Jean-Pierre Raffarin : La Chine au premier plan pour aider l’Europe à sortir de la crise

Ajouté au 21/10/2011 par SHI Lei

La Chine est un partenaire mondial de premier plan dans la crise de la dette européenne
Avec son grand nombre de réserves en euro et ses investissements en Europe, la Chine est un acteur important de la situation économique européenne. « Tous les interlocuteurs chinois que j’ai rencontrés depuis mon arrivée expriment leurs préoccupations, mais aussi leurs dispositifs », a dit l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, en répondant à une question sur le rôle joué par la Chine dans le sauvetage de la crise de la dette en Europe, lors d’une rencontre avec les médias le 14 octobre à Beijing. « On verra à l’occasion du sommet du G20 à Cannes, qui aura lieu le 3 novembre, que la France et la Chine ont une vision internationale, dans laquelle, au fond, la Chine a des positions qui sont voisines de celles de la France ». Les deux pays croient que la maitrise de l’endettement ne peut passer que par des réformes. Selon M. Raffarin, durant les précédents sommets de Pittsburgh et Londres, la Chine a démontré sa détermination et sa capacité à faire face à la crise. Le prochain sommet à Cannes devrait donc être un laboratoire, tant pour la crise actuelle que pour la Chine. « Nous comptons sur ce sommet pour que les grands acteurs de l’économie mondiale envoient un message de nature à rassurer les acteurs économiques et financiers », a-t-il ajouté.

Les barrières du commerce sont des drogues douces

M. Raffarin a également partagé ses idées sur la récente adoption du projet de loi du Sénat américain sur la réforme du taux de change. « Dans la conception parlementaire française, le rôle des parlements n’est pas de fixer la parité monétaire des autres monnaies, notamment des monnaies étrangères. Les États-Unis, envers lesquels nous sommes reconnaissants de nous avoir appris quelques principes du libéralisme économique et politique, sur ce sujet, ne sont pas très libéraux », a souligné M. Raffarin. Depuis 2008, les États sont revenus au premier plan parmi les acteurs économiques, après une période de dérégulation et de dérèglementation. Selon lui, il faut faire attention à la tentation du protectionnisme. « L’intervention de l’État avait un aspect très positif, qui est de corriger les erreurs qu’un certain nombre d’acteurs privés avaient développées. Pour la défense des citoyens, l’intervention des États est un élément important. Mais il ne faut pas passer de cette intervention de l’État à un excès de nationalisation qui débouche sur le protectionnisme ». Il considère que le protectionnisme accélérerait aujourd’hui la crise et que les barrières sont des drogues douces qui peuvent donner une satisfaction de court terme, mais fragilise les échanges à moyen terme. « C’est par la régulation que nous pourrons équilibrer les échanges et non pas par le protectionnisme ».

Les étudiants sont les acteurs de la relation franco-chinoise
La France a récemment durci sa politique d’immigration. D’une part, depuis le début de l’été, les étudiants étrangers diplômés en France du supérieur ont du mal à obtenir des permis de travail, à cause de la circulaire Guéant du 31 mai visant à réduire le nombre de visas accordés aux travailleurs d’origine étrangère. De l’autre, de nouvelles règles ont été fixées pour les candidats à la nationalité française. Il faut désormais un diplôme de français pour pouvoir devenir Français. Ces deux évènements, qui ne vont certainement pas favoriser l’augmentation du nombre d’immigrés en France, méritent l’attention, car selon certains analystes, la France a besoin de plus d’immigrés pour redresser son économie.

« Nous sommes attentifs à ce que les populations immigrées puissent s’intégrer dans la société française, notamment à travers l’emploi. Nous aurons des discussions, notamment à l’Assemblée, pour veiller à ce que l’on tienne compte de la capacité de s’intégrer par l’emploi dans la société pour délivrer les permis de séjour après une formation en France pour les étudiants étrangers », a déclaré M. Raffarin. Le mot « talent » est entré dans la politique d’immigration de la France avec des visas accordés pour des gens dont le talent a été identifié comme les rendant capables de s’intégrer à la société française. « La France est parfaitement consciente qu’elle a besoin d’un certain nombre de talents. Nous sommes très attentifs sur cette question lorsque nous accueillons les étudiants chinois ou autres dans les universités et écoles françaises. Le débat parlementaire montrera probablement l’intérêt que nous avons dans notre pays pour développer l’accueil des étudiants étrangers, d’abord en formation et ensuite dans notre économie », a-t-il ajouté. M. Raffarin a souligné que la France souhaite accueillir plus d’étudiants chinois en France et il a souhaité que plus d’étudiants français viennent en Chine, car, selon lui, les étudiants sont les acteurs de la relation franco-chinoise.

 
Information relative :
Du 13 au 18 octobre, l’ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin conduit en Chine une délégation de 50 membres, dont 25 jeunes et 25 dirigeants de PME françaises, dans le programme d’échange décidé conjointement il y a un an par les présidents Hu Jintao et Nicolas Sarkozy.

Dimanche 16 octobre, l’ex-premier ministre français est parti pour Chengdu, capitale de la province du Sichuan, pour assister à la cérémonie d’ouverture de la 12e Exposition internationale de l’ouest de la Chine.