La Chine confrontée à l’UE et aux États-Unis sur des problèmes tellement similaires

Ajouté au 17/02/2012 par SHI Lei

Le Forum UE-Chine a finalement eu lieu le 14 février à Beijing à l’issue d’un report de quatre mois, alors que le vice-président chinois Xi Jinping est parti en visite officielle aux États-Unis. La Chine se retrouve face aux deux superpuissances du monde sur des problèmes similaires.

En 2011, la valeur des échanges commerciaux entre la Chine et les États-Unis a totalisé 446,7 milliards de dollars avec des exportations américains pour 122,2 milliards de dollars vers la Chine, soit une croissance de 20 % en glissement annuel. Les deux pays sont ainsi le deuxième partenaire l’un pour l’autre, bien que les frictions se multiplient aussi avec l’élargissement du volume du commerce.

Par ailleurs, comme l’excédent commercial chinois envers les États-Unis s’est réduit à 2,7 % du PIB chinois sous les comptes courants en 2011, soit le niveau le plus faible depuis 2003, et aussi inférieur au critère de 4 % fixé par le département américain des Finances pour juger si une devise est sous évaluée, il est donc très probable que le taux de change du yuan ne figure pas parmi les prochains sujets à discuter entre le chef d’État chinois et ses interlocuteurs américains.

Du côté de l’UE, le commerce sino-européen a également connu une croissance rapide de 18,3 % en 2011 avec une valeur totale de 567,21 milliards de dollars. L’UE est devenue le premier partenaire commercial et la principale source technologique de la Chine, tandis que la Chine représente le marché en plus rapide croissance de l’UE. La crise de la dette publique de l’UE a lourdement frappé le commerce entre les deux parties, et l’UE a donc envie de promouvoir la coopération avec la Chine en échangeant des points de vue à l’occasion du sommet.

En bref, la visite du vice-président Xi Jinping aux Etats-Unis démontre la sincérité et le bon gré de la Chine pour le commerce sino-américain, tandis que le Sommet UE-Chine cherche à encourager les investissements chinois en Europe.

Les interlocuteurs chinois et européens peuvent toujours revenir sur d’anciens problèmes angoissants tels que la qualité de l’économie du marché de la Chine, les embargos sur l’exportation des armes et les restrictions à l’exportation des hautes technologies à la Chine, mais bien qu’il soit possible pour l’UE d’adopter une attitude relativement souple en raison de la crise de la dette publique, il sera toujours difficile de marquer des progrès, vu les difficultés pour mettre les pays membres de l’UE en accord, surtout avec les influences négatives des États-Unis et du Japon.

L’UE veut obtenir des aides de la Chine pour traverser la crise actuelle, et la Chine souhaite que l’UE ouvre davantage ses marchés aux investisseurs chinois. La situation de l’UE s’est apparemment améliorée cette année, il est donc plus réaliste que l’année dernière pour les investisseurs chinois de se pencher sur le marché européen.