14 juillet 2011 – Allocution de l’Ambassadeur

Ajouté au 15/07/2011 par SHI Lei

Je suis très heureuse et très honorée de vous accueillir aujourd’hui pour la célébration de la fête du 14 juillet. Je me réjouis de vous voir si nombreux à mes côtés, tous ici rassemblés par les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que nous célébrons en ce jour spécial ainsi que par l’amitié qui nous unit, cette amitié ancienne et chaque jour plus profonde entre la France et la Chine…
Passage en italique : prononcé en chinois

Madame la vice-Ministre,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues,
Mesdames et Messieurs, chers compatriotes et chers amis de la France,

Je suis très heureuse et très honorée de vous accueillir aujourd’hui pour la célébration de la fête du 14 juillet. Je me réjouis de vous voir si nombreux à mes côtés, tous ici rassemblés par les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que nous célébrons en ce jour spécial ainsi que par l’amitié qui nous unit, cette amitié ancienne et chaque jour plus profonde entre la France et la Chine.

Je voudrais d’ailleurs, au nom de cette amitié qui m’est, à titre personnel, si chère et si précieuse, saisir cette occasion pour prononcer quelques mots en chinois. Vous savez tous en effet que mon attachement à la Chine est ancien. Avant de revenir à Pékin en mars dernier en tant qu’Ambassadeur, j’avais déjà eu la chance et le bonheur, il y a maintenant une trentaine d’années, de passer quelques années en Chine, en tant que jeune diplomate et avant cela même, en tant qu’étudiante. Je garde de cette période un souvenir ému, celui d’une époque où s’annonçaient déjà les grands changements dont nous sommes les témoins aujourd’hui et dont je suis extrêmement admirative. Ainsi, quel chemin parcouru par la Chine depuis lors !

La Chine que je retrouve aujourd’hui est en effet plus forte, prospère, mûe par une insatiable volonté de développement, résolument tournée vers le monde et vers l’avenir. La France peut être fière d’avoir fait, très tôt, le choix d’accompagner aussi étroitement que possible la Chine dans cette extraordinaire mutation. Il y eut, bien sûr, la décision pionnière de 1964 du Général de Gaulle de reconnaître la République populaire de Chine. Il y eut ensuite, à partir de 1997, cette innovation que constitua la mise en place de notre partenariat global stratégique.

Au-delà, il y a, depuis plus de 30 ans, la concrétisation entre nos deux pays de coopérations et de partenariats de long terme dans des domaines toujours plus nombreux, qu’ils soient d’ordre économique, culturel, universitaire ou scientifique. Notre relation bilatérale, si particulière et si dense, est aujourd’hui riche et forte de tous ces liens noués au fil du temps, qui la portent et la rendent inaltérable, en dépit des difficultés et des divergences qui peuvent parfois survenir.

Cette relation, la France a, depuis toujours, souhaité qu’elle soit conforme aux valeurs que nous célébrons aujourd’hui, et donc empreinte de fraternité, d’égalité et de liberté :

•fraternité, car c’est toujours dans un esprit de solidarité et de proximité que la France a accompagné la réémergence de la Chine sur la scène mondiale et que nos deux pays, membres du Conseil de sécurité des Nations unies, travaillent aujourd’hui, main dans la main, à affronter efficacement les défis qui se posent au monde multipolaire qui est le nôtre, ainsi que l’illustre parfaitement notre coopération exemplaire au sein du G20 ;
•égalité ensuite, car la France et la Chine se parlent, depuis toujours, d’égale à égale, dans un respect mutuel de leurs situations et trajectoires réciproques qui n’exclut pas une franchise qui est le propre de l’amitié et de la considération que nos deux nations se portent ;
•liberté enfin, car la France, dont le peuple a, voici 222 ans, conquis les armes à la main sa liberté et sa souveraineté, attache une importance particulière, dans sa relation au monde et avec ses partenaires, à ce que cette aspiration universelle de tous les peuples, si chère à Victor Hugo, puisse trouver sa juste expression.
Sur la base de ces valeurs et sur ces fondements solides, notre relation bilatérale doit continuer de se développer. Il nous appartient de continuer, ensemble, à en creuser le sillon, pour l’ancrer durablement dans la réalité du XXIème siècle. Pour cela, il nous faut aujourd’hui continuer d’innover, prendre appui sur l’élan nouveau donné par les Présidents Nicolas Sarkozy et Hu Jintao pour tracer de nouvelles perspectives de coopération et d’action.

Le premier semestre 2011 a été marqué par une densité exceptionnelle d’échanges et de contacts entre nos deux pays Après la visite du Président de la République à Pékin et Nankin les 30 et 31 mars dernier, pas moins de treize ministres et personnalités françaises de haut niveau se sont succédés en Chine d’avril à juin. Dans le même temps, plusieurs responsables chinois de premier plan se sont rendus en France, depuis la visite d’Etat en novembre dernier du Président Hu Jintao.

Le second semestre 2011 et l’année qui vient seront tout aussi riches d’événements bilatéraux d’importance. Outre la prochaine visite en Chine du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères et européennes, nous aurons l’honneur et le plaisir d’accueillir à nouveau en France début novembre le Président Hu Jintao, pour le Sommet du G20 de Cannes. Dans le cadre des années linguistiques croisées, nous allons aussi lancer très prochainement l’année du français en Chine.

Je me réjouis tout particulièrement de cette initiative, car je crois que l’avenir de nos relations passe par un renforcement des échanges culturels et humains entre nos deux peuples. Nous devons donner à nos entrepreneurs, à nos intellectuels, à nos scientifiques, à nos artistes, et plus encore à nos étudiants et à tous les jeunes Chinois et Français qui seront demain les acteurs de nos relations, les moyens de mieux échanger, de mieux se connaître, de mieux se comprendre. C’est notamment dans ce but que nous venons, par exemple, de lancer le programme de bourses « France Excellence » destinés aux étudiants chinois désirant poursuivre un master en France. Je salue d’ailleurs les étudiants de la première promotion de ce programme, présents parmi nous aujourd’hui, et leur adresse tous mes vœux de réussite ! Je voudrais aussi, sur le plan culturel, me féliciter du succès rencontré par la sixième édition du festival « Croisements », qui est aujourd’hui le plus grand festival culturel français à l’étranger et qui illustre bien la vitalité des échanges culturels entre la France et la Chine.

Nous devons aussi, tous ensemble, travailler à consolider et développer nos coopérations et nos relations économiques et commerciales. Forts des succès éprouvés dans ce domaine au cours des dernières années, que ce soit dans les grands secteurs structurants de notre coopération économique, tels, par exemple, l’aéronautique ou le nucléaire, ou dans l’implantation réussie de nombreuses firmes françaises en Chine – pas moins de 2200 aujourd’hui ! -, je sais que nous pouvons faire davantage et mieux encore. Le potentiel économique des secteurs traditionnels d’activité n’est pas épuisé, quand l’émergence de nouveaux enjeux globaux offre de nouvelles perspectives d’activité pour les entreprises françaises en Chine, que ce soit, par exemple, dans le domaine du développement durable, dans celui de la santé ou dans celui des services financiers. Ces opportunités existent sur l’ensemble du territoire chinois, et nous devons répondre aux attentes de nos partenaires chinois en diversifiant davantage la localisation de nos investissements et de nos coopérations. En outre, une marge de progression importante existe pour dynamiser encore davantage nos investissements bilatéraux, en veillant à garantir équité d’accès au marché et respect de la propriété intellectuelle.

Voici, très rapidement, les quelques pistes d’action sur lesquelles je souhaite voir, dans les prochains mois, porter nos efforts pour accroître encore davantage la présence de la France en Chine et pour renforcer les liens de confiance et d’amitié qui existent entre nos deux pays.

Cette tâche est exaltante, et je compte m’y employer sans relâche. Je me réjouis de pouvoir compter, chers compatriotes, grâce à votre contribution à tous, dans vos domaines respectifs, sur une Equipe de France performante, déterminée à porter haut en Chine les couleurs de notre pays. Je sais aussi pouvoir compter dans cette entreprise, chers amis chinois ici rassemblés pour célébrer avec nous les valeurs du 14 juillet, sur votre fidélité et sur votre concours. Sans vous, rien de ce que nous accomplissons chaque jour pour l’approfondissement de la relation entre la France et la Chine ne serait véritablement possible. Je vous en remercie de tout cœur, et je souhaite, à toutes et à tous, une excellente fête du 14 juillet !

Je vous remercie.