Maurice Leroy : "Le Grand Paris intéresse beaucoup en Chine et en Asie"

Ajouté au 21/11/2011 par SHI Lei

Au MIPIM de Hong-kong, le ministre de la Ville évoque l’intérêt des investisseurs asiatiques pour le projet, qu’il définit comme un des axes majeurs du quinquennat présidentiel.

Le Ministre de la Ville chargé du Grand Paris présente ce matin en ouverture du Marché International des Professionnels de l’Immobilier Asia, les atouts et les ambitions du projet du Grand Paris. A quelques heures de son intervention, il se confie à ALC, évoque l’intérêt des Hong-kongais et des investisseurs asiatiques pour le Grand Paris, qu’il définit comme un des axes majeurs du quinquennat présidentiel.

Pourquoi avoir choisi de présenter le Grand Paris lors du MIPIM Asia ?

Maurice Leroy : J’ai tenu à répondre à l’invitation chaleureuse de ma collègue Carrie Lam, Ministre du développement, en charge des infrastructures et de l’aménagement du territoire à Hong Kong, avec laquelle j’ai eu une réunion de travail dès mon arrivée ici. Lorsque je l’avais reçue à Paris nous avions eu des échanges très positifs sur le projet du Grand Paris qui intéresse beaucoup le gouvernement hongkongais. J’avais pris l’engagement au nom du gouvernement français de venir ouvrir le MIPIM Asia qui est le salon incontournable des professionnels de l’immobilier en Asie.

Cette présentation est -elle également une opportunité pour séduire des investisseurs asiatiques ?

Le Grand Paris n’est pas à vendre ! Il est à diffuser, à exposer ! Nous sommes très regardés par le monde entier. Dans mes échanges avec les différents ministres, j’ai pu constater que les grandes capitales mondiales avaient des problèmes de développement durable similaires.

Nous sommes tous d’accord sur le besoin de construire la ville durable, la ville post Kyoto et raisonnons maintenant avec le concept de « ville monde ». Ici par exemple à Hong Kong, nous avons évoqué avec ma collègue les problèmes d’énergie, le développement des véhicules électriques : ce sont aussi des problèmes qui se posent chez nous en France. C’est important de pouvoir échanger sur tous ces projets et puis de nous enrichir de nos différences, de nos expériences respectives.

J’essaye d’être l’ambassadeur du projet voulu pensé, conçu par notre Président de la République Nicolas Sarkozy, que ce soit à Doha, à Abu Dhabi, à Londres où ici même à Hong Kong qui est une place financière majeure y compris en termes d’investissements et d’investisseurs. Avec 32,4 milliards d’euros d’investissements dont 20 milliards d’euros consacrés uniquement au nouveau schéma général de transport en commun de futur métro automatique à l’horizon 2024-2025, le Grand Paris est un projet qui effectivement intéresse les investisseurs.

Pour ces investisseurs justement, quels sont les atouts du Grand Paris ?

C’est un projet très avant -gardiste par rapport au développement durable, à la ville durable. Les investisseurs sont également très sensibles à l’irréversibilité du projet, à sa durabilité, ils n’aiment pas bien les yoyos politiques ! Le Grand Paris voulu par le Président de la République est aujourd’hui adopté à l’unanimité de toutes les forces politiques françaises. Je crois que c’est assez rare pour que nous puissions le relever. Le Grand Paris ça marche, c’est lancé, c’est un projet qui va avancer jusqu’en 2025 et il n’y aura pas de retour en arrière.

Le Président de la République a eu cette volonté forte, d’abord avec Christian Blanc puis avec Michel Mercier, ensuite avec moi, d’aller au bout de ce projet. C’est un projet qui va compter, ce sera certainement l’un des trois axes majeurs du premier quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec la réforme des universités et celle des retraites.

Des investisseurs chinois pourraient – ils mettre des conditions à leur participation au Grand Paris en imposant par exemple leurs entreprises de construction pour des infrastructures ?

Paris est une ville ouverte sur le monde entier mais si le projet du Grand Paris est « ouvert », nous n’en sommes pas au troc « donne moi le sel et je te passerai le poivre » ! Le réseau de transport par exemple va exister sans les investisseurs internationaux. Nous ne faisons pas la quête !

Le grand Paris pour l’essentiel est financé. C’est la force de ce projet et ce malgré une crise internationale lourde que le monde n’a pas connue depuis les années trente. Ce projet est financé, budgétisé et nous n’allons pas à la pêche aux subventions. Mais autour du Grand Paris il y a vraiment des opportunités pour les investisseurs étrangers d’investir pleinement dans nos pôles de développement économique de façon raisonnée et raisonnable. Nous ne devons pas avoir des choses anarchiques mais un schéma directeur différent qui aménage durablement le territoire francilien en sachant dépasser les frontières départementales.