Le partenariat stratégique global sino-français entre dans une nouvelle phase

Ajouté au 17/11/2010 par SHI Lei

Le président chinois Hu Jintao a effectué du 4 au 6 novembre une visite officielle en France. Cette visite, qui a abouti à une déclaration conjointe visant à renforcer le partenariat stratégique global entre la Chine et la France et à une multitude d’accords de coopération entre les milieux d’affaires des deux pays, a marqué un nouveau chapitre dans le développement global, fructueux et rapide des relations sino-françaises.

UN CALENDRIER CHARGE, UN ENJEU PARTICULIER

Sur une période de moins de 48 heures, le calendrier du président Hu était bien chargé.

M. Hu a eu plusieurs entretiens officiels avec les dirigeants français, dont son homologue Nicolas Sarkozy, et il a rencontré des “vieux amis” de la Chine comme l’ancien président Jacques Chirac. Il s’est rendu à la tombe du soldat inconnu à Paris, un monument à haute portée symbolique pour la France, pour y déposer une gerbe de fleurs. Il a également visité des entreprises françaises du secteur des hautes technologies. Les gouvernements et entreprises des deux pays ont saisi l’occasion de la visite du président Hu pour signer une série d’accords de coopération et des contrats commerciaux.

Les deux pays ont attaché une grande importance à cette visite, qui, deuxième du genre effectuée par le président Hu sur une période de six ans, intervient sur fond de réchauffement des relations sino-françaises qui ont connu des hauts et des bas ces derniers temps.

Dans l’après-midi du 4 novembre, Nicolas Sarkozy et son épouse se sont rendus à l’aéroport pour accueillir personnellement le président Hu et son épouse avant de les accompagner jusqu’à l’hôtel, une réception rare côté protocolaire depuis l’investiture de M. Sarkozy.

En moins de 48 heures, les deux dirigeants ont eu au moins cinq entretiens, au cours desquels ils ont discuté en profondeur d’une série de questions d’intérêt commun, allant des relations bilatérales à la coopération commerciale, en passant par la situation internationale avec en particulier l’établissement du nouvel ordre financier international dans le cadre du G20.

UNE VISITE FRUCTUEUSE ET MUTUELLEMENT BENEFIQUE

Jeudi dernier, les deux pays ont publié une déclaration conjointe sur le renforcement du partenariat stratégique global, un document qui a consolidé les fondements des relations bilatérales, basées sur le partenariat global sino-français établi en 1997 et le partenariat stratégique global conclu en 2004.

Selon la déclaration, la France et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et deux des plus grandes économies du monde, ont une responsabilité particulière. Leur relation doit continuer à avoir valeur d’exemple.

Un nouveau type de relations entre les grands partenaires, tourné vers l’avenir, doit émerger sur la base des principes de coopération d’égal à égal, de tolérance et de bénéfices mutuels.

Les deux parties devront également approfondir leur coordination et coopération dans les affaires internationales, combattre ensemble les grandes menaces planétaires, en particulier en matière de prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs, travailler à résoudre les crises régionales, en particulier s’agissant de l’Afghanistan, du dossier nucléaire iranien et de la dénucléarisation de la Péninsule coréenne.

De plus, les deux pays sont aussi parvenus à de nombreux consensus surtout en matière de lutte contre le protectionnisme commercial, la gestion des changements climatiques, la promotion du développement de l’économie africaine et le renforcement des relations entre la Chine et l’Europe.

Durant la visite, une série d’accords de coopération bilatéraux ont été signés, couvrant divers domaines dont le nucléaire, l’aéronautique, les économies d’énergie et la protection de l’environnement, avec par exemple le contrat portant sur l’achat d’avions Airbus et l’accord de coopération entre la Cité Interdite (Chine) et le musée du Louvre (France). D’après les estimations des médias français, la valeur des accords signés a atteint 20 milliards d’euros (28,1 milliards de dollars).

EVALUATION POSITIVE

La visite fructueuse du président Hu en France est couronnée des évaluations positives de tous bords tant en France qu’en Chine.

Dans un article paru vendredi, le journal français “Le Figaro” a affirmé que depuis la visite précédente du président Hu en France il y a six ans, la Chine a fait un grand pas en avant. La France a davantage besoin du soutien de la Chine, non seulement sur le plan des échanges commerciaux bilatéraux, mais aussi sur un grand nombre de dossiers internationaux. La visite du président Hu, à une semaine du sommet du G20 à Séoul, est propice pour la France, qui va assumer la présidence du bloc à partir de la fin de l’année.

Le journal “Les Echos”, quotidien français spécialisé dans l’actualité économique et financière, a indiqué dans un article que la France attache une grande importance à la visite du président Hu, soulignant que les accords signés lors de la visite étaient d’une importance particulière.

La ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, s’est déclarée “très satisfaite” de la visite du président Hu, qui était “une très belle réussite en termes de résultats” et “une démonstration de l’amitié entre la France et la Chine”.

Les contrats signés étaient “tout à fait satisfaisants, à la fois dans leur volume et leur diversité”, a affirmé la ministre.

Pour sa part, la présidente du groupe nucléaire Areva, Anne Lauvergeon, s’est félicitée des contrats signés avec la Chine, qui, selon elle, “représentent une nouvelle étape dans les relations entre Areva et ses partenaires chinois”.

Côté chinois, les experts et fonctionnaires ont eux aussi apporté des jugements positifs à l’égard des résultats et de l’importance de la visite du président Hu en France.

Selon Shen Xiaoquan, chercheur au Centre de recherche des affaires internationales de l’Agence Xinhua, la multiplication des échanges et des visites des dirigeants des deux pays depuis le début de l’année est le signe d’un fort élan dans le développement des relations sino-françaises.

“Le développement constant des relations sino-françaises est conforme aux intérêts fondamentaux des deux pays, et est aussi favorable à la promotion de la paix et du développement dans le monde”, a souligné M. Shen.

Les larges consensus entre la Chine et la France sur le plan de la philosophie politique, de la lutte contre le changement climatique et de la gestion du système financier international devraient continuer à jouer un rôle de premier plan dans les affaires internationales à l’avenir, a-t-il noté.

Au niveau de la coopération économique et commerciale, la Chine et la France jouissent d’une forte complémentarité, a fait remarquer M. Shen.

“Dans un contexte où la communauté internationale cherche à répondre activement à la crise financière et à parvenir à une reprise économique au plus vite, à développer de nouvelles technologies et à explorer de nouveaux pôles de croissance économique, les deux pays ont vu leur complémentarité se renforcer, et l’importance stratégique de leur coopération bilatérale ressortir encore davantage”, a-t-il dit.

De surcroît, il existe un énorme potentiel en ce qui concernent les échanges dans le domaine des sciences humaines, ce qui contribue à jeter une base solide pour la coopération politique et économique entre les deux pays, a-t-il poursuivi.

De son côté, le chercheur de l’Académie chinoise des sciences sociales, Tian Dewen, a déclaré dans une interview accordée à Xinhua que depuis 2008, les relations sino-françaises ont connu des hauts et des bas, et que la visite du président Hu en France montrait que les efforts visant à rétablir la bonne entente diplomatique ont réussi.

Pour faire progresser les relations sino-françaises, les dirigeants des deux pays doivent développer une nouvelle approche dans leur volonté de mettre de côté les différends et chercher des terrains d’entente, s’appuyant sur une vision stratégique à long terme, a souligné M. Tian.

L’ambassadeur de Chine en France, Kong Quan, a estimé, quant à lui, que la visite du président Hu avait permis aux deux pays d’échanger en profondeur leurs points de vue sur les relations bilatérales et les dossiers internationaux majeurs, et de parvenir à des consensus. Sous l’impulsion de cette visite, la Chine et la France inaugurent une nouvelle phase qui devrait voir leurs relations bilatérales continuer à se développer de manière globale, fructueuse et rapide.