second tour.

Longue soirée pour les votants

Quand les bureaux de vote se vident, les bars se remplissent, car la soirée va être longue. Il faudra théoriquement attendre 2h du matin pour avoir des estimations de résultats. Tout le monde connaît ceux des bureaux de Chine, que l’on juge “sans surprise”, et on commence à s’échanger des informations suisses ou belges à partir de 23h. Mais qu’importe, dans les bars décorés en bleu blanc rouge règne une ambiance de 14 juillet plus que de débat politique, et personne ne veut rater l’annonce des résultats sur France Télévision.

Dans le quartier de la tour de la cloche, à Pékin, les Français ont fait la navette en groupe entre les bars décorés en bleu-blanc-rouge. Un sondage “sortie d’urne – rentrée de bar” avait été organisé au Café de la Poste, pour faire patienter le public. Résultat : François Hollande devant J-L Mélenchon et Eva Joly… Dominique Strauss-Kahn et Mao sont devancés de quelques voix.

 

Au Salud, un bar de Pékin où beaucoup de Français s’étaient rassemblés devant un écran géant qui a diffusé TV5 Monde pour l’occasionC.R

Résultats provisoire ville par ville, avant validation par le Conseil Constitutionnel et publication par l’ambassade.
Ces résultats seront mis à jour dans la journée (notamment pour Shenyang et Chengdu)

Pékin : 3199 inscrits, 1746 votants (55% de participation)
Nicolas Sarkozy 37 ; François Hollande 29,5 ; François Bayrou 14,1; Jean-Luc Mélenchon 6,9 ; Marine Le Pen 4,5 ; Eva Joly 4,5 ; Philippe Poutou 0,6 Nicolas Dupont-Aignan 0,6 ; Nathalie Arthaud 0,3 ; Jacques Cheminade 0,3

Shanghai : 3668 votants
Nicolas Sarkozy 50 ; François Hollande 21,8 ; François Bayrou 14,6 ; Jean-Luc Mélenchon 4,8 ; Eva Joly 4,4 ; Marine Le Pen 2,8 ; Nicolas Dupont-Aignan 0,9 ; Philippe Poutou 0,4 ; Jacques Cheminade 0,24 ; Nathalie Arthaud 0,1

Hong-Kong : 6173 inscrits, 3316 votants (participation 53%)
Nicolas Sarkozy 56 ; François Hollande 17,5 ; François Bayrou 13 ; Eva Joly 4,2 ; Jean-Luc Mélenchon 3,4 ; Marine Le Pen 2,9 ; Nicolas Dupont-Aignan 0,9 ; Philippe Poutou 0,2 ; Jacques Cheminade 0,2 ; Nathalie Arthaud 0,03

Canton : 509 votants
Nicolas Sarkozy 38,7 ; François Hollande 29,7 ; François Bayrou 14,4 ; J6L Mélenchon 5,7 ; Marine Le Pen 5,7 ; Eva Joly 5,4 ; Nicolas Dupont-Aignan 0,9 ; Philippe Poutou 0,17 ; Jacques Cheminade 0,17 ; Nathalie Arthaud 0

Wuhan : (environ 220 votants)
Nicolas Sarkozy 42 ; François Hollande 35,5 ; François Bayrou 16,1 ; Marine Le Pen 6,1 …