Charles-Etienne Lagasse : la culture peut être un élément pour faire tomber les clichés entre l’Europe et la Chine

Ajouté au 04/01/2012 par SHI Lei

« Le rôle que j’ai envie de jouer avec EUNIC (European Union National Institutes for Culture), c’est de créer un pont et des espaces de dialogue [entre l’Europe et la Chine]. Mais quantitativement, il y a beaucoup de choses qui se passent. Je voudrais travailler sur le qualitatif, c’est-à-dire le dialogue », a récemment déclaré M. Charles-Etienne Lagasse, Inspecteur général de la Wallonie-Bruxelles International (WBI) et vice-président de l’EUNIC, lors d’une interview exclusive accordée à China.org.cn.

Exposition de peintures belges prévue pour début février 2013 à Beijing

La Belgique est connue pour ses bandes dessinées qui lient le texte et l’image. Selon M. Lagasse, une exposition d’œuvres de peintres belges sera organisée au Musée national d’art de Chine de début février à mars 2013.

« Plusieurs artistes belges ont travaillé sur la calligraphe chinoise et sur le rapport entre les arts visuels et l’écrit. C’est un thème privilégié pour travailler avec la Chine », a révélé M. Lagasse. Avant cela, une tournée sera organisée dans les musées de Suzhou dans la province du Jiangsu (est de la Chine) et de Xi’an dans le Shaanxi (ouest).

Il s’agit d’un grand projet artistique commun bilatéral avec Wallonie-Bruxelles. Les œuvres combinent les styles de calligraphie et de peinture. Cela reflète la vieille tradition de l’image, très forte en Belgique.

Créer un pont et faire tomber les clichés entre l’Europe et la Chine

Le Dialogue culturel Europe-Chine a eu lieu en octobre dernier au Luxembourg. C’est un événement annuel organisé une fois en Europe et une fois en Chine. La cinquième édition sera donc organisée par la Chine.

« Des artistes européens et chinois ont travaillé ensemble sur le graphisme, sur les logos, le pictogramme. On a eu un travail en commun sur le design graphique », a indiqué M. Lagasse.

En ce qui concerne les activités culturelles chinoises en Belgique, M. Lagasse a souligné que la Chine était devenue un acteur de plus en plus présent. « En Belgique, nous avons Europalia, un festival de 500 événements culturels chinois à Bruxelles. Il y a vraiment une très grande présence ».

Il a admis qu’il existe des clichés entre l’Europe et la Chine. « Comment les Chinois voient-ils les Européens ? Il ne faut pas considérer l’Europe comme un grand vaste musée du passé, avec de beaux monuments. Il ne faut pas oublier la créativité artistique et économique, les nouvelles technologies. On peut poser la question dans l’autre sens aux Européens. Comment voyez-vous la Chine? Vous n’avez pas de clichés sur la Chine comme une énorme usine du monde où il n’y pas de valeur ? Il y a effectivement des valeurs fondamentales en Chine. Il y a une culture millénaire, pas seulement le passé, mais aussi tout ce qui bouge, la créativité et l’ouverture au monde, etc. »

« La culture est peut-être un élément pour faire tomber ces clichés-là », a-t-il dit. « C’est le rôle que j’ai envie de jouer avec EUNIC, de créer un pont et des espaces de dialogue […] Le dialogue se fait sur les intérêts communs, mais pas seulement. J’ai une phrase en tête. Comme l’a dit le ministre chinois de la Culture Cai Wu, dans la croissance économique, la part de la culture augmente plus vite que l’économie globale. Nous sommes dans un secteur où on peut avoir des bénéfices mutuels, parce que nous avons des approches qui ne sont pas toujours les mêmes, et qui peuvent être complémentaires, avec des concepts qui viennent d’un pays et qui sont traduits dans l’autre, avec des entreprises conjointes ».

Bureau d’accueil en Wallonie pour les investissements chinois

A l’occasion du 40e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-belges, le prince héritier Philippe de Belgique a effectué en octobre une visite en Chine, avec une délégation commerciale composée de 400 personnes. « Le commerce bilatéral a connu une croissance annuelle de 30 % ces trois dernières années », a révélé le 22 novembre M. Liao Liqiang, ambassadeur de Chine en Belgique, lors du forum d’Anvers.

En ce qui concerne les raisons de cette grande croissance, M. Lagasse a mis en relief l’importance des accords avec les universités, les pôles de compétitivité, les missions économiques, ainsi qu’une déduction fiscale sur le capital propre des investisseurs. Il a également souligné la mise en triangle d’or de la recherche, de l’enseignement et des entreprises. « Le gouvernement belge a investi énormément d’argent pour développer six pôles de compétitivité dans les domaines forts de la Wallonie : les sciences de la vie (la biotechnologie), l’agroalimentaire, le transport et la logistique, la mécanique (y compris la nanotechnologie), l’aérospatial et les technologies de l’environnement », a-t-il fait remarquer.

« Il y a un Bureau d’accueil ouvert en Wallonie pour les investissements chinois, avec toutes des démarches pour qu’ils puissent investir sur place », a-t-il fait savoir.

Avec un réseau de 50 lecteurs belges dans les universités chinoises et diverses activités culturelles dans le cadre de la journée de la francophonie en 2012, dont le festival du cinéma francophone et une tournée musicale, les échanges entre les deux pays continuent à se multiplier.