Chine : occasions inespérées d’affaires pour les entreprises étrangères

Ajouté au 28/03/2011 par SHI Lei

LI WUZHOU et AN XINZHU

Dans le contexte où certains croient que la Chine compte de moins en moins sur l’investissement étranger, les mesures énumérées dans le XIIe Plan quinquennal viennent montrer que, bien au contraire, avec un cadre réglementaire mieux structuré et une population qui est de plus en plus en mesure de consommer, le pays fait toujours bon accueil aux investisseurs étrangers qui y trouve un formidable marché.

DURANT les trente dernières années, l’investissement étranger a joué un rôle décisif dans l’essor économique de la Chine en y injectant capitaux, technologies et concepts modernes de gestion. Dans les grands centres manufacturiers de la Chine – les deltas des fleuves Zhujiang (rivière des Perles) et Yangtsé – une grande proportion des usines locales, dont les produits sont exportés, sont des investissements étrangers. Avec les innombrables autres qui sont installées au pays, ces usines génèrent une bonne part de l’excédent commercial de la Chine, et elles emploient des dizaines de millions de ruraux dont le travail en usine rapporte un revenu supplémentaire à leur famille.

Avec les changements de politiques effectués en mars concernant les entreprises étrangères en Chine – abolition du régime fiscal préférentiel et examen de sécurité nationale sur les fusions et acquisitions d’entreprises chinoises par des entreprises étrangères – la rumeur veut que la Chine serait en train de resserrer ses exigences en matière d’investissement étranger, signifiant qu’elle ne le courtiserait plus comme autrefois. Adopté lors de la quatrième session de la XIe Assemblée populaire nationale, l’organe législatif suprême de la Chine, le XIIe Plan quinquennal a dissipé cette préoccupation.

Certaines sources de la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine indiquent que la Commission nationale pour le développement et la réforme a sollicité l’opinion des entreprises étrangères en Chine avant d’élaborer le XIIe Plan quinquennal, une première pour un tel plan. Ainsi, lorsque le pays planifie son développement pour les prochaines années, les intérêts des investisseurs étrangers sont pris en compte.

Nouvelles industries à fort potentiel

En réponse à la pression grandissante sur les ressources et l’environnement, le XIIe Plan quinquennal souligne la nécessité de réaménager la structure de l’économie et de l’industrie, d’accélérer la croissance des secteurs moins énergivores et respectueux de l’environnement, des nouvelles technologies de l’information, des biotechnologies, de la fabrication avancée d’équipement, des nouvelles énergies, des nouveaux matériaux et des automobiles aux nouvelles énergies. Ce sont tous des domaines où l’investissement étranger est chaudement accueilli

Dans l’industrie énergétique, par exemple, où la Chine a fixé l’objectif ambitieux de réduire ses émissions de carbone de 40 à 45 % par unité du PIB d’ici à 2020, l’Europe, les États-Unis et certains pays d’Amérique latine, tels que le Brésil et l’Argentine, sont tous avant-gardistes dans le domaine des nouvelles énergies et des biotechnologies, et ils peuvent facilement coopérer avec la Chine.

La pharmacie est un autre secteur prometteur. « Nous croyons que la formation de multinationales rajeunira l’industrie pharmaceutique chinoise », a indiqué M. Liu Zhenxian, président du Comité de l’Association pharmaceutique basée sur la R et D (RDPAC) de l’Association des entreprises à capitaux étrangers de Chine (CAEFI). Les 37 membres de la RDPAC ont connu une expansion rapide au cours de la période du dernier Plan quinquennal (2006-2010), grâce à la demande grandissante de soins médicaux émanant de la population chinoise, conséquence de l’augmentation du niveau de vie et de l’élargissement du système d’assurance-maladie. Jusqu’à maintenant, ces membres ont établi 49 usines et 19 centres de R et D en Chine, et ces derniers sont en train de devenir des projets d’investissement importants de ces compagnies.

M. Sun Zhenyu, premier ambassadeur de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a déclaré aux médias qu’il prévoyait, pour les prochains cinq ans, d’énormes possibilités d’affaires pour les investisseurs étrangers en Chine. Il a mentionné que les secteurs à forte intensité technologique et à forte valeur ajoutée ainsi que l’industrie des services sont les plus prometteurs, tout en suggérant aux multinationales de profiter des transferts industriels vers la Chine de l’Ouest.

Avec le XIIe Plan quinquennal, il est clair que l’investissement étranger est invité à participer à des projets de recherche en science et technologie, ainsi que dans des projets pilotes en technologie, tous les deux financés par le gouvernement. Cela est déjà le cas au niveau local. Pour chercher les meilleurs concepteurs du monde en vue d’améliorer leurs produits, un grand nombre de gouvernements locaux ont mis en place des centres de R et D et ils les subventionnent, notamment ceux sur les chapeaux, les chaussures, les sacs à main/valises, au Zhejiang et ceux dans l’ameublement au Guangdong.

Un gros marché de consommateurs

Les 1,3 milliard d’habitants de la Chine constituent le plus gros contingent de consommateurs au monde : 700 millions d’abonnés au téléphone portable, 300 millions d’internautes, sans oublier des systèmes d’assurance-maladie et de retraite trois fois plus importants que ceux d’Europe et quatre fois plus que ceux des États-Unis. Ce sont des aubaines pour les entreprises partout dans le monde.

À la faveur de revenus croissants et d’une série de politiques visant à stimuler la consommation, le secteur du commerce au détail de la Chine a connu une croissance annuelle à deux chiffres au cours des cinq dernières années, dont 15,5 % en 2009, après un pic de 22.7 % en 2008. Ce chiffre a continué à grimper pour atteindre 18 % en 2010, soit l’équivalent de 2,4 billions $US (selon le Bureau national des statistiques).

Le XIIe Plan quinquennal réitère l’objectif d’augmenter la demande intérieure, en particulier les dépenses des particuliers. On s’attend à des progrès dans cette direction, étant donné qu’un certain nombre de mesures ont été lancées ces dernières années et portent déjà leurs fruits. Celles-ci incluent l’abolition de l’impôt agricole, l’augmentation du salaire minimum, l’élévation du seuil des revenus personnels imposables et les subventions accordées aux résidants ruraux pour l’achat d’appareils électriques.

On prévoit qu’en Chine le revenu annuel par habitant dépassera 5 000 $US au cours de la période 2011-2015. « À ce moment-là, la Chine enregistrera une montée rapide de son marché des biens de consommation durables, dont, entres autres, appartement et automobile, ainsi que des biens d’investissement », a révélé M. Wang Shouwen, directeur général du Département du commerce extérieur, au ministère du Commerce. « Les Chinois seront plus soucieux de la qualité des produits et de leur marque, ce qui augmentera le nombre de gens qui consomment des produits de marque de renommée internationale. »

Personne n’en est plus conscient que les constructeurs automobiles. Alors qu’elle est déjà le plus grand marché automobile du monde, la Chine est devenue le pôle de croissance d’à peu près tous les principaux noms de l’industrie automobile mondiale qui participent à la course pour installer de nouvelles usines dans le pays. On estime que, d’ici la fin de l’année, la capacité de production annuelle de voitures de la Chine atteindra 20 millions d’unités.

La campagne du gouvernement Les appareils électroniques font leur entrée à la campagne a généré des ventes de plus de 500 milliards de yuans sur deux ans et elle est une incroyable occasion d’affaires pour des marques internationales comme Samsung, LG, HP, Sharp et Sanyo.

Le rythme accéléré d’urbanisation du pays ouvre de nouveaux fronts pour les chaînes de détaillants comme Carrefour et Lotus, dont le nombre de magasins augmente à un taux annuel de 10 %.

Le secteur des assurances devrait également connaître un nouveau souffle, puisque les efforts du pays pour transférer à ses citoyens une plus grande part de la richesse publique (tel qu’il est mentionné dans le XIIe Plan quinquennal) aiguillonneront les besoins du public pour tous les services. « Le marché chinois représente un énorme potentiel et se développe de manière continue. Nous tenons à notre part du marché chinois, et nous continuerons à y investir », a déclaré un directeur d’une coentreprise d’assurance (Chine–Royaume-Uni) qui a préféré garder l’anonymat.

Une meilleure protection légale

Pendant les 30 années de réforme et d’ouverture, en particulier durant la dernière décennie, soit après l’entrée de la Chine à l’OMC, le pays a nettement amélioré son système légal, et il connaît mieux les règles internationales. De plus, la sensibilisation à l’économie de marché et au droit s’enracine chez les fonctionnaires et les citoyens en général.

L’abrogation du régime fiscal préférentiel pour les entreprises étrangères crée un espace équitable pour tous les intervenants sur le marché, indépendamment de la source de leurs capitaux. Cette décision signale la maturité du système légal de la Chine.

Le récent système d’examen de sécurité nationale sur les fusions et acquisitions par des entreprises étrangères n’est pas un moyen de dissuader les investisseurs étrangers; il vise plutôt la transparence de la gestion économique et sa capacité à bien fonctionner, garantes d’un environnement d’investissement sain et viable.

À propos des droits de propriété intellectuels qui préoccupent beaucoup d’entreprises étrangères, la Chine a accentué sa lutte contre les produits contrefaits et de mauvaise qualité. Ayant eu lieu d’octobre 2010 à mars dernier, la dernière campagne nationale a été menée par le ministère du Commerce, en partenariat avec une vingtaine d’unités administratives du gouvernement, et elle a donné des résultats encourageants.