Une diplomatie publique forte est vitale pour la Chine

Ajouté au 11/04/2011 par SHI Lei

La Chine doit chercher de meilleurs moyens pour faire connaître sa position sur divers sujets à la communauté internationale, estime Zhao Qisheng, directeur du Comité des affaires étrangères de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC).

« La Chine ne peut pas toujours être le bon élève qui travaille sans relâche et s’exprime peu dans le monde actuel inondé d’informations », affirme-t-il. La diplomatie publique est devenue un enjeu majeur lors de la dernière session de la CCPPC en mars. La conscience de la Chine de son image nationale était déjà clairement visible en 2008 lorsque Beijing a accueilli avec succès les Jeux olympiques. Les discussions sur la communication de la Chine sont devenues plus évidentes lorsque le pays a pris une place centrale dans les affaires internationales après la crise financière.

La semaine prochaine, la Chine organisera son forum annuel de Boao pour l’Asie à Sanya, dans la province de Hainan. De nombreux experts voient dans cette réunion une plateforme efficace pour la diplomatie. Selon M. Zhao, la Chine doit repenser son vocabulaire pour décrire son caractère unique. « Par exemple, nous évoquons souvent le socialisme aux caractéristiques chinoises, sans aucune explication. Cela prête à confusion, car le terme socialisme existe depuis plus de cent ans et vient d’Europe. Ce mot a une signification différente de ce que nous pratiquons actuellement », indique-t-il.

La vice-ministre des Affaires étrangères, Fu Ying, a déclaré que la prise de parole dans la diplomatie publique a un rôle intégrant à jouer dans le développement futur de la Chine. « Notre développement se déroule bien, et la décennie à venir s’annonce encore meilleure. Nous devons apprendre à mieux nous exprimer, à rendre notre message plus clair dans le monde. Cela contribuera non seulement au développement, mais aussi à notre confiance nationale ».

La Chine a lancé un film publicitaire national aux États-Unis durant la visite du président Hu Jintao il y a quelques mois. De telles mesures montrent une action positive de la Chine, et « d’après ce que je sais, les Américains ont été vivement intéressés par ce film. Malgré tout, le message que la publicité voulait faire passer n’était pas suffisamment clair », juge Mme Fu. Elle estime que la Chine ne devrait pas attacher d’importance excessive au terme « défense » dans sa communication extérieure. « Nous devons parler de manière positive avec les autres pays, leur dire ce que nous pensons et ce que nous faisons concrètement ». La Chine pourrait apprendre des États-Unis la gestion de ces questions, selon Mme Fu.

Les États-Unis se montrent hésitants et avec une posture moins ferme que d’habitude face aux troubles actuels du Moyen-Orient. « Ils rencontrent des difficultés dans le domaine et s’efforcent d’équilibrer leurs valeurs morales et leurs intérêts internationaux », relève Mme Fu. « Mais leur diplomatie publique fonctionne bien, c’est pourquoi l’on constate qu’il y a peu d’informations sur leur dilemme en matière de droits de l’homme dans les médias ».