La Chine et la France se préparent pour un sommet sur la réforme monétaire

Ajouté au 30/01/2011 par SHI Lei

La France est en train d’essayer d’engager la Chine à participer à un mouvement destiné à réformer le système monétaire international, et elle se prépare à un séminaire international de haut niveau sur le sujet, qui aura lieu en Chine à la fin du mois de mars.

Les principaux dirigeants chinois et français devraient être présents lors de la réunion, qui a pour objectif d’attirer les « meilleurs cerveaux » de la planète pour discuter de la façon de donner forme à un nouveau système monétaire mondial, d’après Yu Yongding, économiste émérite à l’Académie Chinoise des Sciences Sociales, et ancien conseiller de la Banque Centrale de Chine.

Ce séminaire sera un prélude au sommet du G20, qui se tiendra en France lors du second semestre de cette année.

Le Président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé sa présence au séminaire un peu plus tôt, et dit qu’il espérait que le Président chinois Hu Jintao participerait aussi à la réunion.

A l’heure où nous écrivions ces lignes, aucune confirmation officielle chinoise n’avait été faite, cependant l’Ambassade de Chine en France a fait part de la nouvelle de l’annonce de Nicolas Sarkozy sur la version en langue française de son site internet.

M. Yu a déclaré mercredi au China Daily que le Président Sarkozy avait déjà investi beaucoup d’énergie pour faire avancer la réforme de l’architecture monétaire mondiale actuelle, dominée par les pays industrialisés, Etats-Unis en tête.

« Le système doit être réformé, et la Chine pourrait donner la main aux économies de marché émergentes pour faire avancer ce processus tout en poursuivant les discussions avec les pays développés », avait dit précédemment Yi Xianrong, économiste à l’ACSS.

Nicolas Sarkozy a récemment rencontré –ce sont ses mots- les « meilleurs experts » du monde, dont M. Yu, pour entendre leurs suggestions sur la réforme.

La possible visite du Président Sarkozy et sa participation au séminaire montrent que les relations de Beijing avec Paris, et avec l’Union Européenne, vont connaître un nouvel élan après la récente visite du Vice-premier Ministre chinois Li Keqiang en espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni.

La visite envisagée de Nicolas Sarkozy à Beijing arriverait juste quatre mois après la visite du Président Hu en France. En novembre dernier, Nicolas Sarkozy avait lui-même reçu en personne Hu Jintao à l’aéroport, un geste diplomatique rare qui soulignait les efforts renouvelés de la France pour renforcer ses liens avec la Chine, d’après les analystes.

Il y a deux semaines, Cui Tiankai, Vice-ministre des Affaires Etrangères chinois, s’était envolé vers Paris pour échanger des points de vue avec des dirigeants français sur leur position sur la réforme monétaire et la coordination des péréparations pour le sommet du G20.

Un visite de Nicolas Sarkozy à Beijing constituerait une partie de son marathon de consultation avec les « chefs d’Etat, organisations internationales et dirigeants d’entreprises » sur les priorités de la présidence française du G8 et du G20.

Faisant écho à ses annonces du Sommet du G20 de Séoul, Nicolas Sarkozy reste focalisé sur la refonte du système monétaire international, la régulation du marché des biens primaires, et l’identification de nouvelles manières de financer le développement.

D’après les médias français, la réforme du système monétaire vise à protéger les pays émergents du désinvestissement, d’aider à coordonner une équilibre entre les devises et d’éviter le protectionnisme.

Il veut aussi faire avancer l’internationalisation de la monnaie chinoise, le Yuan, et réduire la suprématie du Dollar US, d’après les analystes.

En octobre 2008, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu’il insisterait pour l’adoption d’un « nouvel » accord de Bretton Woods, une promesse qu’il a renouvelée en août 2010 en s’adressant aux ambassadeurs de France. « Les années prospères de l’Après-Guerre ont largement été dues aux règles et institutions de Bretton Woods », avait dit Nicolas Sarkozy, dont les propos avaient été cités par les médias français. « Depuis le début des années 1970, nous vivons dans un système non monétaire international ».

Le système de Bretton Woods a fixé les règles des relations financières entre les principales économies industrielles au milieu du siècle dernier, ce fut alors le premier exemple d’un ordre monétaire mondial entièrement négocié.