Les Chinois jouent leur Coupe du monde sur internet

Ajouté au 21/06/2010 par SHI Lei

L’équipe chinoise n’a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Cela n’empêche pas des milliers de Chinois d’y participer à leur manière, en pariant sur internet.

L’équipe de Chine de football A en juger au nombre d’écrans de télévision qui parsèment les trottoirs de la capitale, ni l’absence d’une équipe nationale en Coupe du monde ni la retransmission des matchs à des heures tardives ne semblent entamer l’enthousiasme des Chinois pour l’événement sportif. Une qui ferveur comporte une facette moins visible : le succès des paris en ligne.

Au lendemain du coup d’envoi de la Coupe du monde, la police avait déjà démantelé 740 affaires de jeux d’argent sur internet, arrêté plus de 3600 suspects et confisqué 700 millions de yuans (environ 70 millions d’euros) misés sur les matchs de Coupe du monde, rapporte l’agence de presse chinoise Chine Nouvelle.

Les jeux d’argent ont beau être strictement interdits depuis la naissance de la République populaire en 1949, l’attrait pour ce péché demeure tenace, nourri par l’espoir de gains rapides et faciles. Le principe est souvent le même : après avoir déposé une somme sur un compte bancaire, les intéressés reçoivent un identifiant. Ensuite, libres à eux de parier sur le résultat du match, les buteurs, le moment où un but va être marqué ou qui va prendre un carton rouge.

Lors de la précédente Coupe du monde en Allemagne, la population avait misé près de 50 milliards d’euros en ligne, l’équivalent de 2% du PIB chinois, selon l’hebdomadaire chinois Titan Sports.

Cette année, les autorités semblent s’être préparées. Le ministère de la Sécurité publique a annoncé récemment que la police à tous les échelons surveillerait de près l’activité des jeux d’argent sur la toile et promis de sévères sanctions contre les fautifs, rapporte Chine Nouvelle.

Pour autant, les autorités ne perdent pas une occasion de pointer la responsabilité d’organisations criminelles étrangères, accusées d’infiltrer le pays. “Presque tous les profits s’en vont à l’étranger, ce qui représente des dizaines de millions de yuans à chaque fois”, une fuite de capital “capable de menacer l’économie nationale”, s’indigne ainsi Zhu Entao, un officiel du ministère de la Sécurité publique.

L’argument est commode mais le milieu du football chinois n ‘est pas blanc comme neige. En novembre dernier, la police a démantelé un vaste réseau qui, tout en organisant des paris sur internet, arrosait généreusement joueurs et entraîneurs pour s’assurer du résultat des matchs. Au total, 21 hauts responsables de la Fédération chinoise de football, dont son président et ses deux vice-présidents, ont été arrêtés et plus de 100 individus ont été entendus comme suspects.

Depuis que la police s’est lancée dans une grande campagne pour éradiquer ce “cancer” du sport, plusieurs histoires retentissantes ont agrémenté la presse ces derniers mois. Affaires de corruption qui ne sont d’ailleurs pas étrangères aux piètres performances de l’équipe nationale de football, selon les commentateurs locaux.

Le pari n’est pas gagné pour la police. Aujourd’hui encore, des centaines de sites de paris en ligne sont accessibles sur la toile.
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