Les PME françaises en Chine : Yes, they can … !

Ajouté au 19/09/2011 par SHI Lei

L’implantation des PME françaises en Chine a été très dynamique dans la décennie 2000, à la suite de l’adhésion de la Chine à l’OMC. Leur objectif premier est de servir le marché chinois : la production en Chine est essentiellement destinée au marché local, où se réalise l’essentiel des ventes. Leur installation est fréquemment couronnée de succès, même s’ils sont ardus à obtenir, et le développement de ses PME en Chine entraîne pour la France des effets positifs. Les solutions pour appuyer leur développement consistent à les sortir de l’isolement dans lequel elles se trouvent.
L’étude des petites et moyennes entreprises (PME) françaises en Chine se doit de retenir une approche large de ce concept : son champ doit en effet inclure non seulement les micro-entreprises et les Très petites entreprises (TPE) (plus petites), mais également les entreprises de taille intermédiaire (ETI) (plus grandes) ; elle doit aussi inclure les sociétés de droit chinois, créées par des Français expatriés en Chine et ayant gardé un lien avec la France (notamment, par des exportations de biens et de services). Cette approche élargie permet de servir l’ensemble des intérêts économiques français liés à l’installation dans ce pays.

L’arrivée des PME françaises (et étrangères) en Chine ne démarre significativement qu’à partir de 2001, lorsque les concessions faites par la Chine pour son entrée à l’OMC entraînent une libéralisation des conditions d’installation, notamment en élargissant les possibilités d’utiliser le statut d’entreprise à capitaux 100 % étrangers. Ce statut sera alors celui privilégié par les PME (comme par les grandes entreprises) pour leur implantation, qu’il va permettre d’accélérer. Tous les domaines d’activité autorisés par la loi chinoise sont concernés, des services à l’industrie, même si la structure de l’économie de la Chine, qui reste majoritairement industrielle, tend à faciliter ce secteur.

 
Les zones de prédilection sont en premier lieu Shanghai, puis le Guangdong et enfin Pékin. Le centre et l’ouest restent très peu couverts par les PME, hormis certaines villes de présence française, comme Wuhan et Tianjin, du fait de difficultés accrues d’opérer dans ces provinces et bien qu’elles présentent de fortes opportunités commerciales pour les années à venir.

L’installation des PME françaises en Chine procède de plusieurs causes : recherche d’un surcroît de compétitivité ; prolongation d’une approche entamée avec des échanges commerciaux ; besoin d’amortir les fluctuations du taux de change de l’euro. Quoi qu’il en soit, leur objectif premier en s’implantant en Chine est de servir le marché chinois : la production en Chine est essentiellement destinée au marché local, où se réalisera l’essentiel des ventes, et secondairement aux pays de la périphérie. La Chine peut toutefois aussi permettre l’élaboration d’une offre pour les marchés émergents, voire constituer une plateforme de sourcing. Les activités de R&D s’y développent depuis quelques années.

Pour les PME, l’installation est fréquemment couronnée de succès, même s’ils sont ardus à obtenir ; pour la France, l’installation et le développement de ses PME en Chine entraînent des effets en majorité positifs, en termes d’exportations, d’emplois, plus rarement de rapatriement de flux financiers (le plus souvent réinvestis sur place) ainsi que de gains d’efficacité tirés de cette expérience.

Les PME font face, encore plus que les grandes entreprises, à des difficultés d’installation : leur situation et leurs difficultés sont souvent mal comprises par leur siège en France ; de nombreux secteurs du marché chinois ne sont pas encore arrivés à maturité, alors que la concurrence s’accroît de la part des entreprises chinoises. Par ailleurs, le développement de la Chine ne va pas toujours de pair avec son ouverture et les PME souffrent, encore plus que les grands groupes, du resserrement des conditions d’investissement dans ce pays : abrogation des avantages fiscaux dont bénéficiaient les entreprises étrangères ; conditions resserrées d’autorisation des IDE ; protection de la propriété intellectuelle qui s’améliore, mais reste insuffisante, dans un contexte où la Chine cherche à faciliter les transferts technologiques au bénéfice des entreprises nationales ; autres contraintes propres à la Chine…

En outre, en Chine comme ailleurs – mais plus qu’ailleurs – les PME se heurtent à des difficultés d’accès au crédit de la part des banques chinoises ou étrangères ; cette pénurie de capitaux pénalise leur activité, notamment en phase de démarrage. Par ailleurs les relations avec leurs clients, leurs fournisseurs, leurs distributeurs, leurs partenaires de co-entreprise et les autorités s’avèrent souvent difficiles. De même, la gestion des ressources humaines pose des difficultés croissantes : recrutement et rétention du personnel ; capitalisation du savoir technique et instauration d’une culture d’entreprise ; judiciarisation des relations de travail, du fait du renforcement de la réglementation du travail, dont le contrôle semble peser avec une attention particulière sur les entreprises étrangères.

Les solutions à mettre en place pour appuyer le développement des PME françaises en Chine consistent toutes à sortir de l’isolement dans lequel se retrouve souvent enfermé le dirigeant de PME : d’un point de vue financier, mobiliser des crédits ; d’un point de vue des services d’expertise, dont manquent les PME en interne, mobiliser cette expertise de manière coordonnée et élaborer un parcours à leur installation et à leur développement en Chine ; encourager les échanges d’expérience entre les PME et développer l’accompagnement de celles-ci par les grands groupes, sur le modèle allemand, au lieu d’une arrivée en ordre dispersé. Enfin – dans le même état d’esprit – mettre en place des centres d’entreprise, soit pour l’accueil de structures administratives, soit pour l’installation de sites de production.

En définitive, les PME françaises réussissent bien en Chine, à l’instar des grandes entreprises, mais dans des conditions encore plus ardues. Il est nécessaire et possible de faciliter leur développement, en abaissant les barrières qui se dressent sur leur parcours : l’ouverture du marché chinois se fera de manière progressive, au gré de la volonté des autorités, sur laquelle les demandes étrangères ont un poids tout relatif. Dans ce contexte, il apparaît pertinent de mieux mobiliser les ressources dont disposent les PME, en faisant une utilisation plus efficace et mieux coordonnées de celles-là : en quelque sorte, les barrières ne s’abaisseront pas, mais l’aptitude des PME à les franchir s’en trouvera accrue.