La Chine se dit prête à investir davantage dans la zone Euro

Ajouté au 25/04/2011 par SHI Lei

La Chine a signalé jeudi qu’elle était prête à acheter davantage de dette auprès des Etats les plus faibles de la zone Euro, dans l’espoir de contribuer à stabiliser les finances fragiles du bloc et de protéger ses propres intérêts commerciaux.

Après avoir investi des milliards d’Euros en obligations portugaises et grecques pour diversifier ses « énormes » réserves de devises et s’écarter un peu du Dollar, la Chine envisage à présent d’en acheter plus, a dit Song Zhe, Amabassadeur de Chine auprès de l’Union Européenne.

La Chine est également en pourparlers pour investir en Espagne, y compris dans la réorganisation des banques d’épargne espagnoles en difficulté, avait annoncé précédemment le Ministère des Affaires Etrangères à Beijing.

La Chine est en effet désireuse de diversifier ses réserves en devises, qui ont atteint 3 050 milliards de Dollars US au premier trimestre, avec l’Euro comme première alternative au Dollar, qui représente près des deux-tiers de ses avoirs.

Mais Daniel Gros, un expert de la zone Euro d’un groupe de réflexion basé à Bruxelles, le Centre pour les Etudes de Politiques Européennes, pense qu’il est peu probable que la Chine achète massivement des obligations en Europe.

Les remarques du Ministère des Affaires Etrangères ont pour leur part été une confirmation de commentaires venus précédemment d’Espagne, disant que Madrid et Beijing étaient en train de discuter de possibles investissements.

Inquiète de pouvoir être à son tour prise dans la crise de la dette européenne, l’Espagne souhaite attirer des capitaux frais vers ses banques pour assurer à ses investisseurs que son système financier n’a pas besoin d’être secouru, comme l’ont été le Portugal, la Grèce et l’Irlande.

A cet effet, le Premier Ministre espagnol Jose Luis Zapatero s’est rendu la semaine dernière en Chine et à Singapour pour persuader ces pays que la dette et les banques espagnoles sont un bon investissement.

Ce voyage ne s’est cependant pas fait sans confusion, après que le fonds chinois ait réfuté les commentaires du Gouvernement espagnol qui avait dit qu’il pourrait investir 9 milliards de Dollars US en Espagne.

M. Song a de son côté mis en garde jeudi contre toute restructuration de la dette grecque, qui pourrait occasionner des pertes aux détenteurs de bons, dont la Chine, disant : « Nous espérons que les Gouvernement pourront assurer la sécurité de nos investissements ».

« L’UE est le plus important partenaire d’affaires de la Chine », a dit M. Song, ajoutant que Beijing avait intérêt à « la stabilité de l’économie européenne et à une reprise rapide après la crise », alors qu’il réitérait le soutien de son pays à l’Euro.

Soulignant le fait que la Chine a déjà acheté plusieurs milliards d’Euros de dettes gouvernementales grecques et portugaises, M. Song a ajouté : « Nous n’en sommes qu’à une phase de démarrage. Lors de la prochaine, il est possible que nous en achetions davantage ».

« Tout le monde rêve des réserves chinoises »

Les remarques de M. Song arrivent quelques jours après que l’agence de notation Standard & Poor’s ait menacé de rétrograder le classement du crédit américain.

La Chine a réagi à cette annonce en disant que les Etats-Unis se devaient de prendre des mesures responsables pour protéger les investisseurs dans leur dette.

« Dans le passé, notre portefeuille était dominé par les Bons du Trésor américain », a dit M. Song. « Le but (de la diversification) est de protéger la sécurité de nos réserves de devises ».

Mais M. Gros, du Centre pour les Etudes de Politiques Européennes, a mis en garde contre des attentes trop fortes envers un changement majeur des investissements.

« C’est toujours la même chanson », a t-il dit. « Tout le monde rêve des réserves chinoises. Ils se disent : s’ils me donnent juste dix milliards, ça suffira ».

« Mais ils ne l’ont jamais fait. Et ils ne le feront pas parce qu’ils savent que s’il y a une restructuration (de la zone Euro), ils y laisseront des plumes ».

La Grèce subit des pressions croissantes pour chercher une manière de restructurer sa dette, avec des marchés qui prennent cette hypothèse en considération et un conseiller du Gouvernement du grand argentier de la zone Euro, l’Allemagne, l’ayant décrite un peu plus tôt cette semaine comme inévitable.

Acheter de la dette européenne et afficher son intention de le faire peut aussi aider les fabricants chinois, car cela peut faire remonter la valeur de l’Euro, ce qui par contrecoup rendrait les produits chinois encore plus abordables.