Amitié sino-africaine: une coopération en expansion constante

Ajouté au 02/02/2012 par SHI Lei

Les relations d’amitié entre la Chine, le plus grand pays en développement, et le continent africain, qui regroupe le plus grand nombre de pays en voie de développement, ont plus de 60 ans d’histoire. Elles influent sur la vie de plus de 2,3 milliards de personnes.

Le Centre de conférences du siège de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, perçu par beaucoup comme un véritable monument à la longue amitié sino-africaine, a été inauguré à la veille de l’ouverture, samedi, du 18e sommet de l’UA.

Cet édifice de 20 étages, financé et construit par la Chine, culmine à 100 mètres au-dessus de la capitale éthiopienne.

Lors de la cérémonie d’inauguration, Jia Qinglin, président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a déclaré que ce complexe architectural abritant le nouveau siège de l’UA était un cadeau du gouvernement et du peuple chinois, ainsi qu’un symbole des relations d’amitié entre la Chine et l’Afrique.

UNE COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ET COMMERCIALE EN EXPANSION RAPIDE

La coopération économique et commerciale constitue la principale force motrice de la coopération entre la Chine et le continent africain. Elle est d’autant plus importante que les pays développés, destinataires traditionnels des exportations chinoises et africaines, font actuellement face avec difficulté à la crise économique mondiale et aux conséquences de la crise de la dette européenne.

La création du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FCCA) en 2000 a donné une impulsion essentielle aux relations économiques et commerciales entre les deux parties, des relations qui se développent depuis à une vitesse sans cesse croissante. Le commerce bilatéral est passé de 10,6 milliards de dollars en 2000 à 160 milliards en 2011. Les investissements chinois en Afrique, qui étaient initialement de l’ordre de quelques dizaines de millions de dollars, ont dépassé les 10 milliards de dollars.

La Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique, selon le ministère chinois du Commerce.

Dans le même temps, l’Afrique est devenue l’une des principales destinations des investissements chinois. Plus de 2 000 entreprises chinoises investissent sur le continent, pour un montant total qui a d’ores et déjà dépassé les 40 milliards de dollars.

La Chine a en outre facilité l’accès des produits africains sur son marché. Lors du sommet du G20, qui s’est tenu à Cannes en Novembre 2011, le président chinois Hu Jintao a déclaré que la Chine allait exempter de droits de douane 97% des exportations en provenance des pays les moins avancés (PMA) ayant des relations diplomatiques avec la Chine.

Les PMA sont définis par les Nations Unies comme les pays dont le revenu par habitant n’atteint pas 745 dollars par an. Ils comptent 33 pays d’Afrique, 14 pays d’Asie, et Haïti.

La Chine a de fait déjà importé des produits africains à tarif douanier zéro à hauteur de 1,32 milliard de dollars entre 2005 et juin 2010, selon un Livre Blanc publié en 2010 par le gouvernement chinois sur la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique.

Par ailleurs, la Chine a contribué à mettre en place des zones spéciales de coopération économique et commerciale en Zambie, sur l’île Maurice, au Nigeria, en Egypte et en Ethiopie, injectant 250 millions de dollars dans la construction d’infrastructures dans ces pays.

La Chine est non seulement un partenaire commercial de l’Afrique, mais elle participe également de manière active au renforcement de la durabilité du développement de l’Afrique, en aidant les pays du continent à améliorer leurs secteurs éducatif, agricole et environnemental.

Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, au cours des années scolaires 2010 et 2011, le gouvernement chinois a offert 5.710 bourses d’études aux pays africains, dépassant deux ans avant la date prévue l’objectif de 5.500 bourses auquel la Chine s’était engagée lors de la conférence ministérielle du FOCAC en 2009.

Afin d’accélérer la coopération scientifique et technologique entre la Chine et l’Afrique et de faciliter le renforcement des capacités technologiques dans les pays africains, la Chine a également lancé le Programme de partenariat scientifique et technologique Chine-Afrique (CASTEP) en Novembre 2009.

En vertu de ce programme, 100 projets conjoints en matière de recherche scientifique et technologique seront menés sous forme de dons d’équipements, de cours de formation technique et d’ateliers, d’activités de diffusion de la technologie, et de recherches conjointes. En outre, 100 stagiaires post-doctoraux africains pourront venir mener des recherches scientifiques en Chine avec l’aide financière du gouvernement chinois.

L’agriculture est l’un des domaines qui témoignent le mieux du dynamisme de la coopération sino-africaine. De 2007 à 2009, la Chine a envoyé 104 experts agricoles compétents vers 33 pays africains, a créé des centres de technologie agricole dans 14 pays africains, et a décidé d’en construire 10 autres, a déclaré Lu Shaye, directeur général du Département des affaires africaines du ministère chinois des Affaires étrangères.

Depuis 2009, la Chine a envoyé 16 groupes d’experts agricoles en Afrique et formé 874 experts agricoles africains, selon M. Lu.

Dans le domaine multilatéral, la Chine a participé activement au Programme spécial pour la sécurité alimentaire de l’Organisation des Nations Unies (FAO). Elle a envoyé plus de 700 agronomes dans huit pays africains. Outre l’envoi de professeurs pour faire des recherches dans les universités et les institutions africaines, la Chine a également construit des centres de démonstration et de formation aux techniques agricoles, et a dépêché des experts de terrain dans les campagnes.

Au Zimbabwe, la construction d’un tel centre a commencé en octobre 2009 au sein du Collège d’agriculture de Gwebi, dans la banlieue de Harare. Le centre est appelé à devenir une plaque tournante de la recherche en matière de hautes technologies agricoles, et devrait s’imposer comme une institution essentielle en matière de démonstration, de formation technique et de développement durable dans le pays.

Au Malawi, les entreprises chinoises et le Fonds de développement Chine-Afrique ont investi conjointement dans un programme de culture du coton. Une fois terminé, le programme aidera plus de 50.000 agriculteurs locaux à accroître leur production et leur capacité de traitement du coton.

Au Nigeria, beaucoup de progrès ont été réalisés grâce au concours des experts chinois travaillant en partenariat avec les agriculteurs locaux dans 36 Etats du pays. La coopération couvre la pêche, l’élevage, la production et le traitement des produits agricoles.

Alhaji Bello Gidado, coordinateur du Programme de coopération Sud-Sud / Chine-Nigeria, a indiqué que les experts chinois et leurs centres de services agricoles à travers le Nigeria avaient permis de stimuler le progrès technologique, d’améliorer la production et de maximiser les revenus.

La protection environnementale est un autre secteur dans lequel les liens étroits entre la Chine et les pays africains prennent tout leur sens, dans la mesure où ils sont tous également confrontés au défi de la dégradation de l’environnement.

Dans un village de l’Etat nigérian de Kano, les scientifiques chinois ont travaillé avec leurs homologues nigérians à la mise en place d’une base de recherche sur la lutte contre la désertification. Ils effectueront des expériences de reboisement et de lutte contre la désertification, en espérant pouvoir développer une agriculture d’abri-ceintures et mettre en place des industries tirant profit du sable, afin de restaurer l’écologie locale et de stimuler la croissance économique.

Des projets du même type sont également en cours dans plusieurs autres pays désertiques, dont le Kenya, l’Egypte, l’Algérie et le Niger.

Par ailleurs, afin d’améliorer les capacités d’adaptation des pays africains au changement climatique, la Chine a lancé 100 projets d’énergie propre, dont l’énergie solaire, le biogaz et des projets de petites centrales hydroélectriques en Afrique, a fait savoir M. Lu lors d’une session du Forum de réflexion Chine-Afrique d’octobre 2011.

M. Lu a déclaré que la Chine avait élaboré des projets adaptés à chaque pays, et s’était accordée sur le lancement d’études préliminaires sur ces projets avec 11 pays, dont l’Ethiopie et le Mozambique.

UNE AIDE RAPIDE EN TEMPS DE CRISE

Les liens d’amitié et de coopération entre la Chine et les pays africains se sont avérés particulièrement solides lorsque la Corne de l’Afrique et les régions voisines ont été touchées par une grave sécheresse suivie d’une famine de grande envergure en 2011, une catastrophe humanitaire qui a menacé des millions de vies.

A la fin d’octobre 2011, la Chine a fourni une aide alimentaire d’une valeur totale de 443,2 millions de yuans (69,58 millions de dollars) à la Corne de l’Afrique et aux régions voisines, selon le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine a tout d’abord annoncé, fin juillet, une première aide de 90 millions de yuans (14 millions de dollars) ; le 15 août 2011, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a ensuite déclaré que la Chine allait offrir une aide alimentaire supplémentaire de 353,2 millions de yuans (55,28 millions de dollars) à l’Ethiopie et à d’autres pays africains frappés par la sécheresse.

C’est le don de céréales le plus important offert à des pays étrangers par le gouvernement chinois depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949.

Ce don exceptionnel n’est que la dernière preuve en date de l’aide continue apportée par la Chine à l’Afrique. Dès 1956, la Chine a commencé à aider les pays africains par divers moyens, allant de la construction d’infrastructures à l’aide médicale.

Durant les dernières années, la Chine a non seulement aidé les pays africains à construire des écoles, des hôpitaux, des ponts et d’autres projets importants, mais elle a également envoyé de nombreux experts agricoles, des professionnels médicaux et des bénévoles pour former près de 30.000 personnes.

Selon le Livre Blanc publié par le gouvernement chinois, la Chine a accordé 256,29 milliards de yuans (38,54 milliards de dollars) d’aide à des pays étrangers, dont 106,2 milliards de yuans en subventions, 76,54 milliards de yuans en prêts sans intérêt et 73,55 milliards de yuans en prêts avec intérêts ; l’Asie et l’Afrique représentent 80% des bénéficiaires de ce montant.

“Afin d’aider les pays africains à atteindre indépendance économique et développement durable, le gouvernement chinois a apporté à l’Afrique un soutien indéfectible par tous les moyens à sa disposition, contribuant ainsi largement au développement socio-économique de l’Afrique, au bénéfice de tous les peuples africains”, a noté M. Jia.

Grâce à la bonne volonté et aux efforts communs de la Chine et de l’Afrique, la relation unique qui existent entre elles ne pourra que connaître un avenir encore meilleur.