L’accident ferroviaire de Wenzhou :« Tout m’a été pris »

Ajouté au 29/07/2011 par SHI Lei

Il n’y a pas eu de miracle ici. Après être entrés dans une salle où l’espoir était encore permis, les proches des victimes ressortent en larmes.

« Je suis comme mort maintenant, tout m’a été pris », soupire Yang Feng en essayant de contenir son émotion dans la chambre funéraire de Wenzhou. Il a perdu quatre membres de sa famille, dont sa femme et sa belle-mère, dans la collision ferroviaire meurtrière qui a eu lieu samedi.

Sa femme était enceinte de sept mois, le couple venait de fêter son premier anniversaire de mariage. Yang tente en vain de ravaler ses sanglots. « Cela fait cinq vies, cinq », crie-t-il. Il vient d’identifier sa femme à partir de photographies.

Sa tristesse se transforme vite en colère. « Comment les fonctionnaires du rail peuvent-ils ne pas venir et présenter leurs condoléances ? N’ont-ils aucune conscience ? J’ai même dû trouver cet endroit par mes propres moyens ». Yang Feng recherchait sa femme et ses proches depuis son arrivée sur le site de l’accident.

À côté, une mère venue de la province du Fujian s’évanouit. On vient de lui apprendre que sa fille est décédée dans la catastrophe.

Les autorités de Wenzhou ont annoncé qu’une dizaine de corps restaient à identifier.

Pour Yang, originaire du Zhejiang, le temps s’est arrêté à 20 h 11 samedi lorsqu’il a reçu un dernier SMS de son épouse, Chen Bi. Elle lui disait simplement que le train s’était « arrêté pour un moment ».

Le lendemain, il s’est précipité vers le site avec son jeune frère et a escaladé la voiture où il pensait que ses proches étaient bloqués. Le désespoir s’est installé lorsque les sauveteurs ont ensuite annoncé qu’ils étaient incapables d’ouvrir et de déplacer la voiture endommagée.