Christine Lagarde : le FMI contribuera à l’internationalisation de la monnaie chinoise

Ajouté au 13/06/2011 par SHI Lei

Le 9 juin, Mme Christine Lagarde, ministre française des Finances, rencontre des journalistes lors d’une conférence de presse à Beijing dans le cadre de sa visite en Chine du 8 au 9 juin. (Photo: ZHU Ying/China.org.cn)
« Le processus de l’élection du directeur du FMI doit être ouvert, transparent et sélectionner le meilleur sans se soucier de sa nationalité », a déclaré aujourd’hui Mme Christine Lagarde, ministre française des Finances, lors d’une conférence de presse à Beijing dans le cadre de sa visite en Chine du 8 au 9 juin.

Avant de se rendre en Chine, Mme Lagarde a visité le Brésil et l’Inde en quête de soutiens plus larges. Afin de favoriser sa candidature au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), elle a effectué une tournée des pays émergents.

Elle a rencontré à Beijing M. Wang Qishan, vice-premier ministre chinois, M. Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque populaire de Chine, et M. Xie Xuren, ministre chinois des Finances. Ils ont abordé sa candidature, la réforme de l’institution, la conjoncture économique de la Chine, ainsi que le G20.

Concernant le soutien chinois à sa candidature au poste de directrice du FMI, Christine Lagarde déclare avoir un sentiment positif de son voyage en Chine, mais annonce que la décision « appartient aux autorités chinoises ». Elle précise qu’« il est encore trop tôt pour vendre la peau de l’ours ». Si elle est élue, elle compte être « avare en promesse et généreuse en résultats ».

Lors de la conférence de presse, elle a souligné l’importance de la réforme sur la gouvernance du FMI et la représentativité appropriée de ses membres, en particulier les pays actuellement sous-représentés comme la Chine. Selon elle, la réforme qui a déjà commencé devra être poursuivie et approfondie.

« La réforme du FMI devra suivre deux principes : l’inclusivité et la diversité », a-t-elle indiqué.

« La Chine n’était représentée que par 4 % au sein du FMI en 2008. Après la réforme, elle représentera 6,39 %. Si l’économie chinoise continue à croître et devient le pilote de la croissance mondiale, sa représentativité augmentera également. C’est la réforme continue du FMI que je défends », a fait savoir Mme Lagarde.

« Le FMI contribuera à l’internationalisation de la monnaie chinoise et aidera à faciliter le processus qui a déjà commencé. Mais de tels changements demanderont du temps », a répondu Christine Lagarde à une question de China.org.cn.

Elle a exprimé sa confiance sur les chances de succès de sa candidature, et a évoqué l’exemple de Li Na, première chinoise victorieuse d’un tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros.

Elle s’est exprimée sur les atouts d’une candidature féminine : « D’abord, l’élection d’une femme est un symbole de la diversité en particulier dans un monde à forte dominance masculine. La diversité pour moi est l’un des attributs du Fonds, en même temps que son universalité. Deuxièmement, si j’étais élue, j’espère que cela donnerait à d’autres femmes la confiance et le courage d’accomplir ce qu’elles ont la capacité d’accomplir. »

Il s’agit de sa 26e visite en Chine. Elle se rendra demain à Lisbonne pour la conférence annuelle de la Banque africaine de développement, où elle rencontrera les représentants des pays africains.

Christine Lagarde a annoncé le 25 mai sa candidature au poste du directeur général du FMI et a obtenu le soutien des pays européens et du G8. Son seul concurrent, M. Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale du Mexique, s’est rendu en visite au Brésil, en Argentine et au Canada. Il visitera l’Inde le 10 juin.