Pour les investisseurs chinois, les choix sont difficiles

Ajouté au 24/05/2010 par SHI Lei

La récente baisse des titres chinois a rendu le marché boursier attirant pour les investisseurs. Pour Pan Weiting, il n’y a pas de meilleur endroit que les actions pour y placer son argent.

Mme Pan a abandonné son plan d’achat d’un appartement après que les prix de l’immobilier aient atteint des records et que le gouvernement ait interdit les prêts pour l’achat d’un troisième logement pour calmer l’économie. Les intérêts des 400 000 Yuans qu’elle a sur son compte en banque sont aussi grignotés par l’inflation montante, et la réglementation chinoise limite son choix à l’immobilier ou aux titres locaux.

« La bourse est le meilleur choix pour le moment », dit cette comptable de 27 ans qui habite Shanghai. « Même la banque m’a conseillé de ne pas déposer davantage d’argent ».

Les dirigeants gouvernementaux cherchent à réduire une bulle spéculative dont l’agent immobilier basé à Londres, Knight Frank LLP, dit qu’elle a fait monter les prix de l’immobilier de 25% lors du quatrième trimestre en réduisant le nombre de prêts immobiliers accordés. Avec pour résultat que les habitants du pays disposant des plus grosses économies au monde n’ont plus guère d’endroits où placer leur argent.

La banque d’investissement américaine JPMorgan Chase & Co s’attend à ce que les actions chinoises reprennent plus de 40% en un an, tandis que Robeco Group, une société de gestion d’actifs des Pays-Bas prédit un rebond au second semestre.

« La question est devenue de savoir qui est la fille la plus moche de la soirée », dit Victoria Mio, une gérante de fonds chez Robeco à Hong Kong, dont la société s’occupe de 194 milliards de Dollars US à l’étranger. « Il y a un peu de migration en cours, et ce mouvement devrait s’accélérer après quelques mois de taux d’intérêt négatifs ».

Pas moins de 59 milliards de Dollars US, soit environ le tiers du volume des transactions dans les 35 plus grandes villes en 2009 pourraient être déplacés de l’immobilier vers les titres cette année, d’après Citic Securities, le plus gros courtier chinois coté en bourse.

Les 7 200 milliards d’économies des sociétés ou des personnes privées de Chine s’érodent en même temps que l’inflation monte. Le taux d’inflation du pays devrait atteindre 3,4% cette année, d’après l’estimation médiane de 18 économistes interrogés par Bloomberg le 11 mai.

L’Index Composite de Shanghai a baissé de 17% cette année, la deuxième plus mauvaise performance au monde parmi les 93 jauges suivies par Bloomberg. Cela est arrivé à la suite des inquiétudes au sujet de savoir si le gouvernement maintiendrait ou non une politique monétaire stricte pour contenir l’inflation et éviter les bulles financières. « Les actions chinoises devraient être leur premier choix pour l’investissement parce qu’ils restent méfiants au sujet du marché de l’immobilier à court terme », dit Shi Lei, analyste à la Banque de Chine à Beijing, le plus gros négociant en devises étrangères. « Le dépôt fixe sera leur dernier choix ».

Mais pour Zhang Qi, analyste chez Haitong Securities, il est peu probable que les capitaux qui n’iront plus sur le marché immobilier ne modifient le faible élan à court terme de la bourse. « Nous pensons en effet à ce qu’une certaine partie de ces capitaux arrive sur le marché boursier, mais l’impact ne devrait pas être suffisant pour changer la tendance actuelle du marché, qui est faible », dit-il.

Cependant, Hu Jielin, propriétaire d’une société de logistique, pense que les titres chinois restent le meilleur choix d’investissement. Il a acheté pour 9 millions de Yuans en appartements à Shanghai, où le prix moyen des logements a triplé lors des cinq dernières années, d’après des chiffres de Shanghai Uwin Real Estate Information Services Co et eHomeday.com.

M. Hu, âgé de 33 ans, dit qu’il n’achètera plus de logements du fait des mesures prises par le gouvernement. Au lieu de cela, il envisage de doubler ses investissements en bourse dans les six mois qui viennent, à 3 millions de Yuans.

« Avec les mesures de restriction actuelles, les prix de l’immobilier vont probablement connaitre une pause », dit-il. « A l’heure actuelle, les actions semblent constituer la meilleure option ».

Pour Pan Weiting, les titres valent pour l’heure mieux que la propriété immobilière. Elle n’envisage pas de reprendre ses recherches pour l’achat d’un appartement dans le District de Pudong, à l’Est de Shanghai, tant que les prix n’auront pas baissé de 20%.

« Posséder le toit qui se trouve au-dessus de votre tête, c’est toujours bon, encore faut-il en avoir les moyens. Pour le moment, c’est au-dessus de mes capacités », dit-elle.