François Baroin évoque la création d’un groupe de travail franco-chinois pour parler de la convertibilité du yuans

Ajouté au 29/08/2011 par SHI Lei

Le 26 août 2011, le ministre français de l’Économie François Baroin, lors d’une conférence de presse organisée à Beijing (Photo de Charles Giron-Michel)

Durant l’entretien de trois heures qui s’est déroulé jeudi entre le président français et son homologue chinois, les deux chefs d’État ont bien sûr abordé la situation économique en Europe, mais ils ont également discuté de divers thèmes qui seront évoqués durant la prochaine rencontre du G20, notamment la convertibilité du yuan.

Le ministre français de l’Économie François Baroin, qui accompagnait Nicolas Sarkozy à l’occasion de ce déplacement et qui a pu s’entretenir avec le vice-premier ministre Wang Qishan, le ministre des Finances Xie Xuren et le gouverneur de la Banque centrale Zhou Xiaochuan, est resté un peu plus longtemps dans la capitale chinoise et y a organisé une conférence de presse à l’ambassade de France.

Alors que les interrogations portent désormais sur la capacité de la France à conserver son triple A auprès des agences de notations, François Baroin a tenu à expliquer à ses interlocuteurs chinois les décisions prises par le gouvernement français pour respecter ses objectifs de consolidation budgétaire.

Plus largement, « toutes les mesures de redressement des finances publiques par les pays européens seront la contribution de la zone euro à la réduction des déséquilibres mondiaux », indique-t-il. Le ministre souhaite en outre souligner les points positifs de l’économie française, à savoir le dynamisme de la population active et le rebond de la confiance des industriels en matière d’investissement d’ici la fin de l’exercice fiscale.

Un point important des discussions portait sur la convertibilité du yuan.

« Nous avons comme objectif d’élaborer, avec notre partenaire et ami chinois, un sentier pour faire du yuan une monnaie internationale librement convertible, dont l’usage reflèterait son ouverture commerciale et son poids économique », a expliqué le ministre.

Un groupe de travail chargé d’étudier cette question sera mis sur pied par la Chine et la France, avec comme objectif de livrer des propositions pour le sommet du G20 à Cannes. Il sera composé de membres du ministère des Finances français et de personnes choisies par le gouvernement chinois.

Concernant la crise des dettes et les solutions qui ont émergé à travers des discussions entre Berlin et Paris, François Baroin a indiqué que la France et l’Allemagne combinées représentent près de la moitié de la richesse européenne, et l’axe franco-allemand « se veut le plus efficace possible pour répondre cette tension de la dette souveraine qu’un certain nombre de pays en Europe, et singulièrement dans la zone euro, traversent. »

Si la mutualisation des dettes européennes n’est pas à l’ordre du jour, François Baroin a exprimé sa volonté de parvenir à un accord visant à réformer la gouvernance de la zone euro. La priorité, précise le ministre, est d’abord de bien mener les plans économiques qui sont engagés dans les pays européens et d’atteindre les objectifs en matière de déficits, « pas aujourd’hui, de parler d’émissions d’obligations à l’échelle européenne ».

François Baroin ajoute que cette discussion « viendra en son temps ».