Les incertitudes concernant le marché immobilier font plonger les actions chinoises

Ajouté au 25/05/2010 par SHI Lei

Les actions chinoises ont plongé lundi, dans ce que les analystes décrivent comme une vente due à la panique, les investisseurs s’étant débarrassés de leurs actions sur le marché local de type A. 

Cette chute semble refléter l’anxiété des investisseurs, au sein d’informations diverses, sur la façon dont les nouvelles mesures prises par le gouvernement dans le domaine immobilier vont avoir des conséquences sur d’autres secteurs. 

Le point de référence de l’Index Composite de Shanghai est celui qui a le plus souffert, enregistrant ses plus fortes pertes de l’année, chutant de 5,07% à 2 559,93 points contre 2 696,63 auparavant. Plus de 200 actions ont chuté jusqu’à leur limite de quotation journalière de 10%. 

En tête des baisses, on trouve le secteur de l’immobilier, avec China Vanke Co en retrait de 5,34% à 6,92 Yuans (1,01 Dollar US) à la fermeture. Les services financiers, l’acier et l’automobile ont été aussi parmi les plus gros perdants, dévissant de plus de 6%. 

Seules les actions liées à l’or ont résisté à cette tendance à la baisse, les investisseurs recherchant une valeur refuge. 

D’après les analystes, cette forte baisse a été déclenchée par les craintes des investisseurs que la récente intervention gouvernementale sur le marché immobilier ne ralentisse la croissance industrielle. D’après un rapport, alors que les transactions immobilières ont ralenti jusqu’à faire du sur-place, les prix de nombreux logements sont restés aussi élevés qu’auparavant. 

« Les mesures fortes qui ont été prises n’ont pas atteint leur objectif de faire baisser les prix des logements. Mais elles ont conduit à une stagnation du marché, avec des acheteurs qui ont adopté une position d’attentisme », dit Dong Xian’an, économiste en chef chez Industrial Securities. 

« Quel que soit le marché, s’il n’y a ni transactions ni investissements, il y a ralentissement, voire pas de croissance », dit-il. 

Donc, les investisseurs sont dans l’incertitude, et ne savent pas comment les mesures macro-économiques de Beijing vont réussir, ou si des mesures encore plus dures ne sont pas en réserve pour contenir l’inflation et éviter les bulles financières.

D’après Yang Delong, stratège en chef chez China Southern Fund Management Co, faire dégonfler la bulle immobilière et alléger les hausses de prix amènera quasiment nécessairement à une baisse de la rentabilité de nombreuses entreprises cotées en bourse. 

La Radio Nationale Chinoise a annoncé lundi matin que la Commission Nationale du Développement et de la Réforme, le principal organisme de planification du pays, était en train de préparer des mesures « plus rigoureuses encore » pour le marché immobilier. 

Par contraste, le Premier Ministre Wen Jiabao a prévenu tout au long du week-end du danger des conséquences de mesures contradictoires, et s’est engagé à éviter ce genre d’« impacts négatifs ». Mais dans le même temps, le Premier Ministre a reconnu que tant les conditions locales qu’internationales demeuraient « extrêmement complexes » et que le gouvernement chinois faisait face à de « nombreux dilemmes ». 

Ce que veulent les investisseurs, c’est une direction claire, alors que l’économie a besoin d’une solution complexe, ce qui ne peut fournir des résultats que de manière assez lente, disent les analystes. 

Certains observateurs du marché disent que le marché des titres fait face à des risques de baisses supplémentaires si les investisseurs suivent les rumeurs disant que les prix de l’immobilier pourraient chuter jusqu’à 30% cette année. 

« Le marché touchera le fond seulement lorsque l’intervention sur le marché immobilier aura atteint son but initial (de stabiliser les prix) et que la pression inflationniste générale aura substantiellement baissé», dit Zhao Qian, analyste chez Guosen Securities. 

Mais avant cela, a-t-il ajouté, le marché pourrait encore baisser jusqu’aux alentours de 2 000 points avant de revenir sur des bases plus solides. 

L’Index de Shanghai a perdu 22% cette année, la quatrième plus mauvaise performance parmi les 93 indicateurs surveillés par Bloomberg. 

D’après les analystes, le lancement de contrats à terme sur indices boursiers indexés sur l’Index CSI 300 est également une des raisons à l’origine du déclin, le mécanisme de vente à découvert accroissant la volatilité du marché sur un terme proche. 

Le contrat à terme Junes, le plus actif, a baissé de 5,66% à 2 845 points, pour clôturer à 2 722,4 points.