Expo Shanghai 2010: le Pavillon du Pakistan

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

L’Exposition universelle de 2010 à Shanghai sera la première a avoir lieu dans un pays en développement. Officiellement connue sous le nom “Expo Shanghai 2010?elle durera 184 jours et fournira à la Chine une occasion de montrer sa croissance économique remarquable. L’exposition donnera également aux pays étrangers et aux entreprises une occasion de développer des partenariats économiques avec la Chine et les entreprises chinoises. Cet article est le quinzième de notre série spéciale sur l’expo, de pavillons de pays au développement du commerce. Dans cet article, nous nous penchons sur le Pavillon du Pakistan.

Par Joe Drury

Le 17 mai – Avec le thème “Harmonie dans la Diversité”, le pavillon du Pakistan promet d’attirer une foule immense tout au long des six mois d’ouverture de l’Expo 2010 avec sa structure attrayante. Celle-ci, mesure 2 000 mètres carrés. Bien qu’ayant été construite avec des technologies et des matériaux modernes, elle ressemble à l’historique fort de Lahore, un site classé héritage mondial par l’UNESCO, dans la seconde plus grande ville du Pakistan.

Construit à l’origine en 1025, le fort a acquis sa configuration trapézoïdale, typique de l’architecture Mughal classique, en 1566. Le pavillon, représentant le repère culturel principal de Lahore, la capitale culturelle du Pakistan, servira de miroir de la société Pakistanaise aux visiteurs de l’expo, essentiellement Chinois.
Dans une interview donnée sur le site de l’expo, le consul général du Pakistan à Shanghai, Mohammed Zafar Hasan, a déclaré que le pavillon combinait les aspects modernes et ancestraux de la culture pakistanaise.
« Grâce à l’Expo, nous allons présenter les coutumes historiques, culturelles et traditionnelles ainsi que les stratégies de développement de plusieurs régions. De plus, nous soulignerons les relations amicales entre le Pakistan et la Chine » a dit Hasan.

Le pavillon abrite des présentations audio et multimédia dépeignant la vie quotidienne des résidents urbains et ruraux afin de montrer combien le moderne et l’antique se côtoient dans le Pakistan d’aujourd’hui. A l’extérieur des aires d’exposition, les visiteurs peuvent apprécier une autre facette de la culture pakistanaise au travers de représentations chorégraphiques, de diverses boutiques et stands culinaires.
Les liens historiques avec la Chine sont aussi à l’honneur, à commencer par les relations commerciales ancestrales de la route de la soie.

Au cours des 60 dernières années, ces liens se sont renforcés, et le Pakistan et la Chine profitent mutuellement de relations très proches.

Le Pakistan a été l’un des premiers pays à reconnaître la Chine en tant que République Populaire au début des années 50. Depuis lors, le partenariat s’est renforcé en vue de contrer le pouvoir régional de l’Inde. A cette intention, la Chine fournit au Pakistan une assistance militaire, économique et technique, dont le transfert de technologies nucléaires.

Le Pakistan de son côté, soutient la Chine dans ses problèmes idéologiques, comme les questions territoriales et celles des droits de l’homme.

Comme pour beaucoup d’autres pays dans la région, les échanges économiques ont récemment stimulés une bonne entente entre le Pakistan et la Chine. Un accord de libre-échange a été signé en 2008, et les autorités des deux Etats espèrent par là faire passer le commerce bilatéral de 7 milliards de USD par an à 15 milliards en 2010.

L’Expo donne au Pakistan l’excellente opportunité d’égayer ses liens économiques et militaires avec la Chine par le message culturel unique de son pavillon.

La politique de l’enfant unique en question

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Cette année, la politique de l’enfant unique, imaginée par le Parti après la mort de Mao pour contrôler l’explosion démographique, aura trente ans. En dépit de nombreuses critiques qui soulignent ses effets pervers, le Parti, qui peine à bousculer ses propres blocages bureaucratiques et craint le retour à une croissance démographique incontrôlable, hésite toujours à y mettre fin. Les déclarations publiques insistent même sur sa pérennité. A bien des égards, l’immobilisme de la bureaucratie face à l’accumulation des problèmes pourrait, à terme, devenir un sujet de controverses politiques au sein du pouvoir.

En septembre 2009, l’agence Xinhua, qui répondait aux mises en garde des experts chinois et étrangers, publiait un article citant une série de spécialistes vantant les mérites du système de contrôle des naissances : « des démographes et des experts du monde entier ont fait l’apologie du planning familial chinois (…) ».

L’agence citait notamment Hania Zlotnik, directrice de la division population aux NU : « Grâce à l’abaissement du taux de fécondité en Chine, la croissance de la population mondiale et dans les pays en développement a baissé d’un quart de point ». Récemment, Zhang Baige, vice-directeur de la Commission pour le planning familial et la population, déclarait que la politique de l’enfant unique resterait inchangée pendant la durée du 12e Plan (2011 – 2015).

Mais il ne s’agit là que de la surface des choses. En réalité, de nombreux ajustements ont déjà eu lieu, soit directement pilotés par le pouvoir, en fonction des origines ethniques, ou des situations familiales, soit spontanés, parce que le Parti ferme d’autant plus les yeux qu’il se rétribue généreusement par les amendes imposées aux plus favorisés. Tandis que les plus démunis, mal informés des moyens de contraception, n’ont d’autre choix que l’avortement, souvent forcé.

Au total, les adaptations actuellement en vigueur tiennent compte des origines ethniques, de la qualité d’enfant unique ou non des deux parents, du sexe du premier enfant, et de la tendance nouvelle des plus fortunés à payer de plus en plus cher le privilège d’avoir plusieurs enfants. Au point qu’aujourd’hui seulement 60% des couples seraient concernés.

Il reste que l’amendement progressif de la politique et la nouvelle souplesse dont font preuve les autorités, ne doivent pas occulter les abus d’autorité et les nombreuses injustices et violences commises, au nom de la rigueur du « planning familial – Jihua Shengyu – », appliqué sans discernement par nombre de cadres locaux, dont la brutalité bornée se manifeste, d’abord contre ceux qui sont incapables de payer des amendes.

La politique de l’enfant unique, que la Chine baptise abusivement « planning familial » – l’expression chinoise serait en fait mieux traduite par « fécondité planifiée » -, est en effet jugée brutale et porteuse de lourds effets pervers par de nombreux experts chinois. En janvier dernier, une étude de l’Académie des Sciences Sociales estimait que le déséquilibre filles – garçons qu’elle induit était « le plus sérieux problème démographique auquel la Chine était confrontée ».

En même temps, Wang Feng, professeur à l’Université de Fudan publiait un article sur internet, dans lequel il dénonçait la frilosité et l’inconscience des responsables, dont la première phrase était un cri d’alarme : « la Chine est confrontée au risque imminent d’une décroissance démographique ». L’article accusait les autorités du Parti de méconnaître les lois de la démographie et en particulier la rémanence à long terme des errements actuels, ainsi que la difficulté d’inverser les tendances, soupçonnant la bureaucratie d’attendre que la croissance démographique soit nulle pour commencer à inverser l’engrenage néfaste de la dénatalité.

Déjà en 2005, le même Wang Feng avait publié aux Etats-Unis une étude analysant les graves effets pervers, bien connus et ceux moins souvent évoqués de cette politique à l’emporte pièce, tels que le vieillissement rapide, socialement insoutenable, le dangereux déséquilibre entre filles et garçons, le brouillage des statistiques démographiques, et le coût économique et politique de ce qu’il appelait « la plus vaste et plus extrême expérience de contrôle des populations jamais tentée par un Etat, dans le domaine de la reproduction des humains » (East-West Center, Asia Pacific Issues, Mars 2005).

Il affirmait notamment que, grâce à un vrai planning familial, plus souple et plus sophistiqué, différencié entre villes et campagnes, mieux adapté aux situations – au demeurant déjà mis en œuvre dans certaines provinces par des cadres plus ouverts -, il serait possible de mettre fin à la politique de l’enfant unique, et d’autoriser les couples à avoir deux enfants, sans provoquer l’emballement des naissances que craignent beaucoup de bureaucrates. Ajoutant que les décisions devaient être prises d’urgence si la Chine voulait éviter une aggravation difficilement réversible des tendances déjà observées.

Si l’actuel taux de vieillissement de la population n’était pas freiné, près de 300 millions de Chinois auront plus de 60 ans en 2050 avec, dans les villes, 35% de séniors. Une situation difficilement tenable avec un système de retraite indigent et l’absence de filet social, tandis que le déficit d’enfants rend problématique la prise en charge des vieilles personnes par les familles. En Chine le problème a un nom : « 4 – 2 – 1 ». Il désigne une situation où les enfants uniques auront à prendre soin de deux parents et de quatre grands parents.

Suite à une longue habitude d’élimination des filles, indésirables dans les zones rurales – soit par homicide direct après la naissance, soit par avortement -, (aujourd’hui on compte 119 garçons pour 100 filles), en 2000, 27% des hommes de 40 ans habitant la campagne étaient célibataires, conséquence d’un brutal déclin de la natalité dans les années 60 et 70. Alors que, dans cette tranche d’âge, la proportion nationale de célibataires n’était que 4%, et seulement de 1% pour ceux ayant reçu une éducation supérieure.

Les sociologues s’interrogent sur les conséquences à long terme de tels déséquilibres pour la stabilité de la société, traversée par les inévitables tensions lies aux trafics de femmes, et où le déficit de femmes ferait que la famille traditionnelle ne serait plus la base de l’intégration sociale et de l’éducation des enfants.

A côté de ces aléas bien connus de la politique de l’enfant unique, le professeur Wang en énumère d’autres, liés au brouillage des statistiques, ainsi qu’au coût financier et politique du contrôle brutal des naissances.

Le dernier recensement en Chine (2000) avait en effet jeté une ombre sur la fiabilité des statistiques. Les pouvoirs publics ont, par exemple, été incapables de dire si la réduction du nombre moyen de personnes par famille, tombé de 3,96 en 1990 à 3,44 en 2000, était due au camouflage des naissances hors quota et sujettes à sanctions, ou à la baisse de la fécondité des femmes, dont les résultats bruts du recensement indiquaient qu’elle était tombée à 1,5 (certaines études la situent seulement à 1,22), parmi les plus faibles du monde, et très en-dessous du taux de remplacement de 2,1.

Si l’on s’intéresse au coût humain et financier, on constate que, depuis 1980, la mise en œuvre de la politique a impliqué l’emploi de millions de fonctionnaires, souvent à temps plein quand les taux de fécondité des femmes dépassent les quotas imposés, et a coûté aux pouvoirs publics des milliards de Yuans. Encore ces montants ne représentent-ils qu’une faible part des dépenses engagées, puisqu’une partie importante des ressources financières provient des contributions obligatoires des entreprises rurales et des associations d’ouvriers, ainsi que des amendes payées par les plus favorisés.

Enfin, le coût politique d’une mise en œuvre sans nuances, ne peut pas être ignoré, surtout quand elle est assortie de harcèlements, d’avortements forcés et de pressions, qui vont du chantage à la mutation ou au licenciement aux brutalités pures et simples, exercées par les cadres locaux, inquiets de respecter les quotas de fécondité imposés. S’il est vrai que la manière forte a largement été abandonnée au milieu des années 90, remplacée un effort d’éducation des femmes sur les moyens de contraception, les réminiscences des anciennes brutalités refont parfois surface. Dans la presse chinoise, il n’est pas rare de lire des rapports sur les abus des autorités locales, et leurs brutalités, corruptions, trafics ou dérapages en tous genres, conséquences directes ou indirectes de la politique de l’enfant unique.

Récemment, une enquête du Quotidien des Campagnes, journal de la région de Canton, a révélé que les autorités de Puning, 60 km à l’Ouest de Shantou, décidées coûte que coûte à abaisser le taux de fécondité des femmes, avaient planifié de procéder à la stérilisation forcée de près de 10 000 personnes, dont plus de mille, rebelles aux coercitions, étaient retenues de force par la police.

Quant à ceux qui s’expriment ouvertement contre les abus, ils sont la cible directe de la bureaucratie vindicative. Yang Zhizhu, militant actif contre la politique de l’enfant unique, professeur de droit dans une Université de Sciences Politiques de Pékin, a récemment été averti de son renvoi prochain, après que son épouse ait donné naissance à un deuxième enfant.

Conscient qu’il s’agit là de pressions directement liées à son action en faveur de l’arrêt du « planning familial » coercitif, il continue néanmoins à s’exprimer, soulignant que, depuis la mise en œuvre de la politique de l’enfant unique, 50 millions d’avortements ont été imposés à des parents qui n’avaient pas les moyens de payer les amendes pour une deuxième naissance (voir l’interview de Yang Zhizhu sur le site ALC). « Ces phénomènes, ajoute le professeur Yang, ont été accompagnés d’innombrables trafics d’enfants entre les maternités et les agents du planning familial, notamment au Guizhou et au Yunnan ».

Les rêves et les irrésistibles succès du rail chinois

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Le 9 mars dernier, le ministre des transports ferroviaires chinois avait, dans un style un peu grandiloquent, évoqué la possibilité d’une liaison TGV qui mettrait Shanghai à seulement 2 jours de voyage de Londres. La presse occidentale, à qui l’information était destinée, a repris la nouvelle, sans y croire, en y rajoutant un soupçon d’ironie.

Pour beaucoup en effet, les transports ferroviaires très longue distance à travers des régions parfois semi-désertiques, au climat rude et à la sécurité aléatoire, même par trains à grande vitesse, sont au mieux une lubie nostalgique, au pire une aventure économiquement et politiquement irréaliste.

Puis, la paralysie du trafic aérien due à l’éruption du volcan islandais a cloué au sol presque tous les avions européens et fermé la plupart des aéroports. En Asie les voyageurs en partance pour le Vieux Continent sont restés bloqués, sans solution de rechange, souvent pendant plusieurs jours. Soudain l’idée chinoise d’une liaison terrestre entre l’Europe de l’Ouest et l’Asie orientale, par l’ancienne route de la soie, est apparue beaucoup moins farfelue.

Le nuage de cendres qui obscurcissait le ciel a mis en évidence la fragilité du transport aérien. Les inconvénients du choix unique laissèrent sans solution alternative des milliers de passagers, agglutinés dans les aéroports ultramodernes, devenus inutiles. Bien sûr il y a loin du rêve chinois à sa réalisation. Les obstacles financiers, politiques, sécuritaires et techniques d’un projet transcontinental aussi vaste, reliant les deux extrêmes du continent eurasiatique sont innombrables.

Mais il y a fort à parier que la paralysie du ciel européen qui abandonna hommes d’affaires et touristes à leur triste sort donnera à réfléchir à quelques investisseurs et responsables politiques. Ici et là on redécouvre soudain que l’Europe, l’Asie et d’ailleurs l’Afrique peuvent être reliées par la terre.

Si on ajoute que l’ampleur des projets, même visionnaires ou utopiques, contribue à la publicité du transport par voie ferrée, que la Chine modernise chez elle à marche forcée, grâce aux transferts japonais, allemands et français, on ne s’étonnera plus du succès mondial des technologies ferroviaires chinoises. Selon le China Daily, en 2010, 50% des investissements mondiaux dans le secteur du rail seront réalisés en Chine et, dans les trois années à venir, Pékin investira 300 milliards de dollars dans ses infrastructures ferroviaires. En 2012, le réseau TGV chinois représentera 50% du réseau mondial.

A l’extérieur, la Chine, qui ne cesse de multiplier les liaisons (routes, oléoducs, voies ferrées) vers ses approches immédiates (Asie du Sud-est, Asie Centrale,) ne se contente pas de rêver. Elle a déjà joint le geste à la parole, tandis que le nouveau savoir-faire chinois commence à intéresser non seulement les pays d’Asie du Sud-est, l’Afrique ou l’Amérique latine, mais également l’Australie et les Etats-Unis. Pour appuyer cette conquête du marché mondial du rail en plein expansion, les responsables à Pékin bénéficient du soutien d’un premier pactole de 16 milliards de dollars, débloqués par la Banque d’Agriculture de Chine.

Après avoir construit le chemin de fer le plus haut du monde par la province du Qinghai jusqu’à Lhassa, Pékin envisage de pousser la liaison jusqu’au Bengladesh, au Bhutan et au Népal. Une autre liaison – TGV celle-là – est envisagée vers Singapour. En Indonésie, la société des chemins de fer chinois vient de décrocher un contrat d’un montant de 4,8 milliards de dollars pour la construction et l’exploitation d’une voie ferrée destinée au transport du charbon.

Des lignes TGV de conception chinoise sont déjà en construction en Turquie, au Venezuela (l’un des plus gros projets d’une valeur de 7,5 milliards de $), au Sierra Leone, au Nigeria, et en Arabie Saoudite, en coopération avec Siemens. Et, signe de la difficulté de la compétition contre la Chine, rapportée par le Financial Times, sur le projet d’Arabie Saoudite, Siemens avait d’abord proposé une offre concurrente, qu’elle a abandonnée pour se joindre à l’offre chinoise.

Récemment la société des chemins de fer chinois a signé un accord avec l’Etat de Californie et Général Electric pour participer au financement et à la construction d’une ligne TGV à 345 km/h entre San Francisco et Los Angeles. La présence de la Chine sur ce projet est un symbole de sa nouvelle maîtrise technologique et de son assurance. Elle y sera en concurrence avec le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud, la France, l’Espagne et l’Italie, et devra surmonter les réticences antichinoises aux Etats-Unis et les obstacles liés aux législations sociales américaines.

En revanche, le magazine Caixin souligne que la Chine est presque certaine de décrocher le contrat pour les 500 km de la ligne grande vitesse entre Sao Polo et Rio de Janeiro, au Brésil, à construire entre 2010 et 2012. Comme toujours, le point fort des Chinois, qui s’apprêtent à faire une offre, est leur puissance de financement et leur capacité à proposer des synergies qui intègrent plusieurs secteurs liés au projet.

Par exemple à l’automne 2009, la compagnie des chemins de fer chinoise a signé un accord avec le minéralier australien FerrAus, pour participer non seulement à la construction d’une voie ferrée est – ouest (500 km), destinée au transport du minerai de fer vers la côte, mais également à l’aménagement d’installations portuaires pour l’exportation du minerai. Au total, Pékin affirme que 42 projets chinois sont actuellement en construction à l’étranger.

Dans un article du 16 mars, le Financial Times citait plusieurs experts, spécialistes du rail qui résument bien l’avis des compagnies occidentales concurrentes de la Chine sur ce secteur : « Les ambitions globales du rail chinois sont récentes et sont apparues presque sans préavis », explique Iain Carmichael, consultant chez Lloyd’s Register Rail. « Il y a seulement trois ans, leurs lacunes étaient nombreuses, notamment dans la signalisation et la technologie TGV. »

Dominique Pouliquen, représentant d’Alstom pour l’Asie Pacifique renchérit : « les compagnies chinoises modifient le paysage du marché mondial du rail, d’abord à cause de la taille de leur marché intérieur, ensuite parce qu’ils sont capables – et c’est nouveau – de proposer des offres sur le marché international ».

« Le prix est leur premier avantage comparatif. Ils sont organisés et bénéficient de l’appui des banques publiques chinoises. Leurs propositions sont globales. Elles combinent les solutions techniques et les facilités de financement qui simplifient le choix des clients. Les offres sont coordonnées par l’Etat, ce qui évite les concurrences internes. Enfin, les pouvoirs publics contrôlent l’entrée du marché chinois en imposant aux sociétés étrangères de travailler en coopération avec les sociétés locales ».

Les manœuvres conquérantes du rail chinois font cependant grincer des dents. Evan Auyang, responsable de Transport International à Hong Kong, souligne en effet : « Les constructeurs européens se plaignent d’avoir transféré leur technologie à la Chine, conformément à ce que Pékin avait exigé. Aujourd’hui les chinois utilisent leur technologie pour les concurrencer sur le marché international, y compris sur le marché européen ».

Dominique Pouliquen dit la même chose : « Les règles chinoises dans ce secteur sont très contraignantes puisqu’elles stipulent que 70 à 90% des équipements doivent être de fabrication chinoise. Quant aux technologies étrangères, chacun sait bien que la stratégie chinoise est : « introduire (en Chine), digérer, absorber et innover » (…). Environ 90% des technologies actuellement utilisées par les Chinois proviennent de leurs partenariats ou des équipements développés par des sociétés étrangères ».

Face à ces amertumes à peine voilées, Pékin reste imperturbable. En marge de la dernière réunion de l’assemblée nationale populaire, le vice-ministre du rail Wang Zhiguo expliquait qu’en Chine l’industrie du rail avait atteint des standards internationaux, dans tous les domaines du secteur, depuis la construction de trains à grande vitesse, dont les sociétés chinoises maîtrisaient entièrement la technologie, jusqu’à l’exploitation du réseau (contrôle et signalisation). La Chine avait par ailleurs pris soin de protéger ses droits intellectuels et avait, à cet effet, déposé 946 brevets.

Les arcanes compliqués de l’économie chinoise

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

L’économie chinoise est déroutante. Après une période où les commentaires de la presse internationale, et dans une moindre mesure ceux des médias nationaux, ciblaient surtout le taux de change du Yuan, le sujet des articles a aujourd’hui glissé vers les risques posés par la bulle immobilière, l’excès de liquidités, l’inflation et la surchauffe.
Il est vrai que les hausses immobilières et les secousses de la bourse de Shanghai donnent le tournis. En 18 mois, les prix des logements, dont la hausse s’est récemment ralentie, ont augmenté de 40% dans les grandes villes, tandis que la bourse qui avait gagné plus de 30% en 2009, est au plus bas depuis huit mois.

Dans le même temps, alors que nombre d’analyses rappellent la bonne tenue de la Chine dans la crise et soulignent l’efficacité de son système piloté d’en haut, rênes de plus en plus courtes, les chiffres des bons résultats macro-économiques s’alignent presque sans discontinuer.

Les réserves de change ont augmenté de 400 milliards de $ en 2009 et de 50 milliards au premier trimestre 2010 (chiffres officiels chinois). Pour 2010, les perspectives de croissance, cautionnées par le FMI, varient entre 10 et 12%. La production industrielle, mesurée en avril, s’est redressée de 17,8% comparée à 2009 ; la balance du commerce extérieure, déficitaire de 7 milliards de $ en mars, est de nouveau positive depuis avril, à + 1,7 milliards $.

Mais, au milieu des avalanches de bonnes nouvelles, qui font pâlir d’envie tous les ministres des finances de l’Union Européenne, le Bureau Politique reste prudent et exprime, non seulement ses craintes d’un retour de la crise, aujourd’hui confirmées par les déboires de l’Euro, mais également ses doutes sur la solidité de l’économie chinoise. En mars dernier, Wen Jiabao prévenait : « la croissance manque d’impulsions internes ; nos capacités nationales d’innovation sont faibles ; certains secteurs industriels souffrent de surproduction et il devient de plus en plus difficile de les restructurer. Nous ne devons pas considérer la reprise comme le signe d’une amélioration fondamentale de l’économie. »

Dans un papier publié sur le site China Leadership Monitor de l’Université Stanford, Barry Naughton explique que le pouvoir est inquiet des dérapages possibles de la masse monétaire en circulation et des projets lancés ou cautionnés par les cadres locaux. Il est en train de resserrer son contrôle, non seulement sur les instruments macro-économiques, mais également sur les instances politiques des provinces, en partie responsables de la surchauffe.

Le fait est que, depuis la crise, la tendance de l’économie éloigne encore la Chine des objectifs de restructuration déjà fixés bien avant le 17e Congrès par l’actuelle direction du Régime : réduire la dépendance envers l’investissement et l’export, améliorer la demande intérieure en même temps que la productivité du travail et du capital. En 2009, le plan de relance massif a encore amplifié la tendance qui tourne le dos aux objectifs de restructuration à long terme.

Les liens étroits entre les hommes d’affaires, les banques et les administrations des provinces, qui tirent une partie de leurs ressources de projets à la pertinence économique parfois aléatoire, complique encore les choses. Au point que l’ampleur des programmes engagés fait que de nombreuses provinces restent enfermées dans le schéma traditionnel de développement par l’investissement et l’export. Barry Naughton cite le cas du Hubei où 8000 milliards de Yuan (900 milliards d’euros), soit 7 fois le budget de la province, ont été engagés au titre de projets qui courent jusqu’en 2012.

Le Bureau Politique et la Banque de Chine font cause commune pour mettre un frein à cet extravaguant excès de liquidités et à l’emballement du marché immobilier. Le taux de réserve obligatoire des banques a été augmenté trois fois depuis le mois de janvier ; les grandes banques prennent des assurances anti-crises, adoptent des mesures prudentielles et s’appliquent, avec l’aide de l’Etat, à augmenter leur capital, y compris en sollicitant des investissements extérieurs.

Dans le même temps, la Banque de Chine relève les taux d’intérêt, tandis que l’Etat, qui envisage d’appliquer des taxes sur les appartements vides, contrôle strictement les crédits immobiliers, avec seulement deux acquisitions autorisées par famille, un deuxième prêt limité à 50% du prix d’achat, uniquement accordé après un an de résidence dans le premier logement.

Les résultats sont là. Les prix des terrains ont baissé de 30% à la fin du premier trimestre. En avril le nombre de transactions immobilières n’était plus que le 1/5 de ce qu’il était en janvier, et le total des prêts bancaires accordé a chuté de 40%.

A terme, les risques d’éclatement de la bulle immobilière seront encore limités par la politique très volontariste du gouvernement qui, pour répondre à la grogne de la classe moyenne ne trouvant plus à se loger à des prix acceptables, vient de lancer un vaste plan de logements à prix modérés, qui concernerait 25 à 30% des nouveaux logements urbains. Au pire, la dimension de l’épargne chinoise et la capacité de garantie de l’Etat, parapluie ultime des banques, sont telles que la Chine pourrait éponger sans trop de dommages l’éclatement d’une bulle immobilière.

Mais ce que les finances publiques ne pourront plus se permettre pendant très longtemps, c’est bien la mauvaise utilisation du capital, que beaucoup d’analystes assimilent à du gaspillage, à une époque où la main d’œuvre bon marché se réduit de plus en plus, alors que l’urgence de mener à terme les chantiers sociaux (système de santé, éducation, retraites) se fait toujours plus pressante et que leur coût pèsera de plus en plus lourd sur les ressources financières du pays.

De ce point de vue, rien n’est gagné. Sur le long terme, la tendance lourde des imbrications compliquées entre le Parti, les administrations, les hommes d’affaires et les banques, schéma traditionnel de l’implantation politique du Parti dans les provinces, ne disparaîtra pas facilement. C’est bien là le souci exprimé par Wen Jiabao.

A mesure que les bénéfices du secteur manufacturier se réduisent avec la hausse des coûts salariaux, les gouvernements locaux tirent de plus en plus leurs ressources du secteur immobilier.

Alors que les authentiques entreprises privées, considérées comme trop fragiles et peu solvables, ont trop peu d’influence politique pour bénéficier des crédits, les prêts consentis par les banques nourrissent surtout le secteur public lié au pouvoir. S’il est vrai que les ressources de ce dernier sont plus sûres – notamment celles issues des ventes foncières qui permettent d’apurer les dettes -, l’utilisation du capital ne s’y fait pas toujours en fonction du strict intérêt public.

Dans ce schéma très imbriqué de l’état et des affaires, encore compliqué par les lourdes habitudes de corruption, nombreux sont ceux, y compris au plus haut niveau, qui n’ont pas intérêt à la hausse des taux d’intérêt, pourtant une des mesures clés pour éviter un accident économique. Ceux-là font aussi obstacles aux restructurations trop drastiques des secteurs en surcapacité et à la redistribution des ressources pour rééquilibrer l’économie.

C’est à ces difficultés – raréfaction de la main d’œuvre bon marché, déséquilibres villes – campagnes, limitation des terres cultivées suite aux spéculations foncières, risques financiers, et urgence des chantiers sociaux -, que faisait allusion Wen Jiabao en mars dernier :

« Alors que les besoins augmentent partout, la main d’œuvre est limitée ; notre capacité à maintenir la croissance de la production agricole et des revenus des campagnes est faible ; les risques qui pèsent sur les banques et les finances publiques augmentent ; les graves problèmes liés au système de santé, à l’éducation, au logement, aux écarts de ressources, et à la réforme de l’Etat exigent des solutions urgentes. »

Prolifération nucléaire. La Chine se démarque des Occidentaux

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Alors que se déroule à New York la conférence sur le Traité de Non Prolifération (TNP), les Occidentaux s’interrogent toujours sur la véritable position chinoise à l’égard de la prolifération nucléaire, et plus encore sur la volonté de Pékin de participer aux pressions internationales destinées à réduire les risques posés par la « nucléarisation militaire » de la Corée du Nord et de l’Iran.

Le 24 avril dernier, un rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), stigmatisait « l’ambiguïté » des positions chinoises. Selon les auteurs, Pékin était partagé entre les déclarations de bonnes intentions et ses constants efforts pour moderniser son arsenal. Le rapport ajoutait que le discours de la diplomatie chinoise, au lieu de s’aligner sur celui du club occidental qui pointe du doigt les dérapages proliférants de L’Iran et de la Corée du Nord, prenait plus souvent fait et cause pour les revendications des pays non-nucléaires, qui réclament la fin des « doubles standards » occidentaux en même temps que le désarmement de la Russie et des Etats-Unis.

Mais Pékin a beau jeu de rejeter les accusations sur ses ambiguïtés quand Washington, qui se pose en champion de la lutte contre la prolifération, n’a toujours pas ratifié le traité d’interdiction des essais nucléaires et que sa politique est brouillée par les passe droits accordés à l’Inde (Atomic Energy Cooperation Act signé en 2008) et à Israël (non signataire du TNP), deux proliférateurs avérés, mais jamais condamnés et qui, de surcroît, bénéficient des faveurs des coopérations américaines et occidentales dans le domaine de l’énergie nucléaire civile.

A ces divergences qui dessinent une position chinoise plutôt en marge de celle des Occidentaux, sinon à rebours, il faut ajouter les tensions récurrentes autour des transferts de technologies sensibles du Complexe militaro-industriel chinois vers Téhéran. Cinq grands groupes d’état chinois (NORINCO, China Great Wall Industry, China Precision Machinery Import-Export Corporation, Wa Cheong Tai Company et Zibo Chemical Equipment Plant) sont toujours sous le coup de sanctions aux Etats-Unis. Une occurrence qui ne favorise pas la confiance réciproque.

Les dissonances et tensions renvoient parfois à l’affichage pro tiers-mondiste du Parti et donnent un aperçu des attitudes à venir de la Chine sur la prolifération nucléaire et sur la manière dont elle abordera les questions de la Corée du Nord et l’Iran. Une chose est certaine, la Chine ne prendra aucune initiative de désarmement tant que les arsenaux mondiaux seront aussi fortement déséquilibrés en faveur de Moscou et Washington. Dans le débat controversé sur la prolifération, elle défendra toujours le droit des pays non dotés de l’arme atomique à développer des centrales nucléaires civiles.

Pour que sa dissuasion reste crédible, notamment en cas de tensions avec Washington dans le détroit de Taïwan, elle continuera à moderniser ses têtes nucléaires et ses lanceurs, en même temps que les Etats-Unis, tout en gardant un œil sur les progrès du bouclier anti-missile américain et la précision des missiles de croisière développés par le Pentagone, dont l’efficacité et la puissance constituent pour elle un autre facteur de déséquilibre.

A propos de l’Iran et de la Corée du Nord, ses premières réactions seront toujours de s’opposer aux sanctions, non seulement parce que sa stratégie globale est, par principe, hostile aux pressions et aux menaces exercées sur un Etat souverain, mais aussi parce que sa position, nettement démarquée de celle des Occidentaux, conforte son audience dans le Tiers Monde et au sein du groupe des « pays émergents ».

En même temps, sa politique systématique en faveur des négociations consolide sa posture d’arbitre entre « les pays félons », désignés par Washington et l’Occident. Sans compter qu’elle ménage ses marges de manœuvre aux Nations Unies, où sa voix, systématiquement réticente aux sanctions, apparaît aujourd’hui décisive, à mesure que celle de Moscou semble se rapprocher de Washington et de Bruxelles.

Bien sûr la Chine est, à l’occasion, capable de s’ajuster et de durcir ses positions vis-à-vis des pays ciblés par les Occidentaux. Elle l’a déjà fait avec Téhéran en 2006 et 2007 et avec Pyongyang en 2009. Elle pourrait bien recommencer pour éviter l’isolement et préserver sa relation avec Washington. Mais, aujourd’hui Pékin a gagné en assurance sur la scène internationale, et le mieux que l’Occident puisse espérer est une abstention ou, si les augures sont favorables, un feu vert pour des sanctions limitées.

Pékin, il est vrai, dit ne pas ressentir autant que les pays occidentaux l’urgence de la menace nucléaire iranienne et ne croit toujours pas à l’efficacité des sanctions. Sans compter que la convergence de ses intérêts stratégiques avec Téhéran – pressions récurrentes de l’Ouest contre l’Iran et la Chine, méfiance à l’encontre des ingérences de Washington – sur fond de relations économiques bilatérales en croissance rapide, en partie liées à sa quête de ressources, constituent de puissants motifs de rapprochement.

Avec Pyongyang, la connivence est encore plus étroite. Malgré les provocations nord-coréennes, Pékin, qui a parfois joué le jeu des sanctions onusiennes, n’a pourtant jamais fermé le robinet de ses aides qui assurent la survie du régime. Tout en reconnaissant les risques de contagion nucléaire au Japon et en Corée du Sud posés par la prolifération nucléaire nord-coréenne, le Bureau Politique, qui craint par-dessus tout un effondrement du régime de Kim Jong Il aux conséquences imprévisibles, continue sans relâche à prôner le dialogue.

La liste est longue en effet des circonstances qui incitent le Parti Communiste Chinois à ne jamais aller au bout de ses considérables moyens de pression qui pourraient entraîner la chute du régime ou un dérapage militaire. Elles vont de la proximité géographique et économique avec le régime carcéral de Pyongyang, à l’implication de la Chine, maître d’œuvre du dialogue à six, aujourd’hui en panne, en passant par la connivence historique avec le régime de la famille Kim, réminiscence de la guerre de Corée, la crainte d’une déstabilisation brutale de la péninsule et l’importante présence des troupes américaines immédiatement au sud de la ligne de démarcation.

Face à cette hypothèque militaire américaine, Pékin n’envisage toujours pas de renoncer au levier d’influence que lui procure l’alliance avec son embarrassant voisin. La Maison Blanche en a pris son parti et laisse la Chine tenter de démêler l’inextricable, marqué par les incertitudes de la fin de règne de Kim Jong Il et une nouvelle crise humanitaire, sur fond de nucléarisation rampante. Le tout encore aggravé par les tensions entre Séoul, à nouveau sur la défensive, et Pyongyang, tour à tour menaçant ou conciliant, mais dont l’objectif reste toujours d’obtenir une garantie de sécurité accordée directement par Washington.

Coïncidence qui perturbe sérieusement les efforts chinois pour relancer le dialogue à six sur la dénucléarisation de la Péninsule, le 4 mai dernier, jour même de l’arrivée à Pékin du dirigeant malade de la Corée du Nord. Le Président sud-coréen Lee Myung Bak évoquait l’hypothèse de la responsabilité de Pyongyang dans la mort de 46 marins sud-coréens, suite au naufrage de la corvette Cheonan, coulée le 26 mars dernier par une explosion à l’origine obscure et que les experts à Séoul attribuent à une torpille nord-coréenne.

En Corée du Sud, l’émotion des responsables politiques et des familles des victimes fait planer le risque de représailles militaires et pèse lourdement sur les perspectives de relance du dialogue. Mais en Chine, Pékin a déroulé le tapis rouge à Kim Jong Il. « Le cher dirigeant » qui, comme à son habitude, voyageait en train, dans une étrange ambiance de guerre froide, nie toute responsabilité dans la catastrophe et tente de convaincre son allié chinois d’augmenter son aide économique et logistique.

Acculé par la famine de son peuple et peut-être par des tensions internes liées à sa succession, désireux de plaire à la Chine dont il attend un secours logistique substantiel, il clame – pour la première fois depuis dix-huit mois – sa disponibilité à reprendre le dialogue à six, qu’il avait lui-même fait capoter en 2008 en le vidant de sa substance, avant de procéder, ultime provocation, à un deuxième essai nucléaire, en mai 2009.

Pékin, dont la patience est mise à rude épreuve par un allié obtus, provocateur et peu réceptif à ses conseils de réformes économiques, avait, en Juin 2009, voté la résolution 1874, qui prévoyait même l’usage de la force. Mais le Parti n’a jamais cédé aux pressions occidentales qui réclament l’arrêt des aides massives à la Corée du Nord, dont 90% de l’énergie, 80% des biens d’usage courant et 45% des produits alimentaires qu’il consomme, viennent de Chine.

Cette posture conciliante du Parti Communiste Chinois ne varie pas en dépit des péripéties parfois tragiques. Cai Juan, du Centre de recherche sur la Corée du Nord à l’Université Fudan de Shanghai estime que, dans un avenir prévisible, elle ne sera pas modifiée : « Quelles que soient ses différences d’opinion avec Pyongyang, et en dépit des frustrations qu’elle éprouve, la Chine ne prendra pas le risque de l’implosion de la Corée, ni celui de la rupture des équilibres stratégiques sur la péninsule ».

L’analyse montre donc qu’en dépit des risques posés par la prolifération nucléaire, que ses discours reconnaissent souvent, la Chine se tient systématiquement en marge de l’action des Occidentaux, à la fois par opportunisme stratégique et économique et en vertu d’une conception « multipolaire » et idéaliste d’un monde qu’elle voudrait débarrassé des pressions des ténors du Conseil de sécurité, accusés de double jeu. Sur la question plus précise des sanctions, sa stratégie a toujours été de les retarder le plus longtemps possible, puis de les affaiblir lorsqu’elles sont adoptées.

Les prix des produits agricoles en baisse de 0,6% la semaine dernière

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Les prix des produits agricoles et des matières premières dans les 36 grandes et moyennes villes chinoises ont connu une légère baisse durant la semaine du 10 au 16 mai, a annoncé le ministère du Commerce.

Nouvelles règles judiciaires contre les fraudes aux crédits et aux cartes bancaires

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Le Parquet populaire suprême de Chine et le ministère de la Sécurité publique ont annoncé, le 18 mai, de nouvelles règles sur les poursuites pénales et en particulier les montants en cas de fraude pour l’obtention d’un prêt ou d’utilisation délictueuse d’une carte de crédit.

Des poursuites seront engagées en cas de manoeuvre frauduleuse pour l’obtention d’un prêt bancaire supérieur à un million de yuans (146 450 dollars).

Seront également passibles de poursuite, ceux qui se livreront à une escroquerie d’un montant supérieur à 5 000 yuans en faisant usage de cartes de crédit falsifiées ou expirées.

Au total, sont précisés les seuils ou normes donnant lieu à des poursuites pénales pour 86 délits économiques .

Les exportations chinoises seront influencées par la crise de la dette européenne, selon le Ministère du commerce

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Yao Jian, porte-parole du Ministère du commerce a indiqué le 17 mai que la crise de la dette en Grèce ralentirait la croissance de l’économie européenne, retarderait la reprise de l’économie mondiale et aurait une influence négative sur les exportations chinoises.

Que la crise qui a surgi en Grèce envahisse toute la zone euro, devient actuellement un souci international. Certains économistes ont prévu que l’économie mondiale chuterait à nouveau.

L’économie totale de la Grèce représente 2,5% de celle de la zone euro. Le commerce sino-grec constitue 1% de celui entre la Chine et l’Europe. Bien que ce chiffre ne soit pas très grand, l’Europe est impliquée dans cette crise, qui est aussi le plus grand marché des exportations chinoises (16% du commerce chinois), ce qui pénalisera les exportations chinoises, a dit M. Yao.

Depuis le début de 2010, le taux de change RMB-Euro a baissé de 14,5%. «La crise de la dette a influencé la stabilité de l’euro.». En tant que marché le plus grand et un des plus importants partenaires du commerce, la dévalorisation de l’euro a causé une grande pression sur les coûts de production des entreprises chinoises et a eu une influence sur les mesures politiques commerciales.

Influencé à l’intérieur par le contrôle sur l’immobilier et à l’extérieur par la crise de la dette, l’indice composite de référence de la Bourse de Shanghai a clôturé lundi à 2 559,93 points, en baisse de 5,07% (-136,7 points) par rapport à la séance précédente et a battu un record de baisse depuis septembre 2009. L’indice mixte de la Bourse de Shenzhen et de celle de Shanghai sont tous tombés à leur plus bas niveau depuis 1 an.

Pour les investisseurs chinois, les choix sont difficiles

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

La récente baisse des titres chinois a rendu le marché boursier attirant pour les investisseurs. Pour Pan Weiting, il n’y a pas de meilleur endroit que les actions pour y placer son argent.

Mme Pan a abandonné son plan d’achat d’un appartement après que les prix de l’immobilier aient atteint des records et que le gouvernement ait interdit les prêts pour l’achat d’un troisième logement pour calmer l’économie. Les intérêts des 400 000 Yuans qu’elle a sur son compte en banque sont aussi grignotés par l’inflation montante, et la réglementation chinoise limite son choix à l’immobilier ou aux titres locaux.

« La bourse est le meilleur choix pour le moment », dit cette comptable de 27 ans qui habite Shanghai. « Même la banque m’a conseillé de ne pas déposer davantage d’argent ».

Les dirigeants gouvernementaux cherchent à réduire une bulle spéculative dont l’agent immobilier basé à Londres, Knight Frank LLP, dit qu’elle a fait monter les prix de l’immobilier de 25% lors du quatrième trimestre en réduisant le nombre de prêts immobiliers accordés. Avec pour résultat que les habitants du pays disposant des plus grosses économies au monde n’ont plus guère d’endroits où placer leur argent.

La banque d’investissement américaine JPMorgan Chase & Co s’attend à ce que les actions chinoises reprennent plus de 40% en un an, tandis que Robeco Group, une société de gestion d’actifs des Pays-Bas prédit un rebond au second semestre.

« La question est devenue de savoir qui est la fille la plus moche de la soirée », dit Victoria Mio, une gérante de fonds chez Robeco à Hong Kong, dont la société s’occupe de 194 milliards de Dollars US à l’étranger. « Il y a un peu de migration en cours, et ce mouvement devrait s’accélérer après quelques mois de taux d’intérêt négatifs ».

Pas moins de 59 milliards de Dollars US, soit environ le tiers du volume des transactions dans les 35 plus grandes villes en 2009 pourraient être déplacés de l’immobilier vers les titres cette année, d’après Citic Securities, le plus gros courtier chinois coté en bourse.

Les 7 200 milliards d’économies des sociétés ou des personnes privées de Chine s’érodent en même temps que l’inflation monte. Le taux d’inflation du pays devrait atteindre 3,4% cette année, d’après l’estimation médiane de 18 économistes interrogés par Bloomberg le 11 mai.

L’Index Composite de Shanghai a baissé de 17% cette année, la deuxième plus mauvaise performance au monde parmi les 93 jauges suivies par Bloomberg. Cela est arrivé à la suite des inquiétudes au sujet de savoir si le gouvernement maintiendrait ou non une politique monétaire stricte pour contenir l’inflation et éviter les bulles financières. « Les actions chinoises devraient être leur premier choix pour l’investissement parce qu’ils restent méfiants au sujet du marché de l’immobilier à court terme », dit Shi Lei, analyste à la Banque de Chine à Beijing, le plus gros négociant en devises étrangères. « Le dépôt fixe sera leur dernier choix ».

Mais pour Zhang Qi, analyste chez Haitong Securities, il est peu probable que les capitaux qui n’iront plus sur le marché immobilier ne modifient le faible élan à court terme de la bourse. « Nous pensons en effet à ce qu’une certaine partie de ces capitaux arrive sur le marché boursier, mais l’impact ne devrait pas être suffisant pour changer la tendance actuelle du marché, qui est faible », dit-il.

Cependant, Hu Jielin, propriétaire d’une société de logistique, pense que les titres chinois restent le meilleur choix d’investissement. Il a acheté pour 9 millions de Yuans en appartements à Shanghai, où le prix moyen des logements a triplé lors des cinq dernières années, d’après des chiffres de Shanghai Uwin Real Estate Information Services Co et eHomeday.com.

M. Hu, âgé de 33 ans, dit qu’il n’achètera plus de logements du fait des mesures prises par le gouvernement. Au lieu de cela, il envisage de doubler ses investissements en bourse dans les six mois qui viennent, à 3 millions de Yuans.

« Avec les mesures de restriction actuelles, les prix de l’immobilier vont probablement connaitre une pause », dit-il. « A l’heure actuelle, les actions semblent constituer la meilleure option ».

Pour Pan Weiting, les titres valent pour l’heure mieux que la propriété immobilière. Elle n’envisage pas de reprendre ses recherches pour l’achat d’un appartement dans le District de Pudong, à l’Est de Shanghai, tant que les prix n’auront pas baissé de 20%.

« Posséder le toit qui se trouve au-dessus de votre tête, c’est toujours bon, encore faut-il en avoir les moyens. Pour le moment, c’est au-dessus de mes capacités », dit-elle.

La Chine va pousser l’introduction en bourse des médias contrôlés par l’Etat

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

Le gouvernement chinois est en train de faire avancer la restructuration des plus importants portails d’information appartenant à l’Etat, dont cctv.com et xinhuanet.com, afin de leur permettre d’établir un système d’entreprise moderne, de lancer des introductions en bourse et d’abandonner le concept de « bol de riz en fer ».

Dix portails d’information majeurs sont concernés par un projet pilote de restructuration : les sites internet de diffuseurs publics comme la Télévision Centrale de Chine, l’Agence de Presse Xinhua, le Quotidien du Peuple, les sites qianlong.com, de Beijing, enorth.com.cn de Tianjin, dzwww.com de la Province du Shandong, eastday.com de Shanghai et zjol.com.cn de la Province du Zhejiang entre autres.

Ces sites internet sont actuellement affiliés à des organismes d’information dirigés par le Gouvernement central ou des Gouvernements locaux.

D’après un symposium sur les travaux de restructuration tenu lundi à Changsha, capitale de la province du Hunan, dans le Centre de la Chine, les plans de restructuration de people.com.cn et xinhuanet.com ont été approuvés.

Ce projet pilote, qui a débuté en octobre dernier, couvre une réforme de l’actionnariat, l’établissement d’un système d’entreprise moderne et des introductions en bourse pour « renforcer la compétitivité » des portails d’information.

D’après le symposium, les opérateurs internet se sont activement engagés dans le développement de moteurs de recherche, de services d’information sur téléphone mobile, de télévision sur internet, de commerce en ligne, de jeux animés en ligne, et d’autres activités médiatiques nouvelles, qui ont renforcé leurs capacités.

Les résultats d’exploitation de people.com.cn et xinhuanet.com ont enregistré une « forte croissance », a annoncé le symposium.

Certains portails d’information comme sina.com.cn et sohu.com sont d’ailleurs déjà cotés en bourse à l’étranger.

Cette initiative fait partie des efforts du gouvernement chinois pour réformer l’industrie de la culture chinoise, dans le but de promouvoir l’influence des médias et des entreprises culturelles chinois au niveau mondial et de développer la « puissance douce » (dite aussi « soft power », capacité de séduire et de persuader les autres pays sans avoir à user de force ou de menace) du pays.

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