Emmanuel Lenain, le nouveau Consul Général de France à Shanghai prend ses fonctions.

Ajouté au 07/12/2010 par SHI Lei

Les premiers jours dans un nouveau poste sont toujours un moment privilégié d’écoute et de rencontre où se forment de nouvelles idées (…).
Retrouver la Chine après quelques années est un choc positif. La première chose qui frappe en arrivant à Shanghai, vous y êtes habitués, c’est bien entendu cette énergie débordante et ce formidable dynamisme qui vous porte. Dynamisme de la ville, qui rappelle par bien des aspects New York où j’ai vécu plusieurs années. Dynamisme de notre communauté française aussi, qui est devenue la première d’Asie et qui poursuit sa croissance à un rythme annuel de l’ordre de 20%. Près de 15.000 Français sont désormais installés à Shanghai. Ils n’étaient que quelques dizaines dans les années 80. C’est une communauté réputée pour sa jeunesse, avec une moyenne d’âge inférieure à 30 ans, et son énergie. Tout laisse à penser que ces tendances vont se poursuivre, voire s’amplifier, dans les prochaines années.
Ces traits spécifiques à notre communauté, l’engagement quotidien de chacun de ses membres dans le succès de leurs entreprises, de leurs établissements, de leurs projets professionnels et de vie justifient de leur part, j’en suis conscient, un haut degré d’exigence quant à la qualité des services rendus par le Consulat général. Porter assistance aux Français expatriés et, plus largement, les aider à réaliser leurs projets professionnels et de vie dans les meilleures conditions possibles est la mission première d’un Consulat. Les agents du Consulat que j’ai l’honneur d’encadrer en ont pleinement conscience et sont animés par l’esprit du service public. Je veillerai à entretenir cet état d’esprit.
Dans deux domaines notamment, les efforts déjà engagés devront être poursuivis et intensifiés. Obtenir des soins de qualité à des conditions tarifaires raisonnables est de façon compréhensible une préoccupation pour beaucoup d’entre vous. C’est pourquoi le conventionnement d’un hôpital de Shanghai par la Caisse des Français de l’étranger représente une priorité forte, en attendant, à plus long terme, de pouvoir créer un hôpital franco-chinois. Dans le domaine de l’éducation aussi, face à l’augmentation continue du nombre d’élèves dans les établissements français de Shanghai, les équipes de direction, les enseignants et les comités de parents d’élèves, qui effectuent tous un travail remarquable, peuvent compter son mon écoute et mon soutien.
Dans une ville comme Shanghai, un Consulat général se doit aussi de participer au rayonnement de la France et à la réalisation des objectifs de la politique du gouvernement.

(Texte repris intégralement du site du Consulat Général)

2010 aura été une grande année de ce point de vue. Comme Londres en 1851 ou Paris en 1900, Shanghai a vu une exposition universelle consacrer son statut de métropole planétaire. Et la France, grâce à vous, grâce à nos entreprises en particulier, s’est montrée à la hauteur de l’événement. Notre pavillon a accueilli plus dix millions de visiteurs, plus que tout autre pavillon étranger. Cette année également, le Consulat général a célébré son trentième anniversaire. Premier pays occidental à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, en 1964, la France fut aussi le premier pays à rouvrir, en 1980, un Consulat général à Shanghai, dans le bâtiment où se trouve l’actuelle résidence. A cet égard, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’au terme d’une négociation serrée, la France a obtenu de conserver ce bâtiment symbolique situé au cœur de l’ancienne concession française, et que vous continuerez d’y être reçus.
Parce que la richesse de la relation entre la France et Shanghai n’est pas une affaire d’anniversaires, que cette relation doit désormais entrer dans une phase de maturité, il faudra poursuivre et amplifier nos efforts. D’importantes pistes de travail ont été lancées à l’occasion de la visite d’Etat du Président Hu Jintao en France, du 4 au 6 décembre dernier. En 2011, nous serons, à Shanghai, au cœur de la réalisation de trois d’entre elles.
Ce sera d’abord la présidence française du G-20. L’instabilité économique, financière et monétaire persistante rend plus que jamais nécessaire une remise à plat. La France s’appuiera sur la Chine pour mener à bien les trois chantiers annoncés par le Président Sarkozy : la réforme du système monétaire international, au moment où la Chine est devenue une grande puissance monétaire internationale ; le problème de la volatilité des prix des matières premières, dont on connaît l’importance ici ; et la question de la réforme de la gouvernance mondiale, alors que la Chine affirme son engagement dans le multilatéralisme. Et Shanghai, place financière émergente, sera un lieu important de concertation et d’élaboration de projets tout au long de l’année 2011. La rencontre « Europlace », qui réunit cette semaine à Pudong des autorités de marché et des gestionnaires d’actifs des places de Paris et de Shanghai, sera un jalon dans ce processus.
La deuxième priorité, c’est de continuer à renforcer notre coopération économique. C’est vrai partout dans le pays, c’est plus vrai encore dans la circonscription de Shanghai qui attire la moitié des investissements directs français en Chine. Les entreprises de nos deux pays ont en commun une tradition industrielle et une vision de long terme dont on saisit aujourd’hui toute l’importance. Pour être plus fortes face aux nouveaux enjeux mondiaux, plusieurs d’entre elles ont entrepris de se rapprocher, y compris en travaillant ensemble sur des marchés tiers. Avec Ubifrance et le Service économique, le consulat est pleinement mobilisé pour appuyer nos entreprises dans cette stratégie.
Parce que l’avenir se joue là, la troisième priorité est de favoriser les échanges universitaires entre la France et la Chine. 30.000 étudiants chinois suivent des cursus dans notre pays. Ils représentent la première nationalité parmi les étudiants étrangers en France. En sens inverse, près de 2.000 jeunes français étudient actuellement dans la circonscription de Shanghai. Le Président Sarkozy a décidé d’aller plus loin et d’aboutir aux 10.000 étudiants français en Chine. Avec des universités aussi renommées que Fudan et Tongji, et un réseau d’établissements d’enseignement d’une impressionnante densité, notre circonscription sera une fois encore au centre du terrain.
Voici, en quelques mots, les axes sur lesquels ce Consulat entend travailler à votre service dans les prochains mois. J’espère avoir rapidement le plaisir de rencontrer le plus grand nombre possible d’entre vous, de recueillir les points de vue et de profiter des expériences, afin qu’ensemble nous puissions progresse.”

Rédigé par Francis NIZET