La crise de dettes souveraines en Europe risque d’atténuer la croissance économique chinoise au cours du prochain semestre

Ajouté au 12/07/2010 par SHI Lei

Selon une annonce de la CFLP (China Federation of Logistics & Purchasing) le 1er juillet, le PMI (Purchase Management Index ou Indice de gestion d’achat) du secteur de la fabrication s’est élevé à 52,1 en juin et a connu sa plus forte baisse jamais enregistrée sur cette période. Le même indice publié par HSBC s’est élevé à 50,4, et a également accusé son plus bas niveau en 14 derniers mois. Il s’agit par ailleurs du deuxième mois consécutif du déclin de l’indice.

Selon Lu Zhengwei, analyste à la Société Générale, tous les indices subordonnés au PMI ont connu une baisse plus ou moins forte d’environ 2 % en moyenne, sauf l’indice inverse du stock qui a connu une montée de 1,5 %, révélant sans exception une tendance au ralentissement de la croissance économique en Chine. »

Un analyste macro-économique a également indiqué que la baisse consécutive du PMI révèle la faiblesse de la croissance économique chinoise, mais était avant tout le résultat de la fragilité de la relance chez les principales économies du monde et de la crise des dettes souveraines en Europe.

Selon l’analyse de Xi Junyang, directeur adjoint du Centre des études financières modernes de l’Université des finances et d’économie de Shanghai, la situation économique désastreuse de certains pays européens, et même des États-Unis, exerce déjà une influence négative certaine sur l’exportation chinoise. De plus, « La situation de l’exportation chinoise se dégradera encore le semestre prochain. »

« Ce sera différent de la situation vécue au premier semestre, où il y avait eu un flot important de commandes passées en Chine. Des pays européens ou américains risquent de supprimer une partie des commandes à leurs fournisseurs chinois », a indiqué Tao Dong, directeur général, analyste en chef et conseiller de Crédit Suisse pour la zone Asie (sauf Japon). « On prévoit toujours une croissance à deux chiffres de l’exportation chinoise pour le deuxième semestre de cette année, mais ce sera pénible en 2011. »

« Face à la situation de plus en plus difficile de l’exportation chinoise, la croissance économique pourrait s’orienter vers la demande intérieure. Cependant, l’investissement représentera toujours la partie principale de ces demandes. Il reste donc au gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour stimuler la consommation afin d’apporter une solution au ralentissement de la croissance des investissements. »