A Bruxelles, la Chine et l’Europe plaident pour une "amélioration des relations"

Ajouté au 12/10/2010 par SHI Lei

Le sommet de l’Asem, qui réunit à Bruxelles les dirigeants de 46 pays européens et asiatiques, a été l’occasion pour la Chine de réaffirmer sa volonté d’améliorer ses relations avec l’Europe, et de coopérer à réformer la finance internationale. En revanche, la question de la sous-évaluation du yuan a été écartée.

Nicolas Sarkozy et Wen Jiabao, hier, à Bruxelles 46 pays, représentant à eux tous 60% du commerce mondial, sont réunis à Bruxelles depuis hier pour la 8e réunion de l’Asem (Asia-Europe meeting).

Au programme : la réforme de la finance internationale, le climat, mais surtout, le commerce et les questions monétaires.

Après avoir promis une aide massive à la Grèce ce week-end, la Chine a fait savoir qu’elle était en faveur d’un euro stable, et qu’elle ne réduirait pas le nombre des obligations qu’elle a acquis auprès des Trésors Publics de plusieurs Etats Européens.

“Une gouvernance économique mondiale est d’une importance fondamentale pour se remettre de la crise financière et nous devons trouver des moyens d’établir un système plus efficace de gouvernance économique mondiale”, a déclaré Wen Jiabao selon l’agence Xinhua.

Le Premier ministre a par ailleurs réitéré la demande chinoise d’obtenir de la part de l’Europe la reconnaissance de son statut d’économie de marché à part entière.

Cela pourrait aider la Chine à se départir des restrictions anti-dumping que lui impose l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Tabou sur la question du yuan

En échange, la Chine a promis, entre autres, de renforcer ses mesures de protection du copyright, et de faciliter l’augmentation du volume des échanges commerciaux.

Le Premier ministre, qui a rencontré Nicolas Sarkozy lors du sommet, a par ailleurs exprimé son voeux, selon Xinhua, de voir la France jouer un rôle clef en Europe en prenant “de nouvelles mesures pour pousser l’Union Européenne à adopter une politique bénéfique à la Chine”.

Alors que la Chine a récemment été attaquée par les Etats-Unis sur la sous-évaluation du yuan, la question n’était pas inscrite à l’agenda des réunions.

La Chine rejette en effet a priori toute discussion sur la question. En juin, lors d’un sommet du G20 au canada, Pékin avait même été jusqu’à s’opposer à une mention dans un document officiel du fait qu’elle venait d’accorder plus de flexibilité au yuan.

Mais selon plusieurs sources, la question a tout de même été évoquée en coulisse, car comme les Etats-Unis, beaucoup de pays européens voient leurs exportations défavorisées par la sous-évaluation de la monnaie chinoise.

Première rencontre avec le Japon après l’affaire Diaoyu/Senkaku

Par ailleurs, le sommet a été l’occasion d’un premier rapprochement entre la Chine et le Japon après que les relations à haut niveau aient été interrompues par la Chine dans une contexte de montée en tension autour d’îles contestées.

“Nous avons tous les deux déclaré que la situation actuelle était indésirable, et confirmé un retour à la case départ, pour une amélioration nos relations stratégiques mutuellement bénéfiques”, a déclaré le Premier ministre japonais Naoto Kan à l’issue d’un tête à tête de 25 minutes avec son homologue chinois, selon Reuters.

Cependant, le conflit qui a déclenché les tensions n’a pas été réglé par les deux hommes, qui ont tous deux réaffirmé l’appartenance du groupe d’îlots contestés à leurs pays respectifs.