Un actionnaire chinois au Club Med

Ajouté au 21/06/2010 par SHI Lei

Financièrement stable, le voyagiste compte sur l’appui de son nouvel actionnaire chinois pour générer du volume dans l’Empire du Milieu.

Enfin un actionnaire de premier plan et stable. Cela faisait cinq ans, depuis sa prise de fonctions, qu’Henri Giscard d’Estaing, PDG du Club Med, en rêvait. C’est aujourd’hui chose faite. Fosun, un conglomérat chinois présent dans de nombreux secteurs d’activité comme l’immobilier, le commerce de détail ou encore la pharmacie, vient de prendre 7,1% du capital du voyagiste.

Sa participation pourrait aller jusqu’à 10% à terme, et faire de lui son premier actionnaire de référence. Tout un symbole à l’heure où l’enseigne au trident vise 200.000 gentils membres originaires de l’Empire du Milieu d’ici à 2015. Soit plus d’un tiers des 560.000 clients enregistrés durant la saison d’hiver 2010. Pour cela, la société compte notamment ouvrir cinq nouveaux villages dans cette zone au cours des cinq prochaines années.

Le Club Med ouvrira en novembre prochain son premier village en Chine. L’accord a été signé la nuit dernière avec les autorités locales. Ce village sera situé à Yabuli, la plus grande station de ski du pays, dans la province de Heilongjiang (ex-Mandchourie), au nord-est de Pékin. Le voyagiste français y a racheté sur place un hotel de luxe tout neuf, n’ayant pratiquement jamais fonctionné, qu’il va aménager pour le mettre à ses normes.
Le Club Med n’a jamais fait mystère de ses ambitions en Chine, où il compte ouvrir quatre autres villages haut de gamme (4 et 5 Tridents) d’ici à 2015. Le groupe compte ainsi décupler sa clientèle chinoise, passant de 20 000 clients actuellement à 200 000 dans cinq ans, et même en faire son deuxième marché après la France ! Yabuli sera cependant aussi accessible aux visiteurs français, et figurera sur les prochains catalogues hiver de la marque.

On l’aura compris. A mesure qu’il évoluera, ce nouveau partenariat stratégique générera du volume de l’autre côté de la Grande Muraille. D’abord, parce que ce type d’offres de villages y est presque inexistant.
Mais aussi parce qu’en gagnant en visibilité, le Club Med pourra plus facilement attirer une clientèle chinoise partout ailleurs.
Toujours est-il qu’après avoir abaissé son point mort de 18 millions d’euros au premier semestre, le groupe dispose d’une structure de frais fixes mieux adaptée à son activité et gagne enfin de l’argent.
Sachant que tout euro supplémentaire de revenus est susceptible d’entraîner un fort levier sur les résultats. Dans cette optique, il est fort à parier que l’action reconstitue progressivement sa décote par rapport aux niveaux de fonds propres par titre, qui avoisinent les 20 euros.