Des morceaux de bambou révèlent le passé de la Chine

Ajouté au 17/01/2011 par SHI Lei

Des historiens chinois ont décodé des morceaux de bambou gravés il y a plus de 2000 ans. Ces morceaux ont été collectés à l’étranger grâce à des spécialistes de l’Université Tsinghua, et sont retournés en Chine en 2008. Ils pourraient, dans une certaine mesure, réécrire l’histoire de la Chine ancienne.

Ces 2388 morceaux de bambou étaient conservés dans de l’eau lors de leur retour. Le plus long mesure 46 centimètres de long. Après le décodage initial, les spécialistes de l’Université Tsinghua ont découvert que des anciens classiques et des livres d’histoire étaient gravés dessus.

Li Xueqin, spécialiste

Université Tsinghua

“Quand les morceaux de bambou sont arrivés à l’Université Tsinghua, il y en avait qui étaient sortis de l’eau. Certains se désagrégeaient et montraient des signes de délabrement. Nous avons d’abord fait le travail de préservation, et nous les avons photographiés. Lors du décodage, nous avons projeté les images des morceaux de bambou sur le mur. Nous avons réuni les pièces comme celles d’un puzzle.”

La datation au carbone permet de savoir que les morceaux de bambou remontent à 305 avant J.C., pendant la période des “Royaumes combattants” qui est antérieure au premier empereur Shi Huang.

Ils ont échappé à l’autodafé des écrits de Shi Huang.

Qiu Xigui, Professeur

Université de Fudan

“Tous ces morceaux de bambou ont survécu à l'”autodafé des livres”. Ils font plus autorité que les copies des livres réécris plus tard. Ce qui a été écrit sur les morceaux de bambou peut nous aider à corriger les erreurs dans les classiques chinois et les livres d’histoire.”

L'”autodafé des livres” s’est produit en 213 avant J.C. quand Shi Huang a éliminé les adeptes du Confucianisme. Il a fait brûler un grand nombre d’ouvrages et fait enterrer vivant des centaines d’intellectuels confucianistes.

Les morceaux de bambou étaient utilisés dans la Chine ancienne avant l’invention du papier, autour de l’an 100 après J.C. Les gens gravaient des classiques ou des documents sur des morceaux de bambou, qu’ils reliaient pour en faire des rouleaux.