La coopération économique Chine-Afrique: vers un avenir partagé

Ajouté au 29/07/2011 par SHI Lei

Des rangées de maisons peintes en jaune et construites dans le style africain bordent une route goudronnée; le maïs planté dans de vastes espaces devant ces habitations pousse à merveille et porte déjà ses premiers épis… Voilà un nouveau quartier de relogement aménagé pour les personnes déplacées d’une région d’exploitation du diamant en banlieue de la ville de Mutare, dans l’est du Zimbabwe.

Financé et construit par le Groupe de construction économique étrangère de l’Anhui (AFECC), une société d’ingénierie chinoise, ce petit joyau d’urbanisme s’étend sur huit kilomètres carrés et possède une école, un hôpital, une mini-centrale électrique, une usine d’eau potable et même, un réseau d’irrigation.

“Nous habitions dans une région montagneuse riche en diamant, mais nous n’avions ni technique ni argent pour exploiter ce trésor […] Le nouveau cadre de vie nous redonne de l’espoir”, se réjouit un habitant appelé Sgok, tout sourire. Cet homme, qui ne connaissait jadis que le labour et l’élevage, excelle maintenant dans son métier de charpentier, grâce à une formation chinoise.

De fait, les personnes comme Sgok sont nombreuses au Zimbabwe, l’un des pays bénéficiaires des retombées de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l’Afrique.

La coopération économique et commerciale sino-africaine, dont la bonne santé est illustrée par des projets gigantesques comme la ligne de chemin de fer Tanzanie-Zambie et le nouveau siège de l’Union Africaine, se trouve, selon le Livre blanc sur la coopération économique et commerciale sino-africaine publié par le gouvernement chinois en décembre 2010, “à un nouveau point de départ historique” du développement.

En Algérie, le mégaprojet de transfert d’eau potable d’In Salah vers Tamanrasset, dont les travaux ont été confiés à quatre entreprises chinoises en partenariat avec les Algériens de Cosider, a été inauguré en avril dernier. Aux dires du ministre algérien des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, le projet est “un rêve” venu étancher la soif de quelque 97 000 habitants de la capitale de l’Ahaggar et de milliers de citoyens habitant les localités environnantes.

En Maurtanie, une convention de pêche a dernièrement été signée ente le pays et l’opérateur chinois Poly Technology inc (PTI). “Il s’agit d’une convention unique de son genre, elle génère 2 400 opportunités d’emplois permanents, crée de la valeur ajoutée pour les espèces pélagiques et contribue au transfert des technologies”, a indiqué l’ambassadeur de Chine en Mauritanie, Chen Gonglai.

Au Mali, l’aide financière chinoise a également permis la réalisation d’infrastructures plus récentes comme le Palais des Congrès de Bamako, le Stade du 26 Mars de 50 000 places, la construction de stades et d’écoles rurales.

En République du Congo, le gouvernement, conscient des problèmes de télécommunication, a décidé dès 2006 de confier à la Chine la mise en oeuvre du projet de couverture nationale dans le but de réduire efficacement la fracture numérique entre le Congo et les pays du nord.

Face à la récession et à la crise économique mondiale, la Chine et l’Afrique, qui se trouvaient presque au même niveau de développement il y a 30 ans, se sont rendues compte qu’elles sont des partenaires naturels pour établir un ordre politique et économique international, juste et équitable.

Or, certains médias et spécialistes ont insinué que l’engagement de la Chine à l’égard de l’Afrique a tout simplement pour objectif de puiser des ressources dans ce continent. Certains sont allés jusqu’à taxer la présence chinoise en Afrique de “néocolonialisme”, malgré le fait que la relation sino-africaine soit mutuellement avantageuse et que Beijing attache de l’importance à tous ses partenaires africains, qu’ils soient riches en ressources naturelles ou non.

“Il y a plus d’un demi-siècle, on parlait déjà du ‘péril jaune’. On ne l’a jamais vu. On ne le verra pas en Afrique. Une certaine propagande veut simplement créer chez nous des réflexes négatifs de peur, mais les Africains sont majeurs et savent ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas. La coopération chinoise est la bienvenue. Elle est rapide et efficace”, a souligné le président sénégalais Abdoulaye Wade lors d’une interview accordée à l’agence Xinhua.

Les faits en sont également la preuve. La Chine joue depuis longtemps un rôle de taille dans l’aide étrangère en Afrique. Elle a jusqu’à aujourd’hui construit, dans le cadre de son assistance, plus de 2 000 km de chemins de fer, 3 000 km d’autoroutes, 100 écoles et 60 hôpitaux sur le continent africain. Elle a également réduit ou réévalué la dette africaine à hauteur de plus de 20 milliards de yuans, soit 3,08 milliards de dollars.

En outre, la Chine a mis en place, depuis 2009, 20 centres de démonstration agricole, 30 centres de lutte contre le paludisme et 100 projets d’énergies renouvelables, autant de projets qui manquent cruellement en Afrique.

“La Chine ne nous impose rien parce que nous entretenons un partenariat respectueux et mutuellement avantageux”, a estimé M. Coulibaly, un conseiller aux affaires étrangères du Mali.

“L’engagement fait par la Chine envers l’Afrique ne vise pas seulement à trouver des ressources dont elle a besoin, à créer des emplois pour les Chinois, à exploiter des ressources et à améliorer les infrastructures pour l’Afrique, mais aussi et surtout à façonner l’avenir : l’avenir de la Chine comme l’avenir de l’Afrique”, a souligné Ye Hailin, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, dans un article récemment publié dans le journal International Herald Leader.

De plus, le développement rapide de la Chine, le plus grand pays en développement, est un exemple pour l’Afrique, le continent qui réunit le plus grand nombre de pays en développement.

“L’Afrique doit s’inspirer des succès du développement de la Chine, accélérer la construction d’infrastructures, moderniser ses modèles de développement économique et réaliser une croissance économique rapide et durable”, a noté Jennifer Blanke, la chef du Réseau de la compétitivité mondiale du Forum économique mondial (WEF), lors du 21e Forum économique mondial sur l’Afrique organisé en mai au Cap, en Afrique du Sud.