La Semaine de l’Anthropologie à l’Institut français de Chine

Ajouté au 18/04/2011 par SHI Lei

1. L’EVENEMENT

 

Laurence ROULLEAU-BERGER, Désoccidentaliser la sociologie. L’Europe au miroir de la Chine, éditions de l’Aube, 2011

Cet essai de deux cent pages est très clair. Il se lit facilement et permet de comprendre les nouveaux enjeux d’une science humaine dynamique : la sociologie.

Les sept chapitres recouvrent les principales problématiques de la sociologie d’aujourd’hui : _ La nouvelle géographie du savoir _ Les conséquences des mutations économiques _ La ville et les frontières sociales _ La modernité et l’individu _ L’Etat et le conflit social _ La structure de la société moderne.
Ce livre aurait donc pu n’être qu’un manuel de sociologie en plus, à destination des étudiants de première année à l’université. Mais son originalité vient de son projet : « désoccidentaliser » la sociologie. En effet, cet ouvrage propose tant au lecteur français qu’au lecteur chinois de repenser chaque grand problème en prenant en compte à la fois son versant « occidental » (notamment français), et son versant « non-occidental » (surtout chinois).
Par conséquent, il est la preuve qu’une nouvelle époque de la vie intellectuelle est en train de s’ouvrir, avec une circulation des savoirs qui, selon les termes de l’auteur, « ne respectent pas les frontières symboliques liées à l’histoire des colonialismes scientifiques. »

Laurence Roulleau-Berger est sociologue, directeur de recherches au CNRS, Institut d’Asie orientale / Ecole normale supérieure de Lyon, diplômée de chinois à l’Inalco (Institut national de langues et civilisations orientales). Ses recherches portent sur la question urbaine, le travail et l’emploi, plus récemment sur les migrations en Chine et en Europe. Laurence Roulleau-Berger a participé au colloque d’anthropologie de Beida, avec une communication consacrée à « Désoccidentaliser la sociologie : de la Chine à l’Europe », montrant lors de cette communication que cette problématique peut s’appliquer aussi à l’anthropologie, ainsi qu’à toutes les sciences sociales et humaines.

2. L’INDISPENSABLE

 

Maurice Godelier, Au fondement des sociétés humaines. Ce que nous apprend l’anthropologie, Albin Michel, 2007, réédition Flammarion, collection Champs essais, 2010.

Ce livre est le fruit de quarante années de recherche, par l’anthropologue français le plus connu à l’étranger après Claude Lévi-Strauss, et dont le parcours a été marqué par quatre étapes majeures sur le chemin de cette conclusion fondamentale, chacune d’elles faisant ici l’objet d’un chapitre : il est des choses que l’on donne, des choses que l’on vend, et d’autres qu’il ne faut ni vendre ni donner mais garder pour les transmettre ; nulle société n’a jamais été fondée sur la famille ou la parenté ; il faut toujours plus qu’un homme et une femme pour faire un enfant ; la sexualité humaine est fondamentalement a-sociale. Un livre de référence, qui vaut aussi introduction générale à l’œuvre de Maurice Godelier. Et, surtout, un livre engagé qui veut reconstruire une connaissance partagée, capable de s’adapter à notre monde.

Ancien directeur scientifique du département des sciences de l’homme et de la société au CNRS (Centre national de la Recherche scientifique), médaillé d’or du CNRS, Maurice Godelier est directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes études en sciences sociales). Ses quatre derniers livres sont autant de classiques : La Production des grands hommes, L’Idéel et le Matériel, L’Énigme du don, Métamorphoses de la parenté.

3. AU CARREFOUR DE LA PENSEE

 

Joseph J.Lévy, entretiens avec François Laplantine, Anthropologies latérales, Liber, collection de vive voix, 2002

Cet ouvrage nous permet de comprendre l’itinéraire humain et intellectuel d’un des plus grands anthropologues de notre époque. Philosophe et anthropologue, François Laplantine a contribué au développement de l’anthropologie de la religion et de la maladie, ainsi qu’à l’ethnopsychiatrie par ses terrains en France, en Afrique et au Brésil.
Professeur de renom à l’université Lyon 2, il s’est interrogé sur les rapports entre l’ethnologie, le cinéma et l’écriture, de même que sur le métissage. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages qui explorent des champs originaux de réflexion pour l’anthropologie contemporaine, L’ethnopsychiatrie (1973), Anthropologie de la maladie (1986), Transatlantique : entre Europe et Amériques latines (1994), Je, nous et les autres (1999).

De la philosophie à l’ethnologie, de la maladie à la littérature, son parcours croise les grandes questions qu’affronte l’anthropologie et que soulève la rencontre de l’autre.