Jean-Pascal Tricoire : la France doit saisir les opportunités du développement en Chine

Ajouté au 03/08/2010 par SHI Lei

À la fin du mois de juillet, Jean-Pascal Tricoire, président du directoire de Schneider Electric, a accordé une interview au magazine La Tribune. À cette occasion, il a déclaré : « Il faut regarder la Chine comme un immense chantier et une formidable opportunité pour nos entreprises. La France doit saisir les opportunités du développement en Chine ».

Selon lui, la crise économique a joué un rôle de catalyseur. La Chine en sort renforcée, et elle s’est très bien comportée dans la crise actuelle. La Chine a été, comme il avait pu déjà le constater sur place pendant la crise asiatique de 1997-1998, un stabilisateur. En trente ans, la Chine a fait passer de la pauvreté au statut de classe moyenne plus de 400 millions de personnes. Actuellement, dans tous les domaines, économique, financier, mais aussi culturel et diplomatique, la Chine occupe de plus en plus d’espace.

D’après M. Tricoire, le développement de la Chine implique des besoins accrus en énergie, en logements, en eau et nourriture, et en transports. « On va de moins en moins en Chine pour les coûts, qui sont plus élevés qu’auparavant. On va en Chine d’abord pour le marché chinois, mais aussi pour le dynamisme de l’écosystème de production », explique-t-il.

Sur le développement du pays, il souligne : « Nos interlocuteurs chinois nous demandent désormais d’avoir une vision élargie sur l’urbanisation durable, l’alimentaire, la santé, les nouvelles technologies de l’information. Nos entreprises doivent investir et se développer en Chine ».

Pour saisir ces opportunités, il propose d’« accueillir beaucoup plus d’étudiants et de collaborateurs chinois en France. Nous devons enseigner le chinois dans nos écoles et nous apprendrons beaucoup de la culture et de la manière de penser de ce pays. Nous ne devons pas regarder la Chine au travers nos seuls prismes. Il va aussi falloir apprendre à vivre dans le village mondial avec un voisin sur cinq qui est chinois, parle chinois, pense chinois. Nos entreprises auront des clients, des partenaires, des employés, des actionnaires et des concurrents chinois ».

Schneider Electric emploie déjà 15 000 salariés en Chine, soit près de 15 % de son personnel. La Chine représente un peu plus de 10 % de son chiffre d’affaires, c’est son deuxième marché derrière les États-Unis.

Devenu président du directoire de Schneider Electric en mai 2006, Jean-Pascal Tricoire a vécu cinq ans en Chine où il a occupé, pour le groupe, des fonctions opérationnelles de 1995 à 1999. Passionné de culture chinoise, il préside le Comité France Chine.