La crise de la dette offre une nouvelle opportunité pour l’interaction sino-européenne

Ajouté au 19/09/2011 par SHI Lei

Au moment où l’Europe s’efforce d’enrayer la crise de la dette, la Chine lui apporte son aide, ce qui pourrait offrir une nouvelle occasion pour que de nombreux Européens cessent de considérer la Chine comme une menace et commencent plutôt à la voir comme un partenaire économique responsable.

Dernier exemple en date qui reflète les bonnes intentions de la Chine, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Jiang Yu, en réponse à la question de savoir si la Chine achèterait des obligations italiennes, a réaffirmé mardi que l’Europe demeurerait l’un des plus grands marchés pour les investissements chinois.

Seulement douze jours auparavant, le Premier ministre chinois Wen Jiabao, lors d’une conversation téléphonique avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a fermement soutenu le marché européen en affirmant que la Chine avait toujours confiance en l’économie européenne et l’euro, et qu’elle continuerait à faire de l’Europe l’un de ses principaux marchés pour les investissements.

La crise de la dette européenne a d’abord éclaté en Grèce en 2009, puis s’est étendue au reste du continent. La Grèce, criblée de dettes, aspirant à un sauvetage efficace, est confrontée à un risque inquiétant mais bien réel de défaut de paiement, tandis que de nombreux pays européens sont également enlisés dans une grave crise des dettes souveraines.

Dès le début, afin d’aider les pays européens à surmonter la crise, le gouvernement chinois a adopté une série de mesures positives telles que l’augmentation de ses avoirs sous forme d’obligations libellées en euros, ou encore la promotion de sa coopération économique et de ses investissements en Europe.

La Chine, en tant que le plus gros détenteur étranger d’obligations du Trésor américain (elle en détient désormais pour un montant de plus de 1 100 milliards de dollars), cherche à diversifier ses réserves en devises étrangères par un ensemble de mesures, dont celle qui consiste à se tourner vers les obligations en euros.

Cela permettra de rendre le monde moins dépendant du dollar américain, actuellement considéré comme la seule monnaie de réserve mondiale, et de commencer à évoluer vers un système multipolaire de monnaies de réserve.

Cela profitera aussi bien à l’Europe qu’à la Chine, et aidera à établir un ordre financier international plus stable et plus rationnel.

Aujourd’hui, l’Union europénne (UE) est le plus grand partenaire commecial de la Chine, tandis que la Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de l’UE. Au cours de sa visite en Europe en juin dernier, le Premier ministre Wen Jiabao et ses homologues britannique et allemand ont exprimé leur ambition de faire passer le commerce entre la Chine et le Royaume-Uni de 60 milliards de dollars en 2010 à 100 milliards en 2015, et de presque doubler le commerce entre la Chine et l’Allemagne durant la même période pour atteindre 280 milliards de dollars en 2015.

L’Europe, qui bénéficie du soutien crucial de la Chine dans la crise de la dette, pourrait de son côté aider à renforcer les relations sino-européennes en prenant certaines mesures pragmatiques et substantielles pour montrer sa sincérité et sa bonne volonté dans son interaction avec la Chine.

Par exemple, l’UE n’a pas encore reconnu le statut d’économie de marché de la Chine et impose encore un embargo sur les armes à son encontre. La Chine considère qu’il s’agit là de mesures discriminatoires.

Si des mesures positives sont adoptées par l’UE sur ces questions, cela permettra de renforcer la confiance entre la Chine et l’Europe.

Ce faisant, l’UE montrerait aux Chinois qu’elle reconnaît le fait que la Chine a fait de grands progrès dans ses réformes en faveur d’une économie de marché au cours de ces 30 dernières années et qu’elle est une force constructive pour le maintien de la paix et de la stabilité au niveau régional et mondial.